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Test blu-ray Le Pont des Espions

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: , ,
 
Genre:
 
Pays:
 
Titre Original: Bridge of Spies
 
Durée: 132 min
 
Date de sortie: 02/12/2015 (salle) - 23/04/2016 (vidéo)
 
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Posted 1 mai 2016 by

 
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James Donovan, un avocat de Brooklyn se retrouve plongé au cœur de la guerre froide lorsque la CIA l’envoie accomplir une mission presque impossible : négocier la libération du pilote d’un avion espion américain U-2 qui a été capturé.

Avis de Manu

Depuis une dizaine d’années, Steven Spielberg s’attache à mettre en scène des longs métrages historiques (Munich, Cheval de guerre, Lincoln).

Le pont des espions suit donc ce versant cinématographique et apparaît, avec Lincoln, comme une de ses récentes plus belles réussites. Evidemment ce qui l’intéresse dans son histoire, écrite de manière très limpide par les frères Coen, c’est le point d’orgue humaniste encore et toujours présent chez le cinéaste. En abordant cette histoire tirée de faits réels par le biais du thriller d’espionnage,  le réalisateur arme son film d’une force classique et terriblement efficace. Bien sûr on peut refaire le chemin à l’envers et mettre certaines parenthèses sur ces dernières réalisations, parfois trop naïves (Cheval de guerre) ; mais ce qui anime encore et toujours Steven Spielberg, c’est cette indéniable positivité innocente, ce Monsieur qui ne peut narrer ses récits d’adultes autrement que par le biais d’une innocence née de l’enfance.

Tom Hanks, lui, qui joue pour la 4ème fois sous la direction du réalisateur, prouve une fois de plus sa capacité à interpréter n’importe quel personnage. Loin de la vitrine qu’il pouvait avoir il y a de ça des années, le comédien, épatant, revient depuis quelques temps avec forme et conviction. Il convient également de relever la performance incroyable, toute en retenue et nuance, de Mark Rylance, qui apporte à son personnage toute la dignité nécessaire, une valeur majeure à son personnage, et par ricochet, à l’histoire.

Le pont des espions s’étire parfois mais reste passionnant et nous rappelle à quel point les deux blocs de l’époque s’affrontaient de mains de fer. Résumé d’un pan historique important des affaires internationales gérées sous le manteau, le film conjugue habilement dans ce rappel des faits, émotion, rebondissements et humour spielbergien parsemé çà et là. L’élégante et classique mise en scène vient servir à souhait le propos d’un film qui nous ramène parfois au grandes œuvres du cinéma des années 50 et 60. La couleur en plus, le fond reste comme imprégné de ce suspense qui faisait le charme des films d’époque. Et ce n’est pas l’excellente photo de Janusz Kaminski qui viendra ternir le décor, ajoutant même de la valeur à l’ensemble.

Au fil des années Steven Spielberg semble donc rendre de plus en plus d’hommage à ce  cinéma du passé, celui qui l’a fait rêver, quitte à mettre de côté les effets blockbusters dont il est aussi régulièrement un des maîtres, pour se concentrer vers un cinéma classique mais auréolé d’un humanisme profond et salutaire. On pourra tout juste lui reprocher quelques séquences très, trop patriotiques qui inscrivent le film dans une sorte de dédouanement propre à certains films made in USA. Reste tout de même le plaisir d’avoir assisté à un joli moment de cinéma, simple, didactique et efficace.

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Avis de Fabien

Nouveau film historique après Cheval de guerre (2011) et Lincoln (2012) pour le réalisateur d’Indiana Jones, Le pont des espions marque la quatrième collaboration entre Steven Spielberg et Tom Hanks. Ajoutez un scénario co-écrit par les frères Coen et vous avez toutes les chances avec cette réunion de talent (à laquelle prend part aussi le fidèle directeur de la photo Janusz Kaminski) de passer un très agréable moment devant ce récit d’espionnage, d’après une histoire vraie située pendant la guerre froide, où un avocat d’assurances doit défendre un espion russe arrêté sur le sol américain.

