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Taxi driver

 
 
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Durée: 115 min
 
Date de sortie: 02/06/1976
 
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Posted 19 octobre 2015 by

 
Full Article
 
 
Vétéran de la Guerre du Vietnam, Travis Bickle est chauffeur de taxi dans la ville de New York. Ses rencontres nocturnes et la violence quotidienne dont il est témoin lui font peu à peu perdre la tête. Il se charge bientôt de délivrer une prostituée mineure de ses souteneurs.

Film présenté au festival Lumière 2015




Avis de Fabien

D’après un script de Paul Schrader transmis par son ami Brian De Palma, Taxi Driver est la seconde collaboration après Mean Streets entre les new-yorkais Martin Scorsese et Robert De Niro.
Scorsese avait tourné auparavant un film indépendant avec Harvey Keitel, Who’s knocking at my door (1967), un bide commercial, un film d’exploitation Boxar Bertha (1973) et surtout Mean Streets (1976) dont la vision d’un bout à bout a enthousiasmé le couple de producteur Philips au point de produire le prochain Scorsese.

Même si le projet s’inscrit dans une période de renouveau du paysage cinématographique américain avec l’éclosion de jeunes cinéastes comme Coppola, Lucas, Spielberg, Friedkin soucieux de rénover les genres, le sujet est délicat pour un studio et le potentiel commercial du film quasi nul.

Le film assez noir, l’étude d’un homme malade, anonyme, est empreint d’une violence étouffante et explosive. Enfermé dans l’engrenage de la solitude, un moyen de défense contre un environnement hostile et dangereux, Travis déambule en noctambule au volant de son taxi dans les rues de N-Y à la recherche d’une rédemption (thème récurrent de la filmo scorsesienne) qu’il trouvera en sauvant une jeune prostituée (Jodie Foster) de sa condition.

De Niro, tendu comme un arc, est d’une intensité incroyable dans ce rôle d’écorché vif, un étranger déçu de la société. Sa performance est inoubliable, à l’image de ses futures collaborations avec Scorsese.

taxidriverphoto1

Le script de Paul Schrader brille par sa précision dans le rendu des pensées, de la psychologie de Travis notamment par l’utilisation de la voix-off. Ainsi Shrader décrit (dans les bonus du blu-ray édité en 2013) Travis comme « un type dans un cercueil en métal, flottant sur les égoûts, une espèce de Nosferatu, dans les rues de N-Y. Quelqu’un qui semble entouré par les gens mais qui est totalement seul ».

Pour Martin Scorsese le défi visuel était de percevoir tout du point de vue de Travis pour mieux l’isoler et mettre le spectateur à sa place. Même si le personnage n’est pas particulièrement sympathique de prime abord on le suit tout au long de son calvaire et on s’y intéresse tant la plongée dans l’esprit de cet homme souffrant relève de la condition humaine.

En exergue de cet immense film, Palme d’or en 1976, se trouve une citation de Thomas Wolfe issu de Le solitaire de Dieu : « Je suis maintenant convaincu que la solitude, loin d’être un phénomène rare ou étrange, est le fait central et inévitable de l’existence humaine ». 

Fabien Brajon

 


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