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Parasite

 
 
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Titre Original: Gisaengchung
 
Durée: 132 min
 
Date de sortie: 05/06/2019
 
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Posted 25 juin 2019 by

 
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Toute la famille de Ki-taek est au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. Un jour, leur fils réussit à se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez les Park. C’est le début d’un engrenage incontrôlable, dont personne ne sortira véritablement indemne…

Film présenté en compétition au Festival de Cannes 2019

L’avis de Fabien (chronique cannoise)

Après avoir travaillé à l’international pendant plusieurs années (Snowpiercer en 2013 et Okja en 2017) Bong Joon-Ho est revenu en Corée du Sud pour Parasite, éclatante réussite où le réalisateur s’empare d’un genre pour parler de l’âme humaine et de son pays, comme il l’avait fait dans ses chefs d’oeuvres Memories of murder (2003) et The Host (2007).

Férocement drôle, Parasite étale les stratagèmes d’une famille d’arnaqueurs pour se faire embaucher et s’immiscer un par un dans une famille bourgeoise. Le ton farcesque, burlesque (entre autres une hilarante scène de cache cache improvisée) est celui d’une comédie sociale et politique, avec choc des classes sociales. Les pauvres vivent dans un appartement délabré en sous sol et les riches dans leur maison high-tech dans une zone sécurisée, une demeure d’architecte filmée avec une précision de grand maître comme un idéal de vie mais aussi une prison de verre (les derniers plans sont d’une douloureuse beauté).

Les ingrédients du home invasion et du film d’horreur avec sous-sol inquiétant, des petites touches dramatiques (le père de la famille Ki-taek, incontournable Song Kang-Ho, a de plus en plus de mal à encaisser les remarques condescendantes de son patron sur cet odeur étrange dégagée par les pauvres), se succèdent : on présume que tout cela va mal finir, en règlement de compte.

La mise en scène brillante de Bong Joon-Ho est au service d’une histoire forte, très bien interprétée notamment par le génial Song Kang-Ho; la présence de Parasite au palmarès ne serait que justice.

L’avis de Manu

Nous avions découvert Bong Joon-ho avec Barking Dog, suivi du cultissime Memories of Murder, The Host, Mother, Snowpiercer, Okja…bref un chef d’œuvre (sinon une belle réussite) par réalisation.

Cette consécration cannoise autour de Parasite n’est que justifiée, tant l’ensemble du travail du metteur en scène se retrouve concentré en une seule œuvre. Bong Joon-ho mêle avec une habileté confondante fond et forme, satire sociale, politique interne et externe (métaphores internationales), discours humaniste, le tout dans un semi huis clos ; on touche donc au chef d’œuvre où quand le 7ème art tutoie le génie et inscrit encore plus le sens brut de tout art, faire réfléchir et émouvoir en même temps. Difficile de parler plus en détails de manière formelle du film, tant il dévoile une mécanique imparable au fur et à mesure, dans sa narration comme dans la beauté de son montage, et de sa mise en scène. Peu de cinéastes arrivent à ce genre d’exercice, si Bong Joon-ho affirme ici encore plus son amour pour le cinéma de Chabrol et Hitchcock, on retrouve dans sa grammaire personnelle toute la qualité nécessaire de grands cinéastes, comme David Fincher peut l’être.

Parasite n’est pas seulement le film du moment mais le long-métrage à voir comme le film étendard qui réunit un public divers et varié, cinéphile, comme spectateurs qui recherchent un divertissement (bien malin qui devinera la fin). Bong Joon-ho était déjà un grand cinéaste, il l’affiche maintenant de manière plus marquée et internationale (on retrouvera sans doute le film aux Oscar du meilleur film étranger).

Evitant toute forme de prétention dans son propos cet opéra cinématographique au travail très fourni (image, montage, son, narration) pourrait être un cas d’école, tant dans un seul film se trouve réuni le travail d’orfèvre de genres divers réunis en de multiples propos. L’attente était grande et dépasse nos attentes (Okja son précédent film était en-dessous de ses autres réalisations), Parasite est le plus beau film de sa jeune carrière autant dans son résultat que dans la faculté du réalisateur à diffuser avec une pertinence folle un travail pluriel, équilibré et intense. Bluffant et touchant.


Fabien Brajon

 


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