Avec le personnage de James Donovan, un avocat d’assurances lambda choisi pour défendre un espion russe qui s’avoue être rouillé en pénal mais accepte rapidement l’affaire, Steven Spielberg place une nouvelle fois au centre de son récit un personnage ordinaire lancé dans une aventure exceptionnelle : Indiana Jones, professeur d’archéologie, révèle un aventurier casse-cou, le reporter Tintin n’hésite pas à prendre part à de trépidantes intrigues à travers la planète…l’avocat Donovan se montre fin négociateur et intrépide lors de la partie espionnage du récit : passer avec  assurance un check-point devant une file d’allemands, négocier avec les deux parties (russes et allemandes) la vie de deux américains prisonniers.

De plus à l’image d’Oskar Schindler, toutes proportions gardées, Donovan peut être vu comme un juste pour qui « chaque personne compte ». Patriote, pour le respect de la Constitution, pour la justice pour tous, il est l’homme debout qui tient bon et ira jusqu’au bout de ses convictions et de sa mission de sauvetage.

Centré sur ce personnage attachant, le récit, avec tous les  ingrédients du film d’espionnage (filature sous la pluie, coopération avec la CIA, négociations avec deux camps « ennemis »…), est divisé en deux parties d’égal intérêt : la première partie montre l’arrestation (superbe séquence d’ouverture sans musique avec  poursuite dans le métro new-yorkais), le procès de l’espion russe et la capture de deux américains en territoire ennemi; la seconde partie est consacrée à la mission de libération des prisonniers à Berlin Est où Donovan agit en tant que citoyen avec en point d’orgue l’échange sur le pont de Glieniecke.




Comme toujours chez Spielberg, la mise en scène épate sans forcer; dans ce Pont des espions pas de démonstration de force et de prouesses techniques, on n’est pas dans Indiana Jones ou Minority report : pas de plans à l’aide de grues, de travellings savants ni de cadrages alambiqués!Raccords, mouvements de caméra, montage alterné, tout respire un classicisme assuré du plus effet. La direction artistique est au top avec une superbe reconstitution de Berlin, une photographie très travaillée (tons chauds aux USA, froids à Berlin).

Enfin Tom Hanks est une nouvelle grand en monsieur tout le monde plongé dans situation peu ordinaire, bien secondé par un très bon Mark Rylance (récompensé aux derniers Oscars).

Passionnant, enlevé, avec des touches d’humour (running gag des mouchoirs, le héros veut rentrer vite d’un Berlin glacial pour se mettre au lit!), Le pont des espions est un très bon Spielberg, pour les amateurs de récits d’espionnage et ceux qui apprécient les portraits d’homme courageux et humaniste.

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Technique

L’image HD est superbe avec un piqué acéré et une colorimétrie riche qui respectent le superbe travail du directeur de la photo (désaturation accentuée, arrières plans clairs) qui a travaillé sur pellicule.

Au niveau acoustique on note de nombreuses ambiances très détaillées avec une recherche de réalisme. La chute d’un U2 puis une fusillade au mur Berlin  produisent leur effet, surtout en VO 7.1.

Bonus

La réalité de la guerre froide (18′) est un making-of classique avec interviews des acteurs, réalisateur, scénariste, directeur de la photo, témoins de l’époque et images d’archives. On y apprend que le sujet a une résonance particulière pour Steven Spielberg et que son héros Donovan fut envoyé plus tard par Kennedy à Cuba pour négocier la relaxe de prisonniers.

Recréer Berlin (11′) est axé sur la superbe reconstitution historique, le tournage en Allemagne et surtout en Pologne.

Les coulisses de l’échange (6′) nous invite sur le tournage sur le vrai pont de Glienecke.

Enfin la section bonus de ce disque blu-ray Fox se termine sur Les U2 (8′), court module sur le célèbre avion de reconnaissance américain.


Fabien Brajon

 


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