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Zombie : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: , ,
 
Genre:
 
Titre Original: Dawn Of The Dead
 
Durée: 119 minutes
 
Date de sortie: 1978 Date de sortie coffret Blu-ray : 24/05/2019
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 5 juin 2019 by

 
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Il y a eu Massacre à la tronçonneuse, Halloween, Six Femmes Pour L’Assassin, tout autant de titre pionniers et références respectives du cinéma redneck, du slasher ou encore du giallo. Néanmoins pour poser les bases du cinéma d’horreur moderne, il ne faut pas oublier l’incontournable Zombie de George A Romero, qui a apporté une grande partie des bases du cinéma de zombie moderne.

Esc a ainsi la perspicace idée de faire briller ce chef d’oeuvre du septième art avec une restauration 4k, pilotée par leurs soins.

Cinealliance.fr revient ainsi sur cette sortie monumentale et incontournable de 2019 avec une édition comportant pas moins de quatre versions du film :

  • La version européenne restaurée en 4K et montée par Dario Argento.
  • La version américaine montée par son cinéaste : George A Romero.
  • La version cannoise qui avait été présentée durant le festival de Cannes 1978.
  • La version européenne Full Frame.

Cinealliance se tournera essentiellement autour de la version européenne restaurée en 4k.

L’article se divisera en deux parties :

I) La critique de Zombie.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray.

L’avis de Quentin :

I) La critique de Zombie

Le film de Romero que l’on aime ou pas le cinéma de genre, le film de zombies est un incontournable du septième art. Il est avec La Nuit Des Morts-Vivants, une référence, une base pour mieux comprendre, connaître la figure du zombie moderne. Les deux premiers volets de l’oeuvre du cinéaste américain ont une approche large et bipartite de ce qu’est le mort-vivant de nos jours. Dans le premier, La Nuit Des Morts-Vivants, il aborde la thématique d’un point de vue sérieux, froid, rude et fait appel à notre peur la plus profonde : la mort. Tandis que dans le second, le réalisateur prend le contre-pied de ce qu’il avait créé et joue avec les codes qu’il avait érigé par le passé.

Dans Zombie, nous sommes davantage face à un film d’horreur à reliefs humoristiques plutôt que dans une oeuvre de terreur. Contrairement à la première réalisation, le second film a un sous-texte éminemment politique.

Le cinéaste revient sur le rêve américain ou plutôt la chute des Etats-Unis. On y voit une attaque directe de la société consumériste qui a été portée à une dimension céleste depuis plusieurs décennies.  Il joue ainsi sur la vie passé des morts-vivants. Ces derniers se rendant aux endroits qu’ils appréciaient de leur vivant : les centres commerciaux. On assiste ainsi à une pensée, une conscience chez la créature, la conscience d’avoir eu une vie passée.

En développant cette dimension résurrectionnelle, Romero joue également sur l’institution cléricale en développant la perspective post-mortem. Il indique qu’il n’y a plus de plus en enfer et que les morts reviennent sur Terre. Cela pose alors la question d’une population se disant vivre dans l’amour de dieu mais ne parvenant jamais au paradis, une population hérétique malgré elle, possédant les germes du mal.

Une autre lecture est également possible, reprenant la très récente oeuvre de Jim Jarmusch, The Dead Don’t Die, avec un mort-vivant succédant de manière naturelle dans la chaîne de l’évolution de l’être humain. Ainsi, la dégénérescence de notre société et de nos modes de vie, totalement déconnectés de la réalité, de la nature ne peut plus permettre une évolution positive, mais tend plutôt à une chute, une faille faisant ressortir notre animalité, ainsi que notre rapport à l’instinct primaire, soit le zombie et sa motivation : vivre pour manger, manger pour subsister.





Romero joue sur la chute de l’institution américaine, le cinéaste revient sur les populations et genres opprimés pour offrir un véritable pamphlet des Etats-Unis des années 70. Ceux ayant toujours été mis au ban, les femmes et les noirs, deviennent les nouveaux espoirs, héros  de l’Amérique. Une manière de faire passer un message de refonte sociale de la société moderne.

Au-delà de sa lecture politique, Zombie est un vrai plaisir de cinéma. On y retrouve à la fois les codes du cinéma d’horreur mais également ceux de la comédie américaine des années 30 comme Laurel et Hardy pour la désormais culte bataille de tartes à la crème.

Enfin pour appuyer cette réussite totale qu’est la vision de Romero, nous avons le droit à une bande son signée par Goblin, le groupe de rock italien portant une grande partie des œuvres de Dario Argento.

Zombie n’est rien de moins qu’un incontournable du cinéma, une oeuvre parvenant à dépasser les âges pour continuellement s’imposer comme la matrice d’un genre : le film de morts-vivants. Une oeuvre qui gagne à être revue et analysée pour mieux saisir le genre mais également nos vies, notre société. L’alarme sur notre péril a été tirée, à nous désormais d’en tirer les conclusions.

