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Simetierre

 
 
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Titre Original: Pet Sematary
 
Durée: 101 minutes
 
Date de sortie: 10 avril 2019
 
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Posted 11 avril 2019 by

 
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Le docteur Louis Creed, sa femme Rachel et leurs deux jeunes enfants quittent Boston pour s’installer dans une région rurale du Maine. Près de sa maison, le docteur découvre un mystérieux cimetière caché au fond des bois. Peu après, une tragédie s’abat sur lui. Creed sollicite alors l’aide d’un étrange voisin, Jud Crandall. Sans le savoir, il vient de déclencher une série d’événements tragiques qui vont donner naissance à de redoutables forces maléfiques.

L’avis de Quentin

Depuis que la bibliographie de Stephen King a pris un bain de jouvence grâce à la nouvelle adaptation cinématographique de Ça, de nombreuses réalisations voulant mettre en scène l’univers de l’écrivain, se sont bousculées au portillon pour réclamer leur part du magot. Nous avons ainsi eu le droit aux sorties successives de Jessie et 1922, qui n’ont pas su apporter l’horreur derrière l’écran.

Cependant, cette période d’adaptations intenses de Stephen King n’est pas insolite, ni inattendue. Nous assistons chaque décennie à des périodes où les adaptations de King sont légions. Il est alors assez difficile de trier entre chef d’oeuvres et cinéma bis. Les grands moments des relectures cinématographiques de King ont vécu au travers de Shining de Stanley Kubrick, Christine de John Carpenter, La Ligne Verte de Franck Darabont, Coeurs Perdus En Atlantide de Scott Hicks, Misery de Rob Reiner ou encore Simetierre de Mary Lambert.

C’est sur ce dernier que nous allons revenir aujourd’hui et son remake réalisé par le duo Kevin Kölsch, Dennis Widmyer. Les deux réalisateurs ont su briller avec leur remarquable Starry Eyes, sorti il y a quelques années. Néanmoins, parviendront-t-ils à se faire une place, une identité, suite à ce que nous avait proposé le Simetierre de 1989. Le long-métrage parvenait et parvient toujours à effrayer. Il renfermait une ambiance lourde, où le drame, l’horreur pouvait se permettre de jaillir d’une seconde à l’autre. Une interprétation occulte, revenant sur les fantômes des Etats-Unis, les croyances indiennes avec intelligence et pertinence dans un cinéma d’horreur saturé de références désormais cultes, en cette fin des années 80.

Aujourd’hui, nous sommes bien loin des standards qualitatifs du cinéma d’horreur des années 80. On ne cesse de proposer des remake et autres reprises de films jusqu’à ne plus rien trouver sur leurs carcasses. C’est dans cette période creuse, terne, croulant sous le Conjuring universe, que cette proposition de Simetierre pointe le bout de son nez.

La relecture du duo américain s’affranchit de son cousin des années 80 dès les premiers instants du film. Il joue avec les codes mis en place par le cinéma d’horreur moderne et parvient à parfaitement les maîtriser. Le sentiment d’oppression ne cesse de grandir et nous parvenons à ressentir pleinement l’appel de cette force amérindienne, l’appel d’une terre souillée, réclamant du sang pour prospérer. C’est dans ce cadre de souffrance rejetée, oubliée, que l’on posera la famille Creed.




Le travail autour des personnages est ici une des approches la moins intéressante de l’oeuvre. Les protagonistes sont très peu explorés, particulièrement les enfants de la famille sur lesquels repose une grande partie de l’intrigue. Là où nous pouvons timidement accepter le rôle de la fille Creed, interprété de manière convaincante par Jeté Laurence, il sera beaucoup plus complexe de tolérer le vide scénaristique autour du garçon de la famille, joué par Hugo Lavoie et Lucas Lavoie.  On en vient parfois même à oublier que cette famille a un second enfant. Les parents, quant à eux, campés par Amy Seimetz et Jason Clarke, sont relativement réussis. Cependant, les raccourcis scénaristiques pour aborder la peur de la mort que connaît la mère de famille n’a pas grand intérêt de par sa mise en scène.

Cependant, le long-métrage est parvenu à dépasser ses personnages et nous offre une atmosphère parfaitement propice à l’effroi. On ressent la pression émanant de cette terre indienne abandonnée, maudite, ne cessant de réclamer des âmes, de la vie. La pression faites sur le spectateur est constante, continue et réjouissante.

L’ambiance est insufflée dès la première image du film avec ce plan survolant la forêt, nous rappelant qu’ici la nature reprend ses droits et que l’homme n’est qu’une bête parmi les autres. Une créature faible dépassé par une spiritualité abandonnée. Le plan d’ouverture rappellera les frissons apportés par l’introduction du Shining par Stanley Kubrick.

Tout est mis en place pour que le spectateur prenne peur sans trop user des mécaniques modernes. Nous aurons le droit à quelques jumpscare mais rien de trop forcé. Ici la caméra est dans l’implicite, elle nous prépare à être dévorés par l’angoisse et la terreur durant la moindre seconde. Cependant, le cauchemar américain se perd durant ses dernière minutes en voulant devenir un film gore à la frontière du cinéma zombie. Un parti pris risqué, qui fait perdre au film tout son travail atmosphérique et cela est bien dommage.

Le film survole également quelques sous-textes qu’il aurait pu emprunter. Nous ne reviendrons que très sommairement sur l’histoire même de cette terre indienne au cours d’un très rapide échange afin de donner une raison à ces phénomènes paranormaux. Ensuite, l’histoire du voisin, Jud, aurait très bien pu être mise en avant, avec la manière dont sa femme est décédée mais surtout comment cette terre maudite a-t-elle pu se nourrir de son chagrin durant ces dernières décennies. On passe même totalement à côté de l’histoire de la demeure ainsi que de ses précédents habitants.

En somme, Simetierre est un film d’horreur moderne qui a su échapper aux mécanismes de son époque sans pour autant parvenir à nous apporter un travail original, une approche nouvelle. Un divertissement agréable et réussi qui aurait gagné à plus travailler sur le matériau de base : l’oeuvre de Stephen King.


Quentin Tarantino

 


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