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The Predator / Halloween

 
 
Overview
 

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Durée: 107 min (The Predator) - 109 min (Halloween)
 
Date de sortie: 17/10/2018 (The Predator) - 24/10/2018 (Halloween)
 
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Posted 28 octobre 2018 by

 
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L’avis de Manu

Revival années 70/80 en mode « à la mode ». Le Predator de 1987 d’un côté, Halloween de 1978 de l’autre. Deux projets, deux direction artistiques différentes qui au-delà de leur réussite, ou non, posent la question et soulignent à nouveau le manque de prises de risques des producteurs US en voulant singer des recettes ou cartons d’une époque.

A ce titre difficile de traverser les années sans écorcher un mythe cinématographique, où chaque décennie impose un peu plus le costume culte que ces films ont pu acquérir.

Deux partis pris donc, Shane Black, acteur du premier Predator et scénariste de génie des années 80, aux punchlines qui ont définies son ADN narratif dans le cinéma d’action, qui nous rend la copie la plus « What The Fuck » de l’année et David Gordon Green qui tente une suite directe, 40 ans après, du chef d’œuvre de Carpenter (ici producteur). Un pari risqué d’un côté, une opportunité respectueuse de l’autre.

On comprend aisément le rejet critique et public de The Predator, mais sous les huées de la foule, en grattant un peu plus, et en s’intéressant à la filmographie de Black, force est de constater que les mains plus libres (comprendre sans les producteurs) le film aurait frôlé la perle rare.

Sorte d’Agence tous risques sous amphétamines totalement déglinguée, The Predator ne ressemble à rien de ce qui a été déjà fait, Black ayant fait le choix de l’originalité et de ne pas s’accrocher au mythe, signe pour certains d’un doigt d’honneur majeur (levé). Oui, malgré les défauts inhérents à la production (reshoots, problèmes avec les exécutifs, personnage majeur évincé suite à des problèmes judiciaires), le film reste assez bancal et mal découpé. A qui imputer ces ellipses ? Principalement à Black apparemment. Mais n’ayant pas eu les coudées franches sur tous les plans, durant toutes les phases de la production, on ne saura jamais ce qu’aurait pu vraiment être ce The Predator et ce malgré ces idées dingues de scènes d’action, de scénario trop riche de micros histoires (qui auraient chacune pu être un long-métrage) et d’un final dingo confirmant simplement l’idée folle que Shane Black a tenté. On admet en toute subjectivité (sic.) que ce The Predator a un « putain » de charme année 80, série B en porte drapeau, idées à gogo et film de personnages barjots. Il faudra être sacrément ouvert pour accepter la proposition mais étant donné que le public qui crache sur le film en critiquant son non réalisme est le même que celui qui s’age(s)-nouille(s) devant les purges mode Fast and Furious (pour l’exemple), on repassera.

En attendant The Predator est un pur film d’auteur mode badass d’un réalisateur qui n’a simplement pas pu porter son projet de A à Z, tué dans l’œuf (une fois de plus) par les producteurs. Dommage.

Evidemment Halloween 2018 n’a pas pris autant de risque, s’avère plus sage et assez efficace. David Gordon Green, de L’Autre Rive à Délire Express en passant par Joe, a un peu tout filmé comme genre avec sa patte « auteurisante », en somme, coup de poker mais choix judicieux au final. Si le succès Outre-Atlantique couvre un peu la vraie intensité du film, nous sommes loin du chef d’œuvre annoncé, force est de constater que la réussite est au rendez-vous.

Entre clins d’œil (plan repris à l’identique, référence de jump scares…) et respect de l’œuvre originale, Halloween réussit son effet, entre retour au source des films du genre, horreur et intensité d’une histoire originale, bien amenée qui évite un peu les pires choses qu’on aurait pu attendre d’une telle entreprise. En résulte un slasher assez facile, l’univers étant déjà installé et culte, mais c’est justement en combinant simplicité et efficacité (avec une touche moderne dans la violence graphique du film) qui fait d’Halloween une belle réussite et surtout le meilleur film depuis l’original.

En misant sur la nostalgie et en respectant l’œuvre originale, David Gordon Green offre un joli film de genre, avec un final malin et bricoleur comme les années 80 savaient le faire. On en redemanderait presque (surtout quand la caméra de Green offre autant de possibilités à la fin).

Entre le culot qui n’a pas payé (hélas) de The Predator et la non prise de risque mais totalement respectueuse d’Halloween, le constat est assez triste. Triste de se dire que ce n’est pas de toucher à une époque qu’on a mis sur un piédestal qui nous interpelle mais plutôt de se voir confirmer qu’un savoir-faire ne se copie pas mais se tente et ce dans la création original et quand celle-ci est libre et totale. Et c’est en innovant et créant que la donne peut prendre place, la copie étant toujours plus fadasse.


Fabien Brajon

 


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