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The Revenant : le test blu-ray

 
 
Overview
 

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Durée: 156 min
 
Date de sortie: 24/02/2016 (salle) - 01/07/2016 (vidéo)
 
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Posted 18 juillet 2016 by

 
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Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption.

Avis de Manu

Alejandro González Iñárritu est devenu en quelques années un cinéaste influent et majeur. Sa qualité d’auteur, sur laquelle on n’avait plus de doutes, a sû se fondre dans une production cinématographique en recherche de cinéastes au vocabulaire cinématographique marqué. En s’éloignant à nouveau du film choral (ses précédents drames, Amores Perros, 21 grams et Babel), le réalisateur a donné vie à un autre cinéma, une nouvelle forme et ainsi évité tout effet de répétition dans son œuvre qui se dessine de plus en plus vers une pluralité de formes (Birdman, Biutiful).

L’année passée, Birdman confirmait le « la » de cette nouvelle direction. En plus de l’exploit technique de son film, un faux plan séquence de près de 2 heures, le cinéaste s’attachait à une technicité qu’on ne lui connaissait pas encore, du moins de manière aussi marquée.

Empruntant le pas de son comparse Alfonso Cuaron (Gravity), Alejandro González Iñárritu livre avec The Revenant un film phare dans une filmographie déjà jalonnée d’œuvres puissantes dont aucune ne peut laisser indifférent mais avec The Revenant un cap immense vient d’être franchi, pour lui comme pour le spectateur avide de son cinéma.

Le film s’avance déjà avec une réputation folle, de celles qui façonnent certains des plus beaux chefs-d’œuvre du 7ème art, dépassement de budget (et de soi pour les comédiens), tournage dans des conditions naturelles intenses, voire insupportables etc. Et le résultat s’avère probant dès les premières minutes par une séquence monstrueuse d’intensité et de technicité. Dans un même mouvement et en très peu de temps les principaux personnages sont introduits, tout comme le contexte historique et la démesure du projet qui semble déjà pointer son nez.

La proposition de voyage artistique vient de commencer. Si The Revenant réussit autant à absorber le spectateur c’est par son intensité, sa véracité et ce réalisme qu’Alejandro González Iñárritu met en place. Un ensemble dans lequel les détails participent à un tout, du réalisme du maquillage, à la précision des costumes et la saleté ambiante, le tout ramène le spectateur aux premières heures de l’époque des pionniers. Une fois ce décor posé, tout est en place pour que la démonstration se fasse.

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Démonstration de mise en scène, certains plans frôlent le génie, quand d’autres plus ludiques nous éblouissent et se rendent presque nécessaires à l’évolution de l’histoire par leur forme (travellings incessants, cadres plongeants et/ou panoramiques). Démonstration de jeu également, puisque Leonardo DiCaprio toujours très affuté dans la peau de chacun des personnages qu’il interprète, dépasse ici encore les frontières du jeu. Une double démonstration donc qui l’une avec l’autre semblent être nécessaires pour arriver au bout du voyage proposé.

En misant sur la face élégiaque de son cinéma, Alejandro González Iñárritu change donc un peu de cap en déstructurant moins sa mise en scène et renforce cette linéarité par une onde de choc esthétisante et technique. Si le spectateur cherche une expérience cinématographique, The Revenant est le rendez-vous idéal.

Certes le fait de filmer l’homme confronté à la nature n’est pas nouveau, mais le filmer comme tel, est en plus d’un exploit, la proposition de confronter dans un même film, violence et poésie comme rarement un drame a su le faire. Bardé de symboles, historiques et culturelles, l’ensemble de cette composition est ramenée à la combinaison de plans tous plus beaux et originaux les uns que les autres. Evidemment la lumière d’Emmanuel Lubezki, encore lui, n’y est pas étrange ; la plupart de ses éclairages étant artificiels, le travail ainsi fourni n’en est que plus fabuleux quant au résultat naturel de l’œuvre.

Dans cette brillance de mise en scène, découpage et cadres compris, l’accent se porte évidemment sur Leonardo DiCaprio, fulgurant dans le don de soi, dans la transfiguration de ce qu’un acteur peut et doit parfois donner sur écran. Un jeu parfait, une fois de plus. Sans oublier Tom Hardy, encore une fois magnétique en salopard de service sans jamais tomber dans le cliché d’une interprétation convenu.

The Revenant est donc un tout, un film sur les origines, sur la nature, la confrontation de l’homme face à ce qu’il a de plus beau, comme de plus « sale ». Faire fondre cet ensemble dans une maestria viscérale et enneigée, violente et spirituelle, relevait de l’impossible réussite. Et quant à ce petit jeu le spectateur est en plus convoqué physiquement au sein de cette histoire pendant plus de 2h30 sans temps mort, le spectacle cinématographique semble être au rendez-vous pour une expérience qui semble déjà faire date. En ce début d’année nous tenons déjà un des 10 meilleurs films de 2016. A l’image de dernier plan, hypnotisant et impressionnant.