II) Les caractéristiques techniques du Blu-ray

Image : 

Esc nous propose un tout nouveau scan 4k en première mondiale, tout simplement merveilleux. Le film de Romero est resplendissant, rien n’est à redire. Un véritable travail d’orfèvre a été mené proposant une des plus belles restaurations de l’année. Tout simplement une copie incontournable. Le piqué, la colorimétrie, la profondeur de champ, tout a été finement pensé pour nous offrir une version optimale et replacer le film à sa place de chef d’oeuvre.

Note image : 5/5

Son : 

ESC nous propose différentes versions sonores pour découvrir le film :

  • Une version originale anglaise : DTS-HD Master Audio 2.0 : Répondant fidèlement au master d’origine qui se présentait seulement sous forme stéréo. La piste est de très bonne facture ne laissant aucune fréquence prédominer l’une sur l’autre.  Une version pour les puristes voulant se remettre dans les conditions sonores d’époque pour découvrir l’oeuvre de Romero.
  • Une version originale anglaise DTS-HD Master Audio 5.1 : De manière relative à sa sœur aînée, cette version est plus dynamique et profonde, mais se retrouve principalement concentrée sur la scène avant, délaissant les enceintes surround. Cependant, elle s’avère particulièrement pertinente et se taille une place de choix pour moderniser l’oeuvre en collant à sa restauration 4k.
  • Une version française DTS-HD master Audio 5.1 : Elle reprend en grande partie les caractéristiques de la version anglaise 5.1 en terme de spatialisation laissant néanmoins, les voix françaises prendre le dessus sur l’ambiance sonore générale. Cependant, quel plaisir de retrouver les voix françaises nous ayant fait découvrir le film à travers l’hexagone. Un plaisir coupable.
  • Une version italienne DTS-HD Master Audio 5.1 : Elle reprend exactement le même constat que la version française, à cela prêt qu’elle ne jouera pas sur notre affect nostalgique. Néanmoins, cet apport est d’une utilité évidente afin de pouvoir cerner le marché italien, pays d’origine de son monteur : Argento.

Note Son : 5/5

Suppléments : 

Nous ne reviendrons sur cette critique que sur les suppléments du premier blu-ray présent dans le coffret.

Le disque 1, à l’image de tous les autres disques du coffret se trouve être plein de bonus et suppléments d’une très grande pertinence :

  • Présentation du film par Dario Argento : Quelques mots de Dario Argento pour nous présenter le film, et se rendre compte de manière très rapide l’importance de ce film dans la vie du cinéaste italien.
  • Commentaire audio de Michael Gornick (directeur de la photo), Tom Dubensky (assistant caméraman) et Lee Karr (historien du cinéma) : Ce supplément permet de connaître les conditions de tournage et de multiples anecdotes nous permettant à la fois de mieux posséder le film mais surtout faire parti de son histoire. Un commentaire incontournable, permettant de saisir de manière confortable le parti pris visuel du film.
  • Un entretien avec Dario Argento : Le cinéaste italien revient sur sa collaboration avec Romero pour la version européenne. il y aborde sa rencontre avec le réalisateur ainsi que les modalités de travail avec ce dernier. Cependant, Argento sème le doute et trouble avec de nombreuses révélations sur le tournage. Le cinéaste italien s’appropriant parfois un peu trop l’oeuvre n’étant pas la sienne. Une sorte de remise en cause de créateur perturbante. Un supplément majeur, qui prolonge l’histoire de Zombie dans notre temporalité.
  • Un entretien avec Julien Sévéon (spécialiste de George A. Romero) : Le critique et spécialiste, revient de manière très précise sur l’époque de la sortie du film. Il introduit l’oeuvre en abordant La Nuit Des Morts-vivants, et reviendra sur le succès critique ainsi que public du film, mais aussi sur les différentes versions du film existantes. Un bonus incroyablement riche qui permettra aux détenteurs du coffret d’avoir une accroche pour chacune des versions proposées.

  • Discussion publique entre Bertrand Bonello et Jean-François Rauger à la cinémathèque française : Une discussion d’une heure revenant sur la place du film de Romero dans la cinéphilie de Bertrand Bonello et son interconnexion avec son film Nocturama. Un avis éclairé et intellectualisé de Zombie. Certainement l’un de nos suppléments favoris, surtout en ayant pu découvrir à Cannes le prochain film du réalisateur français : Zombi Child.
  • Entretien avec Dario Argento, Claudio Argento, Alfredo Cuomo et Claudio Simonetti : Un entretien croisé est proposé revenant sur la lecture italienne de l’oeuvre et l’équipe ayant montée la version européenne du film. L’entretien est présenté par  Michele De Angelis. Un supplément permettant de connaître des aspects méconnus d’une oeuvre culte.

En quelques mots, ESC a tout simplement créé l’édition la plus complète à ce jour de ce chef d’oeuvre du film de genre et nous ne pouvons que les remercier et leur dire : BRAVO !

Note Suppléments : 5/5 


Quentin Tarantino

 


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