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Psychomagie : Un Art Pour Guérir

 
 
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Durée: 104 minutes
 
Date de sortie: 2 octobre 2019
 
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Posted 12 octobre 2019 by

 
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Synopsis : Si chacun d’entre nous a un héritage génétique, il possède aussi un héritage psychologique qui se transmet de génération en génération. Alejandro Jodorowsky, cinéaste et artiste multidisciplinaire convaincu que l’art n’a de sens profond que s’il guérit et libère les consciences, a créé la Psychomagie. Au moyen d’actes théâtraux et poétiques s’adressant directement à l’inconscient, cette thérapie permet de libérer des blocages. Psychomagie, un art pour guérir est l’expérience artistique la plus complète sur l’évolution de l’oeuvre créative et thérapeutique d’Alejandro Jodorowsky.

 

L’avis de Quentin :

Alejandro Jorodorowsky, artiste protéiforme accompli, que cela soit en tant que réalisateur, écrivain de romans ou bandes dessinées, auteur de multiples pièces de théâtre, expert en Tarot mais également créateur de la Psychomagie, l’artiste originaire de Tocopilla ne cesse de surprendre et d’emmener à chaque apparition son oeuvre vers un mysticisme solaire, libérateur. Avec son documentaire, Psychomagie : Un Art Pour Guérir, il revient sur une méthode de guérison qu’il a fondé au cours des dernières décennies. Pour cela il entre par les portes de la psychanalyse mais également de la « tarologie ».

Manuel De Psychomagie, paru en 2009, présentait le concept de Psychomagie à un large public. Il se positionne face à Freud et la psychanalyse traditionnelle qui propose de soigner par la parole, permettant à l’inconscient de s’exprimer pour se libérer des chaînes du passé. Jodorowsky avec son concept fait la proposition de guérir par les actes, par l’art. Il souhaite de cette manière faire que le consultant devienne son propre guérisseur.




De la sorte, le réalisateur souligne la nécessité d’accéder à l’inconscient mais également aux images de nous-mêmes que nous conservons dans notre mémoire. L’objectif étant de recréer nos points de vues d’enfants, laissées telles des cicatrices ouvertes pour les réinterpréter à travers un regard adulte. De cette manière, l’expérience de guérison par l’acte, l’art, permettrait au sujet expérimentant de se libérer des fissures du passé pour parvenir à pleinement vivre dans le présent, de manière libre, complète.

Au cours du documentaire, Jodorowsky nous montre une vingtaine de portraits qui par le biais d’actes psychomagiques sont parvenus à dépasser leurs handicaps, leurs faiblesses, leurs fragilités. Il met en image différents cas contés dans son Manuel De Psychomagie. On pourra découvrir l’amorce de  guérison de personnes souffrants de bégaiement, de l’ombre du père, de dévalorisation sexuelle, de la mort d’un conjoint, de l’absence d’amour d’une mère, du rejet de son propre corps, de la volonté de suicide ou encore d’être ordinaire, semblable au reste de l’humanité.

L’oeuvre nous présente comment Jodorowsky accepte de prendre en charge ces personnes souffrantes, ainsi que la manière dont il établit de façon personnalisée un acte de Psychomagie. Des tranches de vie, des portraits de guérisons fascinants qui au delà de faire état de la réussite du procédé créé par l’artiste chilien, libère le spectateur, laissant l’imaginaire s’émanciper. Il réussit pleinement à faire ressentir sa volonté d’être un porte-parole anti-surréaliste, suivant la marche inverse de celle de Dali en tant qu’artiste. Il a la volonté de faire que la réalité embrasse le monde des rêves et non le contraire.

Pour organiser son documentaire, le cinéaste a recourt à un montage simple alternant portraits d’expérimentation, et scènes de ses films où la Psychomagie est présente comme force sous-textuelle. On prend un vrai plaisir de découvrir en parallèle la guérison d’individus malades avec des scènes de films tirées de Fandor Y Lis, La Danza De La Realidad ou encore Poesia Sin Fin. Un ensemble porté par la  musique cristalline, mélancolique et pourtant pleine d’espoir d’Adan Jodorowsky. On pense tout particulièrement à la scène introductive portée par le morceau Aquilles.

Néanmoins, on regrettera sur quelques portraits finaux, de trop en faire et donner l’impression de se retrouver face à un catalogue, une publicité trop insistante, retirant l’aspect rêveur d’une oeuvre qui baignait jusque là dans un onirisme éblouissant.

Au-delà de nous proposer une présentation du concept de Psychomagie, Jodorowsky parvient une fois de plus à charmer, émouvoir, faire vibrer l’âme humaine avec une recette dont il est le seul à connaître les ingrédients. Un documentaire poétique qui apaise, soigne, sensibilise et donne comme rarement espoir en l’humain et son caractère sacré. En sortant de la salle, il ne nous reste plus qu’à rêver, se libérer par les actes, l’art, pour se permettre de vivre libre.


Quentin Tarantino

 


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