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Sans un bruit

 
 
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Titre Original: A Quiet Place
 
Durée: 90 min
 
Date de sortie: 20/06/2018
 
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Posted 14 juin 2018 by

 
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Une famille tente de survivre sous la menace de mystérieuses créatures qui attaquent au moindre bruit. S’ils vous entendent, il est déjà trop tard.

L’avis de Manu

La carrière de John Krasinski est clairement plus prolifique en tant que comédien qu’en tant que réalisateur. Peu de longs à son actif, inédits en France, et pourtant metteur en scène du film phénomène Outre-Atlantique de cette fin de printemps. Qui dit phénomène dit, en filigrane, grosse attente, voire curiosité poussée, à l’international. Enorme succès du genre en ce moment, puisque Hérédité (qui sort bientôt chez nous), a aussi réussi à se faire également une excellente réputation.

Il n’est cependant pas à la hauteur des espoirs suscités mais reste un film de genre très efficace pour peu qu’on soit un peu moins exigeant sur certains points.

Cette sensation mitigée vient d’ailleurs de sa mise en scène, étonnante, simple et bien maîtrisée par moments, plus bancale à d’autres. A elle seule, la scène d’exposition est une des plus intéressantes vues récemment. Effet de surprise parfait, introduction des personnages et questionnement du spectateur dans le package. Les codes du film post-apocalyptique installés (versant The Walking Dead, campagne quand tu nous tiens) sont bel et bien présent; le milieu rural devenant de plus en plus efficace pour le genre. A ce titre, la photo du film est excellente dans ses scènes obscures comme diurnes, et le travail de Charlotte Bruus Christensen brillant, une nouvelle fois. Pourtant tout n’est pas de la même qualité surtout quand Krasinski s’oublie un peu dans sa logique et dans le point majeur de son film, à savoir le silence. On peut estimer que 80% du film n’est pas dialogué et que Sans un bruit joue sur le silence, or, et c’est là que les grosses ficelles apparaissent, puisque les sons captés/entendus pas les créatures sont perçus de manière aléatoire et ce simplement dans un but dramaturgique. Aïe… l’indice qui nous fait prendre conscience que le spectateur est ici pour voir, de l’efficace tout comme du non du sens ; on ne compte plus les séquences, idées de scénarios, qui deviennent de grosses ficelles, des passages obligés, sinon des « Alors, ok, oui mais pourquoi ils ne n’ont pas… » etc… Sauf que dans cet ensemble, et c’est tout le talent de mise en scène de John Krasinski, une tension permanente et un certain jeu de fond/forme (le silence obligatoire pour survivre) en font des armes absolues pour séduire le spectateur et le prendre au jeu. On passera alors sur des erreurs majeures, illogisme, traitement de l’espace et du temps souvent incohérents, flagrants parfois, à tel point qu’on pourrait en faire un jeu de X erreurs. Or, tout cela n’intervient qu’après séance, preuve qu’une tension permanente est mise en place au travers d’un fonctionnement fictionnel bien établi par Krasinski, d’ailleurs très bon directeur d’acteurs, avec de très bons comédiens, Emily Blunt en tête, madame Krasinski à la ville également. Sur cette qualité Sans un bruit s’épanche avec justesse et émotion vers un joli film à consonances « spielbergiennes » lorsqu’il aborde le cœur de la cellule familiale avec l’émotion qui doit composer cet axe dramatique, on n’en dira pas plus. Peu original, déjà-vu mais juste et touchant.

Sans un bruit n’est clairement pas un chef d’œuvre, précédé de sa réputation et des attentes qu’on pouvait en avoir qui le desserve, comme d’usage; il s’avère avant tout un film ultra efficace, original (belle idée du silence obligatoire) et qui tient beaucoup de promesses et ce malgré de grosses (voire très grosses) ficelles. Pour autant le résultat est là, le spectateur pris au jeu de ce pitch, qui malgré ses défauts réussit lors de nombreuses séquences à séduire avec sa tension permanente. Hélas après coup on se dit que le film ne restera pas dans les annales, sans postérité. Peu importe sur le moment, pour ce qu’il est, Sans un bruit assure le minimum, efficace à temps plein (ou presque) et immersion totale pour un spectacle qu’on voit trop rarement en salle. Toute l’ambivalence de ce film est là, dans un écrin fabriqué main mais de guinguois, un certain charme opère et l’efficacité immense du film en efface ses défauts, le temps de l’aventure sonore et visuelle du moins.


Fabien Brajon

 


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