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Avis de Fabien

Auréolé de 4 Oscars en 2015 pour Birdman, le réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu a enchaîné avec The Revenant, western et survival dans la tradition du récit d’aventures américain à la Conrad ou Cooper où un homme revient d’entre les morts pour se venger.

Iñárritu a souvent traité de souffrance et de survie dans ces films, Babel (le calvaire d’une famille américaine séparée par des milliers de km entre blessure par balle pour la mère dans les montagnes du Maroc et errance désespérée des enfants avec leur nounou dans un désert mexicain), 21 grammes et Biutiful (les parcours doloristes des personnages de Sean Penn et Javier Bardem). The Revenant est le survival ultime où Hugh Glass, le personnage de Leonardo DiCaprio, trappeur légendaire ayant inspiré le film Le convoi sauvage, parcourt un vrai chemin de croix pendant 150 minutes qui sont autant de péripéties dangereuses : laissé pour mort après avoir subi une attaque d’un grizzly, Glass doit ramper en pleine souffrance sur des km pour échapper à des indiens puis tenter de survivre à une descente de rapides, manger du foie cru de bison, effectuer une chute de cheval de plusieurs mètres dans un ravin pour échapper à ses poursuivants, dormir dans une carcasse d’animal en plein blizzard pour enfin mettre à exécution sa vengeance envers l’homme qui a tué son fils et l’a abandonné (Tom Hardy en ennemi mortel assez nuancé).

Le titre affiche le programme, The Revenant est un récit de résurrection, de renaissance dont le motif récurrent prend plusieurs formes : Glass s’extirpe de la terre où il a été enseveli vivant, d’un cocon protecteur où il a été placé par un adjuvant indien et, la plus belle image, Glass sortant nu comme au premier jour de la carcasse d’un cheval où il s’était réfugié pour échapper au blizzard. Hugh Glass, comme il le dit, est un homme déjà mort (plusieurs fois) et n’a plus rien à perdre, la traque de son ennemi sera acharnée jusqu’à une confrontation finale très violente, dans la tradition du western avec son duel final qui verra la neige maculée du sang des duellistes.

Cette traque intense se déroule dans des paysages enneigés. The Revenant est une ode à la beauté transcendantale de la nature, les éléments, la lumière; une fibre écolo et une dimension spirituelle sensibles dans ces nombreux et sublimes plans de paysages sauvages très malickiens magnifiés par la superbe photo d’Emmanuel Lubiezki. La nature blesse Glass mais lui offre des soins et protection tout en pouvant le tuer à chaque instant. Cette nature majestueuse et hostile est sublimée par une mise en scène prodigieuse :  brillants plans-séquence de poursuites et d’attaques destinés à immerger le spectateur dans la scène,  utilisation de grands angles pour  donner un maximum de détails dans ces images filmées en lumière naturelle et dans de vastes panoramas sauvages.

On pourra reprocher au film un ton solennel, mystique trop appuyé dans les scènes oniriques, emphatiques qui raccordent maladroitement avec le réalisme des situations picaresques dépeintes.

Mais à cette réserve près ce voyage au bout d’enfer pour Hugh Glass s’avère prenant et redoutable grâce à la composition habitée de Leonardo DiCaprio, formidable en bête traquée (pendant une bonne partie du film c’est le retour à l’état primitif où blessé, privé de sa voix, il rampe, se nourrit avec les carcasses d’animaux…) puis en chasseur impitoyable. L’acteur privé de dialogues une bonne partie du film exprime beaucoup d’émotions avec le regard, le corps, une interprétation intense justement récompensée par un Oscar qu’il mérite depuis longtemps.

The Revenant est un grand film d’aventures, viscéral et palpitant. Sa grande beauté plastique et l’interprétation majuscule du prodigieux Leonardo DiCaprio propulsent le film vers des sommets.

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Test blu-ray

Les images sublimes offrent une profondeur de champ idéale pour mettre en valeur les magnifiques décors naturels et un piqué affûté pour savourer les nombreux gros plans qui disent la puissance de jeu de DiCaprio. Le mixage très travaillé avec de nombreuses ambiances riches en détails permet une immersion totale dans cette odyssée sanglante.

Bonus

Cette édition blu-ray FPE proose comme bonus un superbe making-of (44′) plein de spiritualité, d’altruisme et de sensibilité écolo où interviennent les acteurs du film dans une forme éloignée des canons promotionnels d’usage.


Fabien Brajon

 


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