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Morse

 

 
Overview
 

Genre:
 
Titre Original: Let the right one in
 
Durée: 114
 
Realisateur: Tomas Alfredson
 
Acteur: Kåre Hedebrant,Lina Leandersson,
 
Pays: Suède
 
Note
 
 
 
 
 


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2
Posted 12 novembre 2008 by

 
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Oskar est un adolescent fragile et marginal, vivant seul avec sa mère.
Régulièrement martyrisé par les garçons de sa classe, il trompe sa détresse en se réfugiant au fond de la cour enneigée de son immeuble, et imagine des scènes de vengeance.
Quand Eli, une jeune fille de son âge, s’installe avec son père sur le même pallier que lui, Oskar trouve enfin quelqu’un avec qui se lier d’amitié. Ne sortant que la nuit, et en t-shirt malgré le froid glacial, elle ne manque pas de l’intriguer… et son arrivée dans cette banlieue de Stockholm coïncide avec une série de morts sanglantes et de disparitions mystérieuses.
Il n’en faut pas plus à Oskar pour comprendre ce qu’elle est vraiment… Leur complicité n’en pâtira pas, au contraire.
 
Avis de Stéphane :
 
Nous avions pu voir ce film pendant le festival de Neuchâtel en Suisse. Nous revenons sur ce long métrage afin de vous donner un avis plus complet car il sera distribué en France par Chrysalis films et sortira dans nos salles obscures en février 2009. Le film avait reçu le Méliès d’or du meilleur long métrage fantastique européen.

Let the right one in (Morse en Français) est un film de vampire tiré du roman éponyme de  l’écrivain suédois John Ajvide Lindqvist. Alors que nous aurions pu craindre un énième long métrage classique sur le sujet, il en est tout autre. 
Nous sommes transportés très vite dans cette Suède des années 80 pour rencontrer le jeune Oskar. Celui-ci est le souffre-douleur de ses camarades de classe qui n’hésitent pas à le harceler. Comme de nombreux adolescents de son âge (12 ans), cette situation le rend solitaire et étrange. Il rêve de se venger sans pour autant oser le faire. Il n’en a point le courage et préfère ainsi vivre dans son monde d’isolement. Pourtant sa nouvelle voisine va intervenir …

 

 
Et c’est là que le film prend toute son essence. Dès les premiers mots échangés, ces deux êtres solitaires se rapprochent sans le savoir car d’une certaine manière, ils sont semblables. Le réalisateur réussit ainsi à bouleverser ce qui aurait dû n’être qu’un simple film de vampire pour le remplacer par un film d’amour entre deux « âmes » esseulées qui ne peuvent avoir d’avenir qu’en étant ensemble. En effet la « force » et l’amour de l’un et l’autre, tout en étant complètement différents, deviennent le sujet du film.
On parle souvent de l’amour qui transcende les « frontières ». Ce film en est le digne représentant.
Tel Francis Ford Coppola dans Dracula, le réalisateur amenuise l’horreur qui devient secondaire tout en conservant les règles primordiales sur les vampires.
 

 
Alors que d’habitude, le spectateur se trouve du côté de la victime, ici, c’est le contraire. On souhaite qu’Eli réussisse à se nourrir quelque soit les conséquences pour ses proies. Nous avons en effet pitié de cette jeune adolescente et nous pardonnons ainsi tous les massacres car elle ne chasse pas par envie, ni pour le plaisir de tuer mais uniquement pas nécessité  afin de  survivre (il suffit d’entendre les grognements de son ventre dans plusieurs scènes). Tel son père (mais est ce vraiment son géniteur ?) dans le film, on ne veut pas la mort d’autrui. Mais afin de faire « vivre » cette fille, il faut faire des sacrifices. Cette abnégation de soi est superbement montrée dans la scène de  l’hôpital avec le père. Voici deux citations qui permettent de comprendre ce sentiment :
« S’il y a un amour pur et exempt du mélange de nos autres passions, c’est celui qui est caché au fond du coeur, et que nous ignorons nous-mêmes. »  Citation du Duc de La Rochefoucauld
« Toutes nos tendances sont altruistes. Le désir nous détacherait plutôt de nous-même par l’attachement qu’il nous inspire pour l’objet de notre amour. » Citation de Maurice Pradines

