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Ray Et Liz : Test DVD

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Genre:
 
Pays:
 
Durée: 104 minutes
 
Date de sortie: 2019 Date de sortie DVD : 03/09/2019
 
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Posted 1 septembre 2019 by

 
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Potemkine, pour cette rentrée 2019, nous propose de retrouver Ray Et Liz, découvert en avril 2019 dans les salles obscures françaises. Pour fêter la sortie de ce drame social se déroulant dans le Birmingham des années 80, l’éditeur sort une édition DVD complète et pertinente sur un film loin d’être ordinaire. Vous pouvez donc dès à présent saluer un enfant du cinéma de Loach, Richard Bilingham, nouvel analyste de la misère britannique.

Notre article se divisera en deux temps :

I) La critique de Ray Et Liz

II) Les caractéristiques techniques de l’édition DVD

L’avis de Quentin :

I) La critique de Ray et Liz

Ray et Liz nous plonge au sein de trois souvenirs que le cinéaste britannique souhaite nous faire partager de son existence, de sa famille et plus généralement sur la classe ouvrière lors des années Thatcher en Angleterre. Pour cela, il  va tourner son long-métrage en argentique. Richard Billingham, photographe d’origine, passe derrière la caméra pour son premier long-métrage. Il offre une approche singulière du cinéma, un oeil nouveau mêlant l’imaginaire du cinéma à la symbolique forte de la photo. Une manière nouvelle de capturer le temps.

Il joue ainsi sur le concept de temporalité, alternant les séquences entre présent et passé. Un vieil homme, Ray, pense à sa vie passée. Le réalisateur se remémore son enfance à travers le regard de cet home rongé par l’alcool de manière à accéder à sa vie, à des morceaux d’existence figés. Les trois souvenirs présentés s’ordonnent de manière chronologique.

Chaque souvenir permet d’organiser cette famille de manière plus précise, la rencontre de chaque membre déterminant à chaque fois un peu plus l’identité des personnages éponymes. On fera la rencontre d’une part de Ray, père de famille désabusé, laissant la vie et sa condition l’emporter, de l’autre, Liz, mère de famille, criarde et résignée, ne se tournant que vers son propre intérêt.  Au-delà de ses parents se trouve une fratrie abandonnée devant se frayer un chemin dans cette condition sociale impitoyable n’offrant que peu d’issues.

Bien que face à une situation familiale dramatique, le cinéaste ne verse jamais dans le fatalisme et le misérabilisme. Il offre une perception touchante de ces personnages à bout de force ne cessant de résoudre le puzzle qu’est leur existence, espérant continuellement trouver un jour la pièce qui unira de nouveau cette famille , les faisant s’échapper de leur condition sociale.

Seul rempart contre l’apitoiement, l’humour. Ray et Liz prend à de nombreuses reprises un ton de comédie grinçante permettant aux personnages de survivre dans leur quotidien sans sombrer dans la dépression. Un humour amer au dépens des uns et des autres pour parvenir à exister. Le cinéaste n’oublie également pas le comique de situation permettant aux spectateurs de trouver une constante lueur, espoir émanant la plus part du temps de la jeunesse, porteuse de lendemains meilleurs.

Le réalisateur alterne de la sorte sa culture cinématographique avec son savoir photographique. Il introduit chacune de ses problématiques en figeant des détails de l’environnement, synthétisant les enjeux de la scène comme si les protagonistes ne pouvaient échapper à leur sort, situation quasi naturelle, incontournable. De la sorte on observe le jeune garçon, benjamin de la famille, sortir de cet appartement prison pour aller observer les animaux en cage du zoo, métaphore du départ de l’enfant qui face à l’impensable, la captivité, prend conscience de sa misère. L’appartement familial se transformant en anti-chambre de la vie à la manière de la caverne de Platon qu’il faut quitter pour pleinement prendre son existence en main.




