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Quand La Terre S’Entrouvrira : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
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Pays:
 
Titre Original: Crack In The World
 
Durée: 96 minutes
 
Date de sortie: 1965 19 février 2019
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 27 mars 2019 by

 
Full Article
 
 
Le savant Stephan Sorensin espère atteindre le centre de la Terre pour y trouver une nouvelle source d’énergie. Ne pouvant percer la crôute qui entoure le noyau central, il projette d’utiliser une bombe atomique. Hélàs, le plan ne déroule pas comme prévu car l’explosion crée une important fissure… Cet évènement incontrôlé pourrait bien séparer la terre en deux morceaux !

 
L’avis de Quentin :

L’éditeur ESC commence son année avec confiance et ambition. Il nous propose plusieurs sorties recoupant de nombreux univers cinématographiques. Il revient aujourd’hui pour enrichir sa collection Hollywood Classics avec le rare et attendu : Quand La Terre S’Entrouvrira de Andrew Marton. Pour rappel, Marton est un prolifique réalisateur américain connu pour Les Mines du Roi Salomon. Cependant il a surtout marqué l’histoire d’Hollywood en tant qu’assistant réalisateur sur les mythiques Ben-Hur, Cléopatre et La Chute de L’Empire Romain.

Avec Quand La Terre S’entrouvrira, nous nous approchons d’un des rares film du cinéma catastrophe des années 60, un film né au cœur d’un genre en pleine transformation. .

Quand La Terre S’entrouvrira est  un film prisonnier entre deux époques entre le classicisme de Les Derniers Jours De Pompeï et le modernisme de L’aventure du Poséidon.

Notre critique se divisera en deux temps :

I) La critique du film

II) L’analyse des caractéristique techniques du Blu-ray.

 

I) La critique de Quand La Terre S’entrouvrira.

Quand La Terre S’entrouvrira, fait parti de la catégorie des films qui se bonifient avec l’âge. Là où à sa sortie il pouvait être qualifié de film mineur, de simple divertissement, il devient aujourd’hui un témoignage cinématographique. Une oeuvre permettant de jeter un regard sur la transformation du cinéma catastrophe au cours de ces dernières années. Cette production à petit budget, 875 000 dollars, est devenue de nos jours une véritable réussite. Elle entre dans la famille du cinéma d’exploitation connaissant une seconde jeunesse.

Le long-métrage peut alors se lire de deux manières comme une oeuvre de divertissement ou bien comme un film catastrophe politique.

Dans sa lecture première, le long-métrage est un divertissement honnête assurant les bases de ce cinéma cataclysmique que l’on connait désormais si bien. Le film se découpe en deux parties. Une première partie où les enjeux de la catastrophe à venir sont mis en avant et où les protagonistes prennent conscience du désastre à venir. La seconde partie, quant à elle, certainement la plus palpitante et divertissante, durant laquelle nous suivons nos héros tentant d’échapper à la fin du monde.

Cette seconde partie du film est certainement la plus ambitieuse et cela grâce aux effets spéciaux d’Eugène Lourié. Ces derniers sont réalisés sur des maquettes donnant aujourd’hui une touche nostalgique au cinéma d’époque, rappelant immédiatement les grands jours de Ray Harryhausen (Sinbad). Ainsi l’esthétique du film prend un virage radical et nous fait découvrir avec une touche d’onirisme des paysages apocalyptiques baignés dans des lumières vertes et rouges. Nous nous retrouvons totalement immergés dans cette catastrophe qui brille désormais par sa mise en scène.

Nous y retrouvons tout ce qui fait le charme du cinéma d’exploitation de science-fiction avec de multiples explications scientifiques qui mises bout à bout ne riment strictement à rien. Un plaisir coupable qui ira jusqu’à proposer d’envoyer une seconde bombe nucléaire pour contrer les effets de la première, en vous laissant bien sûr chercher le paradoxe de cette démarche.

Dans sa seconde lecture, sous ses airs de film catastrophe ordinaire, il montre une société en pleine mutation. Nous sommes en 1965, la guerre s’est terminée il y a désormais 20 ans et nous pouvons aborder les concepts d’arme nucléaire avec une plus grande facilité. L’oeuvre nous propose aussi de voir arriver l’émancipation de la femme dans cette atmosphère annonciatrice de 1968. Le film abordant quelques thématiques pouvant aujourd’hui faire rire mais qui en étant contextualisées nous plonge entièrement dans l’évolution des mœurs au travers de ce triangle amoureux.