Pour en revenir à nos protagonistes principaux, ils commencent par se lier d’amitié progressivement (on est bien loin de la série de roman Le Petit Vampire de l’allemande Angela Sommer-Bodenburg par exemple). Perdus tous les deux dans un monde cruel, ils ont besoin l’un de l’autre. Ils établissent même un  code secret comme le morse afin de pouvoir garder contact à travers le mur car ils ont bien des difficultés à être loin de l’autre. Ce lien  qui les unit devient progressivement de l’amour. Lorsque celui-ci se fait sentir d’ailleurs, Eli pose des questions à Oskar afin d’être sure des sentiments de ce dernier.
Mais toute cette évolution passe par le garçon qui « mûrit » trop vite … Plus il prendra confiance en lui grâce aux conseils d’Eli, plus leur relation deviendra plus forte. Mais est ce que l’amour peut faire oublier certaines frontières ? C’est encore une fois tout l’enjeu du film qui parle d’autre chose que l’amour charnel.
Lorsqu’il découvrira la véritable nature de son amie, il se permettra même de « jouer » avec elle en lui demandant de rentrer sans l’y avoir invitée.
Le « héro » comprendra ce qui est le plus important dans sa vie au cours d’un regard profond après la scène de la piscine. Sans un mot, cette séquence suffit à elle-même pour exprimer encore une fois l’amour avec un grand A.

 

 
Un petit mot tout de même sur les deux acteurs. Que ce soit dans son regard ou dans ses gestes, Kåre Hedebrant réussit vraiment à transmettre ce sentiment d’enfant seul et de souffre- douleur. Quant à Lina Leandersson, c’est avec brio qu’elle porte sur son visage, les années de solitude de Eli tout en arrivant parfaitement à jouer cette tristesse (et à nous la faire ressentir !)  qui ressort de son personnage …

Tomas Alfredson arrive à créer un univers incroyable. Il parvient à nous y intégrer avec une telle réussite que les deux heures du film se déroulent sans que le spectateur ne s’en rende compte. Cette histoire d’amitié et d’amour est ainsi transcendée. Attention tout de même Morse n’est pas un film d’horreur. C’est une histoire d’amour avec des éléments horrifiques. La nuance peut paraître petite mais en fait elle est énorme !!!

Peu de films parviennent à nous toucher, pourtant Morse arrive à nous émouvoir, nous ébranler et enfin à nous transpercer le cœur. Rares sont les fois où je qualifierais un film de chef d’œuvre mais là on est en plein dedans. Il doit y avoir dix films au maximum que j’ai pu classer dans cette catégorie. Let the right one in (Morse) en fait parti maintenant et il sera LE FILM à voir en ce début d’année 2009.


zast

 


2 Comments


  1.  
    alex

    Juste pour rapeller que cet excellent film a obtenu le « Mélies d’Or » du meilleur film fantastique européen (voir news de Wolverine il y a peu…)




  2.  
    Anonyme

    Tout simplement époustouflant. Ce film alterne habilement les passages violents en sanglants avec des passages poétique et des scènes d’amour d’une intensité incroyable. Et pourtant, le tout n’est pas du tout théâtral ou exagéré, mais porté par les regards et les gestes d’acteurs grandioses et pourtant si jeunes. Impossible de rester de marbre face à cette ambiance, cet univers et cette histoire merveilleuse, si ce n’est en ayant un coeur de pierre. Un film dont on ne revient pas le même.
    Jusqu’à ce jour, 3 films m’ont fait un effet tel que j’y pense chaque jour depuis l’avoir visionné, j’écoute en boucle les musiques, que j’ai envie que tout celà soit réel. Le premier était Amer Beton (Tekkon Kinkreet, en japonais) un manga fouillé et symbolique sur l’amour fraternel. Puis le manga Elfen Lied, en 12 épisodes. Le troisième, c’est ce chef d’oeuvre qu’est Let The Right One In.
    A ne pas manquer!





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