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Night Call

 

 
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Titre Original: Nightcrawler
 
Durée: 117 min
 
Date de sortie: 26/11/2014
 
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Posted 1 décembre 2014 by

 
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Sans emploi, Lou Bloom vie de petits boulots plus ou moins légaux. Un soir, alors qu’il vient de se voir refuser un énième emploi, il assiste à l’arrivée d’une équipe de vidéastes « Freelance » sur les lieux d’un accident. Venus filmer en toute impudeur au plus près de l’action, ils revendent ensuite les images à prix d’or aux chaines de télévision locales.

Lou voit en ce « business » une opportunité de forcer le destin et réaliser enfin ses rêves, ne reculant devant rien pour y parvenir.

 

L’avis de Taz

Dans un Los Angeles nocturne grouillant de vie, Night call dépeint les relations entre un homme apparemment sans limites et une chaine locale comme il en existe beaucoup aux Etats-Unis, capitalisant sur la violence, la criminalité et l’insécurité pour booster ses audiences.

Dès les premières minutes, le décor est posé. Lou a un plan de vie bien précis, n’incluant certainement pas le chômage à long terme et on se doute déjà que ni la morale, ni les lois ne seront prises en ligne de compte pour y parvenir.

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C’est donc peu à peu un véritable cercle vicieux qui va se créé entre Nina Romina (Rene Russo, en finesse), directrice de rédaction n’hésitant pas à repousser toujours plus loin les limites de la décence pour avoir un scoop et gonfler son audimat, et cet homme qui semble filmer toutes ces horreurs avec la même froideur qu’il aurait en exerçant un tout autre métier, ne reculant donc devant rien pour atteindre ses objectifs pour peu que ses exigences soient satisfaites. On se délecte avec effroi de voir lentement monter la surenchère entre les deux protagonistes…




Jake Gyllenhaal (encore moins reconnaissable que dans Prisoners) interprète brillamment cet homme habité, d’une rigueur maladive, ne dérogeant jamais à aucune de ses règles.

La photographie un peu saturée donne une belle patine et la mise en scène reste sobre mais efficace.

On pourra tout de même émettre un bémol, et pas des moindres: la bande originale très décevante, bien que signée par James Newton Howard (compositeur attitré des Hunger Games). Pas vraiment en rythme avec le film, devenant même irritante par certains moments, on est bien loin de la musique enivrante de Kavinsky dans Drive (si l’on veut tenter de faire un parallèle avec l’esprit torturé de Lou), on ne parvient pas lier les éléments visuels et sonores. On lui aurait préféré le ronronnement du moteur de la Dodge Challenger SRT, incontestablement la plus belle actrice du film…

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 L’avis de Manuel Yvernault:

Plus qu’un mois avant la fin de l’année, et à l’heure de délivrer le top 10 annuel ; et ce depuis 5/6 ans (environ), le même bilan risque de tomber. Il devient assez simple de choisir une dizaine d’élus. Une claque par ci, une bonne impression par là et quelques surprises parsemées de temps en temps. Et parfois, une sortie de route.

Difficile d’imaginer que le scénariste de Real Steel, The Fall et même du B movie Freejack, pouvait réaliser une œuvre aussi cynique. Dan Gilroy nous ramène presque 30 ans en arrière, à la fin des années 70, quand des cinéastes comme Paul Schrader (Rolling Thunder), Martin Scorcese (Taxi Driver) et Sydney Lumet s’invitaient comme étendard de la Nouvelle Vague US. Là où le cinéma portait dans ses entrailles les maux d’une société, tout en livrant une œuvre esthétique et parfois glaçante de vérité. Certes, les studios tiennent encore bien les rênes mais certaines échappées, comme celle-ci, sont bienvenues.

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Nightcrawler (qu’on préférera au titre VF) ose jusqu’à la satire et la caricature pour dénoncer avec une certaine audace, le système médiatique et l’importance de l’ image aujourd’hui. Sur le fond, c’est presque un sans faute d’écriture et de mise en scène. On aime particulièrement le rythme que Gilroy impose au spectateur, jouant habilement des ellipses (grâce à des dialogues précis et très bien écrits, une histoire habile), un sens du cadre et de la mise en scène qu’on voit rarement dans un premier film. Il a su également bien s’entourer, puisque le directeur photo de Paul Thomas Anderson, Robert Elswitt (Inherent Vice, There Will Be Blood…) est de la partie et détour chaque plan d’une photo sublime, quand la composition sonore (et personnage invisible et nécessaire du film) est orchestrée par James Newton Howard (The Dark Knight).

Mais Nightcrawler n’aurait pas cet impact sans un Jake Gyllenhaal de tous les instants. A se demander maintenant qui pourrait le faire descendre dans son postulat de comédien majeur. Depuis Zodiac très peu de mauvais films et encore moins de mauvaises compositions. Cet acteur sait tout jouer ; des personnages extrêmes et évite à chaque fois la caricature. On sent presque le potentiel d’un Daniel Day-Lewis en devenir. Il est tour à tour mystérieux, cynique, violent, joue d’une folie contrôlée et même parfois drôle. Un grand numéro de comédien dans un rodéo d’émotions diverses.

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Dans une ambiance angoissante à souhait, Dan Gilroy délivre avec cynisme, une lecture objective, même si caricaturée, d’une société où l’image (toujours «traffic-quée») est reine. Polar/thriller urbain borderline et amoral, porté par un Jake Gyllenhaal fascinant qui à l’aube de ses 33 ans est définitivement très prometteur (on l’espère !). «Nightcrawler», où comment le triumvirat metteur en scène-scénario-acteur délivre un cinéma au goût métallique des meilleurs films des années 70.

 


Taz

 


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