Une relation à trois permet de mettre en avant la dualité du monde scientifique. Nous suivons d’un côté une héroïne mariée à un scientifique, d’un certain âge, prêt à tout sacrifier au nom de la renommée et son ancien amant, jeune chercheur préférant le respect de la discipline scientifique.  Nous sommes face à cette réflexion bipartite mettant en avant la question de l’intégrité morale dans la recherche scientifique.

Le docteur Stevenson, mari de l’héroïne, représente également l’Amérique des années 60 et sa course à la découverte face à l’URSS. Il veut être le premier à mettre le doigt sur le magma que renferme notre chère planète bleue. Le premier à faire cette découverte majeure, faisant prendre la tête aux USA face au bloc soviétique.

Enfin le film nous parle plus globalement de la faille qui sépare la Terre en deux parties distinctes : le bloc de l’Est et le bloc de l’Ouest. Une division qui pourrait un jour mener à une guerre atomique poussant à réduire en poussière notre planète.

Le long-métrage de Marton parvient à apporter tout ce sous-texte en n’abordant pas une seule fois le situation de la guerre froide et il s’agit d’un de ses points forts, laissant les spectateurs choisir leur propre analyse du film.

De plus , la bande sonore du film, à la fois dramatique et mystérieuse, composée par Johnny Douglas (Le Cirque De La Peur), nous projette au cœur des péripéties que nous propose Andrew Marton.





Quand La Terre S’entrouvrira, à la rencontre des genres entre science-fiction, catastrophe et aventure, est une véritable surprise. Une oeuvre oubliée qui aura su définir les bases du cinéma catastrophe moderne et actuel. Le film d’Andrew Marton est une curiosité à laquelle il ne faut plus se dérober. Un long-métrage qui aura su s’affiner au cours des décennies.

II) L’analyse des caractéristiques techniques du Blu-ray.

Image :

Le master HD, proposé par ESC, est plus que méritant, on peut se réjouir de trouver une si petite production sur un tel format, permettant de découvrir cette oeuvre oubliée et la faire passer à la postérité.

Le traitement de l’image se veut un peu flou sur les toutes premières séquences du film, ce qui s’améliorera tout au long du spectacle afin d’atteindre de très belles images, dont la scène d’exploration d’un volcan. De plus, la restauration sur les matières (magma, roche) est flambante, les détails  ainsi que la colorimétrie  sont de très bonne facture.

Une forte présence de grain est présente en début de film qui s’estompe au cours du visionnage. Quelques poussières et griffures sont visibles sur les premières séquences mais rien de bien alarmant.

Esc nous fournit une première sortie HD du film de Marton que nous ne pouvons que saluer et qui saura ravir les fans du genre.

Note Image : 3,5/5

Son :

Le film nous est proposé selon deux formats : une piste française Mono 2.0 Dts HD master audio et une piste anglaise Mono 2.0 Dts HD master audio.

La piste anglaise est comme à son habitude supérieure à la version française permettant une bien meilleure immersion dans l’atmosphère du film. Un master audio qui se veut bien plus percutant et enivrant dans sa langue d’origine.

Néanmoins, la piste française bénéficie d’un très bon doublage, comme nous savions encore en proposer au cours des années 60/70. Cependant la sonorisation se tourne beaucoup trop vers les voix faisant alors perdre toute l’ambiance que l’oeuvre souhaite nous communiquer.

Note Son : 4/5

Suppléments :

ESC nous propose en supplément, une présentation palpitante du film par Christophe Lemaire, journaliste spécialisé en cinéma de genre. Il reviendra durant 25 minutes sur le cinéma SF des années 60 puis présentera l’équipe du film autour du réalisateur, de ses comédiens et chose importante du responsable des effets spéciaux Eugène Lourié également connu pour son travail de décorateur dans les films de Jean Renoir (La Bête Humaine, Madame Bovary).

Tout d’abord ce documentaire intéressera les cinéphiles avares en découverte suite au visionnage du film de Marton. Lemaire resitue l’oeuvre de l’américain au cœur de son époque et de son genre. Il nous rappellera ce qui avait été fait avant Quand La Terre S’entrouvrira en matière de science-fiction mais reviendra également sur le rôle novateur de ce dernier sur le futur du cinéma catastrophe.

Il travaillera ensuite sur les carrières d’Andrew Marton et Eugène Lorié afin d’expliquer l’importance qu’aura Lourié dans la réalisation du film. Un aspect très intéressant pour saisir l’ambiance et le rendu final de l’oeuvre.

Puis le critique dressera le portrait de Dana Andrews, acteur hollywoodien, explorant sa carrière et son histoire. Ce point sera certainement le moins alléchant de ce bonus.

Un entretien d’une grande valeur pour faire perdurer un savoir sur un cinéma désormais de patrimoine.


Quentin Tarantino

 


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