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The Dead Don’t Die

 
 
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Durée: 114 minutes
 
Date de sortie: 15 mai 2019
 
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Posted 14 mai 2019 by

 
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Dans la sereine petite ville de Centerville, quelque chose cloche. La lune est omniprésente dans le ciel, la lumière du jour se manifeste à des horaires imprévisibles et les animaux commencent à avoir des comportements inhabituels. Personne ne sait vraiment pourquoi. Les nouvelles sont effrayantes et les scientifiques sont inquiets. Mais personne ne pouvait prévoir l’évènement le plus étrange et dangereux qui allait s’abattre sur Centerville.

Film en compétition au festival de Cannes 2019

L’avis de Quentin :

Le festival de Cannes 2018 avait trouvé sa conclusion avec l’hilarante fresque chevaleresque de Terry Gillam: L’Homme Qui Tua Don Quichotte. Cette clôture de festival annonçait déjà une piste pour l’édition 2019. En effet, plusieurs paramètres sont ici communs. The Dead Don’t Die est une comédie horrifique, également menée par le saisissant Adam Driver. C’est donc ainsi que nous retrouvons notre cher et tendre festival dans les rires et la joie. De la même manière dont nous l’avions quitté l’an dernier.

Jim Jarmusch opte pour une comédie désopilante. La proposition du réalisateur américain tranche totalement de ses propositions passées. Nous sommes bien loin du très sérieux Paterson ou encore du touchant Broken Flowers. Pourtant, le cinéaste n’a rien perdu de son art. Il invite à travers ce film de zombies, tout ce qui a su faire la force et le charme de son cinéma. Dès les premiers plans, il n’y a aucune hésitation, nous sommes bien en plein cœur du cinéma indépendant américain, chez le maître Jarmusch. Le chemin emprunté par le long-métrage est celui du comique de situation et de répétition.

Tous les codes du film de zombies sont respectés partant du cinéma de George A. Romero jusqu’à l’actuel The Walking Dead. Il prend alors le contre pied de cet univers bien défini et désormais parfaitement balisé pour le tourner au grotesque, à l’incongru. Tout y est histoire d’ironie, de dérision. Les protagonistes du film eux-mêmes nous le disent, « cette ironie » ça ne peut que venir « des hipsters ». Nous sommes dans une époque où tout est question de second degré.




C’est d’ailleurs tout ce qui fait la force de l’oeuvre : sa manière de jouer avec les genres, les univers. On se retrouve face à une multitude de références tout au long du film en partant de l’incontournable Nuit Des Morts Vivants de Romero jusqu’à Der Samurai de Till Kleinerten passant par le cinéma de John Carpenter ou encore Rubber de Quentin Dupieux.  On prend un véritable plaisir à chercher les références allant du grand public jusqu’aux recoins underground du cinéma de genre. Cependant, cette force est également la faiblesse du film de Jarmusch. Il ne parvient pas à proposer un film de zombies réellement à la hauteur, se cantonnant au strict minimum sur le plan scénaristique et laissant la part belle aux différents gags. Le film se rapproche ainsi parfois plus de l’oeuvre à sketchs. Ce choix est tout autant judicieux.

Ainsi, le spectateur prend un plaisir  non feint tout au long du visionnage. Le doigté cinématographique de Jarmusch parvient à emporter les spectateurs dans un atmosphère hilare et dépasse l’expérience cinématographique individuelle. Le film s’inscrit dans un cinéma généreux, un cinéma de partage. The Dead Don’t Die ne donne qu’une envie se tourner vers son voisin pour partager un véritable moment d’euphorie. Il se rapproche alors de la rare catégorie de films  tels que The Big Lebowski, Shaun Of The Dead ou encore Snatch.

De plus, le cinéaste nous propose un casting cinq étoiles, on se croirait face à un film  de Wes Anderson (Grand Budapest Hotel, La Vie Aquatique). On nous propose de mêler Tom Waits, Bill Murray, Adam Driver, Iggy Pop, Selena Gomez, RZA, Danny Glover, Steve Buscemi ou encore l’énigmatique Tilda Swinton. Tout ce beau monde participe à merveille au petit jeu proposé par le réalisateur et va plus loin, jusqu’à jouer à contre-emploi de leur vie habituelle. Une véritable équipe de choc qui permettra au film de très vite atteindre son zénith.

Le cinéaste propose également une fine analyse de la décadence de nos sociétés modernes. On y voit des personnages arborant des casquettes « Make America White Again » pour détourner une fois de plus le slogan du président américain Donald Trump mais cela va encore bien plus loin. Il aborde une société consumériste, uniquement guidée par ses addictions. L’addiction aux écrans, aux friandises, à l’alcool ou encore au café est traité avec brio. Il souligne par ce biais une humanité égarée, ne parvenant plus à trouver de raison d’être, noyant son existence dans le superflu, le matériel et l’inutile.

The Dead Don’t Die va bien plus loin que le simple hommage aux séries B voir Z, il rend hommage au septième art tout entier, au cinéma des cinq dernières décennies. Un film détonnant et étonnant qui perd par moment de sa superbe, faute d’un scénario plus consistant. Certainement l’un des films le plus drôle de cette année mais également une brillante réflexion sur la perte d’ambition de l’humain et son autodestruction. Qui a dit qu’à Cannes on ne savait pas rire ?

L’avis de Fabien

Après le western avec Dead Man, le film de samouraï avec Ghost Dog ou le vampirisme avec Only Lovers left alive, Jim Jarmusch s’essaie à un autre genre ciné, le film de zombie avec The dead don’t die.

Jim Jarmusch reprend les codes (« tuer la tête »), l’imagerie (un bras sortant de la terre d’un cimetière) de ce genre ultra-balisé pour proposer un film personnel, cool, plein d’humour sardonique, de mélancolie voire de désenchantement avec un message écologique.

Malheureusement très vite le film patine, multiplie les scènes redondantes de patrouilles des policiers interprétés par Bill Murray et Adam Driver dans la petite ville de Centerville et se repose paresseusement sur un comique de répétition cher à son auteur (« Ça va mal finir » prophétisé par Driver, la chanson de The dead don’t die en boucle…) qui ne fait pas toujours mouche. Comme il ne se passe pas grand chose pendant les 2/3 du film on trompe l’ennui en identifiant les nombreuses références ciné planquées dans le plan ou les dialogues (les classiques de l’horreur de Romero et Murnau entre autres, Le seigneur des anneaux, Star Wars, Twin Peaks…) et les clins d’oeil à la filmo de Jarmusch (jeu sur les patronymes des personnages) et à ses potes (RZA et co). Les nombreuses stars et références ciné convoquées tiennent lieu de béquilles pour ce film au scénario anémique et à la mise en scène plate.

The dead don’t die tient plus du délire foutraque entre potes que d’une oeuvre aboutie à ranger parmi les réussites du genre, sous classification comico-horrifique comme le culte Shaun of the dead voire le sympathique Bienvenue à Zombieland. Le dernier quart d’heure avec l’intervention d’une soucoupe volante, sa grosse blague méta et sa voix-off énonçant lourdement un message écolo alarmiste via le clochard interprété par Tom Waits (en fait les zombies ce sont nous les humains, créatures matérialistes, consuméristes) laisse dubitatif et déçu devant ce nouveau Jarmusch qui devrait se faire dévorer par ses autres concurrents dans la compétition pour la Palme d’or.


Quentin Tarantino

 


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