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Quand vient la nuit : le test blu-ray

 
 
Overview
 

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Titre Original: The drop
 
Durée: 107 min
 
Date de sortie: 12/11/2014 (salle) - 19/03/2015 (vidéo)
 
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Posted 22 mars 2015 by

 
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Bob Saginowski, barman solitaire, suit d’un regard désabusé le système de blanchiment d’argent basé sur des bars-dépôts – appelés « Drop bars » – qui sévit dans les bas-fonds de Brooklyn. Avec son cousin et employeur Marv, Bob se retrouve au centre d’un braquage qui tourne mal. Il est bientôt mêlé à une enquête qui va réveiller des drames enfouis du passé…

Avis de Manu :

Le premier film de Michaël R. Roskäm, Bullhead (aka Rundskop) avait révélé tel un double uppercut, un acteur, Matthias Schoenaerts et un metteur en scène. Ce dernier réalise son premier film américain sous la plume de Dennis Lehane, scénariste de l’adaptation du livre dont il est également l’auteur (Animal Rescue) ; on lui doit également les romans Gone Baby Gone, Mystic River et Shutter Island.

C’est donc dans un décor noir, crade et urbain, comme souvent chez Lehane, que Quand vient la nuit va se dessiner. Sur la base d’une histoire somme toute classique dans son déroulement (moins dans son postulat de départ), Michaël R. Roskäm va tenter de dépeindre un certain pan de la mafia russe de Brooklyn. Hélas on ne retrouve ni la patte, ni la manière de filmer qui nous avaient tant séduites dans son premier film. Il est probablement difficile d’être aussi radical dans l’aspect esthétique lorsque les exécutifs des studios sont derrière les écrans de contrôle pour diriger la machine. C’était presque écrit d’avance. Cependant, le verdict n’est pas négatif car il émerge de Quand vient la nuit une petite intensité, une vraie note de polar qui sort un peu des sentiers (archi-) battus.

Il faut donc se tourner vers le casting pour prendre la tension la plus importante et généreuse du film. Voir Tom Hardy reste toujours un plaisir, et qui de mieux peut prétendre à rendre toute l’animalité d’un personnage. Car chez Lehane, comme chez Roskäm, c’est bien la bestialité qui domine. Il se retrouve donc parfaitement ici. Tom Hardy, comme Matthias Shoenaerts avant, ici dans un petit rôle, simple, efficace et intriguant, livre encore une prestation magnétique de corps et de voix. Ce dernier sert de parfait compagnon de jeu à James Gandolfini qui lors d’un dernier round, prend corps dans un personnage discret mais nécessaire à ce polar ténébreux.

Par sa mise en scène simple mais stylée, Quand vient la nuit fait figure de polar qui vient chuchoter au spectateur une intrigue simple mais différente qu’à l’accoutumée par sa forme esthétique. Si au final ce n’est pas la réalisation qui l’emporte mais un semblant d’histoire et un twist (même prévisible), reste la force majeure et brute de ce joli discret moment de cinéma. Explosent en surface, les acteurs, leur force vive et animale, dans leur rudesse extérieure comme dans leur fragilité intérieure.

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Avis de Fabien

Remarqué avec l’impressionnant Bullhead en 2011 le belge Michaël R. Roskäm s’est vu offrir ce premier film américain avec un scénario de Dennis Lehane et un beau trio d’acteurs emmené par Tom Hardy.

Le premier atout de Quand vient la nuit (The drop en v.o) est son scénario signé Dennis Lehane, d’après une de ses nouvelles. On y retrouve des thèmes et idées chers à l’auteur de Mystic River et Gone baby gone : une solitude implacable, l’idée de fatum (la fatalité, la difficulté d’échapper à son passé), un fonds social rude. La trame a beau avoir une forme classique (le braquage d’un bar où circule de l’argent sale est le point de départ d’une tragédie) et des ingrédients connus (anti-héros mutique au passé trouble, mafieux russes) l’exécution de ce drame policier est assez saisissante grâce au talent de Roskäm pour croquer avec subtilité le portrait de personnages singuliers et créer une atmosphère étouffante où la tension dramatique va croissant.  S’ouvrant  avec un décadrage comme métaphore d’un renversement identitaire (les apparences sont trompeuses), Quand vient la nuit avance avec des révélations progressives sur le passé de ses personnages, tous des êtres cabossés par la vie, seuls, certains à la recherche d’un avenir meilleur à tout prix, d’autres apprenant à vivre ensemble (le sauvetage d’un chiot pour se sauver soi-même).

La mise en scène de Michaël R. Roskäm, certes moins ébouriffante que dans Bullhead, est toujours précise avec de lents mouvements de caméra, au service de ses acteurs magnifiques. Est également effectué un beau travail sur les décors naturels de Brooklyn et la lumière où la pénombre menace d’engloutir les personnages.

Tom Hardy interprète avec une économie de moyens épatante un  anti-héros taiseux plein de surprises face aux excellents Noomi Rapace en écorchée vive attachante, Matthias Shoenaerts en petite frappe inquiétante et le regretté James Gandolfini en malfrat fatigué à la dérive.




Michaël R. Roskäm, en s’entourant de gens de qualité au scénario comme devant la caméra, a réussi son premier film américain, ce Quand vient la nuit fort et attachant .

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Test blu-ray

L’édition hd propose un  piqué de haute volée. La belle photographie de Nicolas Karakatsanis (Bullhead) est à l’honneur, avec un beau rendu des noirs. Question acoustique, les deux pistes VF et VO DTS, sont très convaincantes avec une dynamique plus ample sur la version anglaise.

Technique

Cette édition bu-ray FPE ouvre la section suppléments avec le commentaire audio des passionnants Michael R. Roskam et Dennis Lehane.

4 scènes inédites sont aussi proposées avec commentaire, de bonnes scènes sur la vie quotidienne du barman interprété par Tom Hardy.

Puis 5 featurettes promo nous dévoilent les coulisses du film.

De la nouvelle au film (4′)  : le romancier Dennis Lehane a adapté une de ses nouvelles Animal rescue en scénario pour lequel il est « parti de l’idée d’un homme qui est incroyablement seul. Bob a pris la décision de s’isoler du reste de l’humanité, de se fermer aux sentiments, de ne jamais s’mpliquer dans le monde ». Pour l’auteur de Shutter Island il s’agit, dans The drop, de « se sauver de l’animal qu’on en soi ».

Le compact making-of (3′) évoque la nouvelle de Lehane, le casting, le décor de Brooklyn et le design.

Le choix de Brooklyn (4′) met l’accent sur le site principal du bar-dépôt et par extension les décors naturels de Brooklyn. Le réalisateur Michaël R. Roskäm déclare s’être inspiré de peintures de George Bellows, un peintre de Brooklyn.

Le chien Rocco (2′) est dédié au chiot (en fait trois chiens ont été utilisés sur le tournage), vecteur de transformation de Bob.

Enfin avec A propos de James Gandolfini (2′) est rend un hommage au grand James Gandolfini dont c’est un des derniers films.

 


Fabien Brajon

 


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