Le film fonctionne sous forme d’énigmes pour le spectateur et la constante volonté d’élucider le mystère de cette famille ainsi que son mode de vie. Nos réponses se voient récompensées par de nombreux autres questionnements menant notre lecture du film à un enchevêtrement continu d’interrogations. Un manège cinématographique sur l’existence où il semble difficile de trouver une raison. Cependant, on se surprend à suivre ce quotidien sans but où la sensibilité et la proximité du réalisateur face à cette famille nous berce dans une douce mélancolie.

Néanmoins, les rencontres entre temporalités se retrouvent par moment difficile à distinguer et se transforment parfois en casse-tête pour déterminer la place de tout un chacun au cœur de cette histoire. Une faiblesse qui pourra en déconcerter certains là où les amateurs de fictions contemplatives trouveront leur bonheur.

Ray et Liz tout comme son réalisateur Richard Billingham font partie des révélations de cette année 2019. Une oeuvre simple et touchante qui saura représenter une période difficile d’un pays, à travers une famille ouvrière paraissant d’ores et déjà compter dans le paysage cinématographique. En se basant sur le fait que l’art est la transmission de la perception du réel d’un artiste à son auditoire, alors Ray Et Liz peut prendre place dans le monde du septième art la tête haute.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition DVD

Image :

Ray et Liz est une exclusivité DVD et ne connaîtra pour le moment aucune sortie au format HD. Cependant, il n’y a aucune raison de s’alarmer car le support choisi est exploité dans sa totalité et nous offre une très belle image 4:3, mettant en avant les caractéristiques du tournage en argentique, on parvient à pleinement ressentir la crasse des lieux, et même les séquences les plus sombres offrent de belles nuances. Le piqué y a été subtilement travaillé pour nous offrir ce DVD à la frontière de la HD. Concernant la colorimétrie et les contrastes tout y est pensé pour respecter l’oeuvre du cinéaste britannique et tout particulièrement sa séquence de clôture.

Note image : 4/5

Son :

La version originale proposée est simple mais idéalement paramétrée pour profiter de l’oeuvre. Elle laisse place à cet accent anglais typique de Birmingham, nous portant tout au long du film et nous dépaysant. Les balances aigus et graves ont été opérée avec minutie ne laissant à aucun moment le spectateur sortir du film faute à une mauvaise sonorisation.

Note son : 4/5

Suppléments :

Enfin pour combler les cinéphiles conquis par cette famille prisonnière de sa condition sociale, Potemkine propose deux suppléments et pas des moindres :

  • Entretien avec le réalisateur : un entretien de dix-huit minutes prend place avec le cinéaste nous contant les raisons l’ayant mené à construire ce long-métrage mais également les motifs l’ayant poussé à filmer des scènes de familles, de recréer son enfance. Il prend le temps d’expliquer les difficultés de financer un tel premier film mais également l’importance des décors tout comme du casting qui aurait pu, dans de mauvaises conditions, conduire le film à sa perte. Une vraie réussite, suite à un tel bonus, une seule envie nous prend revoir le film avec de nouvelles anecdotes  pour encore mieux saisir l’ampleur de l’oeuvre.
  • Entretien avec Marion Duquerroy, historienne de l’art : une analyse pertinente et finement documentée de la carrière de Richard Bilingham par Marion Duquerroy. Cette dernière prend le temps de déconstruire la carrière de l’artiste pour pleinement introduire Ray Et Liz, installant l’oeuvre de Billingham dans le monde de l’art actuel, proposant de découvrir d’où vient la volonté du photographe de capter le quotidien de sa famille. Elle nous propose une synthèse des œuvres du cinéaste allant de son livre photographique Ray’s A Laugh jusqu’à son documentaire Fish Tank, pour parvenir à l’évidence dans le processus créatif de l’artiste de réaliser cette fiction qu’est Ray Et Liz. L’aspect politique de l’époque planant continuellement au dessus de cette famille sans pour autant s’y introduire de manière explicite sera également étudié.

Ces deux interviews font de l’édition proposée par Potemkine une oeuvre complète qui pourra se frayer un chemin durant quelque années.

Note suppléments : 4/5


Quentin Tarantino

 


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