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Pokémon : Détective Pikachu

 
 
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Durée: 105 minutes
 
Date de sortie: 8 mai 2019
 
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Posted 11 mai 2019 by

 
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Après la disparition mystérieuse de Harry Goodman, un détective privé, son fils Tim va tenter de découvrir ce qui s’est passé.  Le détective Pikachu, ancien partenaire de Harry, participe alors à l’enquête : un super-détective adorable à la sagacité hilarante, qui en laisse plus d’un perplexe, dont lui-même. Constatant qu’ils sont particulièrement bien assortis, Tim et Pikachu unissent leurs forces dans une aventure palpitante pour résoudre cet insondable mystère.

 

L’avis de Quentin :

Pokémon…bien plus qu’une licence, qu’une marque, qu’une institution, tout simplement une légende par les temps qui courent. Une légende qui parcourt le monde désormais depuis plus vingt ans et plusieurs générations. De nombreuses licences ont essayé de rivaliser avec cette dernière mais en vain que cela soit Digimon ou encore Yu-Gi-Oh, il est quasiment impossible de faire faiblir le colosse nippon.

Ce dernier s’est décliné en jeux vidéos, en dessin animé, en cartes et en pléthore d’objets dérivés. La force de ces monstres de poche reste l’intarissable imagination de leurs créateurs à nous proposer de nouveaux mondes ainsi que de nouvelles créatures tous les deux à trois ans. Ainsi en mêlant les anciennes générations aux nouvelles, The Pokemon Company a trouvé le moyen d’unir deux décennies de fans.

Aujourd’hui, la légende passe à la vitesse supérieure en proposant son tout premier film. Ils avaient par le passé proposé des sorties cinémas pour des films en dessin animé mais jamais encore pour une production mêlant acteurs et images de synthèse. Pour le scénario, l’équipe du film a jeté son dévolu autour du jeu vidéo Pokémon : Détective Pikachu.

Pour cela, l’entreprise nippone ne se tourne pas vers l’industrie cinématographique japonaise. Elle va chercher son équipe du côté d’Hollywood. Elle déniche le réalisateur populaire et familial Rob Letterman (Chair De Poule, Les Voyages De Gulliver, Gang de Requins). Ce dernier s’entoure d’un casting assez jeune qui réussit son affaire. On se retrouve très vite à accepter ce nouveau monde et ses problématiques. Néanmoins, le réalisateur américain n’oublie pas de s’armer de deux têtes d’affiche avec Bill Nighy (Shaun Of The Dead, Love Actually) et Ryan Reynolds (Deadpool, The Voices). Ce choix autour de Reynolds se justifie de par la popularité qu’a connu Rocket Racoon (Les Gardiens De La Galaxie) avec la voix de Bradley Cooper. Les grands studios jouent sur des voix connues du grand public et qui ont toute notre affection.

Le difficile pari d’adapter Pokémon sur grand écran est loin d’être raté. Tout a été pensé pour qu’au bout de quelques minutes le spectateur oublie l’apparence fantaisiste et invraisemblable de l’univers proposé. On se prend à sourire devant l’inattendu, on se sent un peu mal à l’aise devant cette proposition. Cependant dès la scène d’accroche avec Osselait le malaise se dissipe pour prendre le public à contre pied, portant l’univers sérieux de nos créatures préférées vers une sphère dramatique et souvent humoristique réussie.

Le film en cela parvient à toucher un public assez large. Tout le monde parviendra à y trouver son compte, de la plus jeune génération jusqu’à la plus âgée. Pokémon est en soit pour les 7  à 77 ans comme le titrait il y a quelques décennies le journal de Tintin. Le long-métrage saura satisfaire les aficionados comme les néophytes. Dès la première scène, les clins d’œil au premier film au format dessin animé de 1999 ne cessent de fuser.




Le réalisateur américain a fait le choix difficile mais totalement censé de proposer une image granuleuse, en pleine époque du cinéma ultra-lisse et détaillé que nous proposent les studios depuis une dizaine d’années. Cette image pleine de grain renforce à la fois la nostalgie que peuvent ressentir la première génération de joueurs mais également appuyer le réalisme de l’univers donné. Ainsi la proposition en devient que plus pertinente et crédible. Une vraie réussite visuelle, la contrainte du grain servant à merveille le défi technique réalisé. On s’y croirait !

Le film se situe à mi-chemin entre fantastique et film policier. Effectivement, le fil rouge de l’intrigue repose sur un Pikachu parvenant à communiquer avec son acolyte humain mais surtout parvenant à mener des raisonnements de détective, afin de retrouver son maître disparu mais aussi sauver l’humanité et les pokémons.

Sur ces quelques lignes, le film va réussir à adapter l’univers de nos créatures de poche à notre époque. Il va proposer de revenir sur la notion de combats entre pokémons. Ces derniers étaient légions dans la licence nippone. Cependant, l’exploitation animale à des fins ultra-violentes n’est plus du tout possible de nos jours. A l’heure où sonnent les dernières corridas, l’interdiction des combats de coq ou tout type d’affrontements entre animaux, comment pourrions nous accepter, pour le plus jeune public, tout comme le reste de l’auditoire,  de proposer de tels concepts? Sur cet aspect Pokémon : Détective Pikachu ne cesse d’engranger des points proposant une ville où les pokémons vivent en harmonie avec l’homme en dehors de leurs pokéballs, sans aucune obligation d’affrontement. De plus, le film reste lucide sur ce monde loin des combats pokémons, en abordant l’existence des combats clandestins. Tout comme dans notre monde le combat de chiens est interdit, cependant leur existence est bien réelle… Cette manière de faire cohabiter les pokémons au plus près de notre monde, de nos problématiques, réussit grandement au film de Letterman. Néanmoins nous sommes encore loin de la parfaite liberté des pokémons, ces derniers n’existant que pour servir ou épauler les êtres humains. Ils restent des compagnons domestiques avant tout et cela est bien dommage.

On regrette alors le fait que le réalisateur américain n’ait pas plus joué sur le concept des pokémons sauvages ou aller encore plus loin en soulignant leur volonté de retour à l’état sauvage.

Le long-métrage propose un rythme haletant qui ne laisse  pas un instant au spectateur pour souffler. L’oeuvre se présente comme un clin d’oeil à une décennie de blockbusters chargée, arrivant tout juste à son terme. On se retrouvera à mi chemin du film catastrophe 2012 de Roland Emmerich sur certaines scènes ainsi qu’à mi-chemin du cinéma de super-héros, avec tous ces pokémons plein de super-pouvoirs. Et comment ne pas penser au Spider-man 2 de Sam Raimi lors de la scène finale sur les immenses ballons de défilés. Le film ne cessera pas d’enchaîner les références à la pop culture, allant jusqu’à chatouiller Alien de Ridley Scott.

Cependant malgré les nombreux efforts du film, et certainement la meilleure réalisation de Letterman, Pokémon : Détective Pikachu manque d’enjeux, de problématiques réelles pour que le spectateur ne décroche du film. L’intrigue y est quasi inexistante jusqu’aux dernières trente minutes. Nous aurions voulu une véritable enquête pour un film portant le nom de détective dans son titre.

Pokémon : Détective Pikachu est un film ambitieux, avare en défis mais qui à force de trop en proposer et de se cantonner au fan-service en oubli son noyau : l’histoire. Une des plus grandes réussites en matière d’adaptation de jeux vidéos qui aurait été magnifiée par un scénario plus solide. En l’attente d’une suite, qui saura certainement relever le défi.


Quentin Tarantino

 


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