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Razorback : test blu-ray

 
 
Overview
 

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Durée: 95 min
 
Date de sortie: 1983 - 10/07/2019 (blu-ray)
 
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Posted 6 juillet 2019 by

 
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Au fin fond du désert australien vit une créature indestructible capable de déchiqueter un homme en deux et de détruire une maison en quelques secondes. Plus de 400 kilos de défenses et de muscles avec pour unique objectif de terroriser la petite communauté isolée de Gamulla, une ville tout aussi violente et primitive que la bête qui la menace…

L’avis de Fabien

Deuxième long-métrage du clippeur Russell Mulcahy (Duran Duran, Elton John) et futur réalisateur de Highlander (1986), Razorback (1984) est une variation des Dents de la mer située dans l’Outback australien.

Ce film d’attaque animale présente un personnage hanté par la perte d’un être cher et obsédé par la traque d’une bête monstrueuse comme Quint dans Jaws. Razorback situe l’intrigue de son survival dans les paysages immenses, rudes de l’Outback australien, une nature hostile et violente dont on ne sait qui est le plus cruel, le sanglier tueur ou les frères Baker, rednecks dégénérés. A l’écran tout n’est en effet que sécheresse, pourriture et hémoglobine, avec un florilège de cadavres et de carcasses d’animaux; comme les animaux sauvages (barbare chasse aux kangourous qui renvoie à Wake in Fright) les hommes ne sont que de la viande, pour le sanglier comme pour le duo d’antagonistes humains.

Les interventions de la créature (en animatronique) sont plutôt convaincantes, un dévoilement progressif du monstre comme dans Jaws avec l’utilisation du hors champ puis de brèves attaques frontales. Mais si la mise en scène de Steven Spielberg reste impressionnante par son inventivité et sa virtuosité au service du récit de Jaws, celle de Russell Mulcahy, tape-à-l’oeil, est terriblement datée.

L’influence du vidéo-clip, univers dont est issu Mulcahy, est criante, avec des jeux sophistiqués de lumières, des couleurs saturées et une caméra agitée. Est même repris l’effet signature du réalisateur des Dents de la mer, le travelling compensé, sans le même impact dramatique. Razorback est outrancier, chargé, à l’image des exhubérantes années 80, avec sa photographie hyper contrastée signée Dean Semler (Danse avec les loups), sa musique omniprésente, une bande-son assourdissante, le jeu excessif de nombreux acteurs, une sous-intrigue amoureuse cliché. Ce film de Russell Mulcahy propose un mélange détonnant, bancal, de recherche de réalisme documentaire avec des décors naturels, des trognes de rednecks que l’on croirait sortis de Mad Max et d’hyper stylisation avec filtres colorés et effets clippesques pour mettre en scène la traque de cette horrible créature. On est très loin du modèle avoué Les Dents de la mer, le premier blockbuster du cinéma, avec ce film australien pré-MTV dont le style maniéré influencera Tony Scott ou Michael Bay.

Toutefois on ne s’ennuie pas grâce aux attaques du monstre bien orchestrées dans des décors naturels impressionnants, à défaut de vivre une expérience jubilatoire, devant ce classique de la « ozploitation », un film culte comptant parmi ses fans Quentin Tarantino et Steven Spielberg.

Ce pur produit des 80’s est à (re)découvrir dans un master 4K proposé par Carlotta.

Technique

La restauration 4K délivre des couleurs éclatantes, hyper saturées. La définition est en retrait dans quelques plans mais le travail de restauration s’avère convaincant. Le tonitruant mixage sonore, avec ses nombreux effets, est au top sur la piste VO HD.

Bonus

Cette édition blu-ray Carlotta propose comme copieuse pièce de résistance, Requins sur pattes (74′) : un making-of classique pour ces Dents de la mer sur terre avec zooms sur la création du monstre en animatronique, le casting, le réalisateur et le directeur de la photo, les lieux de tournage (paysage singulier de Broken Hill puis tournage en studio à Sidney pour la séquence finale), la musique signée Iva Davies, la réception publique et critique (échec en Australie, succès en Europe) et sa postérité (film culte).

Une certaine nature animale (24′) est une table ronde avec un quatuor de jeunes critiques australiens qui analyse ce « Suspiria australien » notamment les liens avec le vidéo-clip et l’esthétique de son époque.

Sont ajoutées en bonus des scènes coupées (3′) soit 5 scènes très violentes avec commentaire audio en option et le montage VHS cut (95′) destiné au marche australien (avec une image désastreuse).


Fabien Brajon

 


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