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Mission: Impossible – Fallout

 
 
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Durée: 148 min
 
Date de sortie: 01/08/2018
 
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Posted 13 juillet 2018 by

 
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Les meilleures intentions finissent souvent par se retourner contre vous… 
Dans MISSION : IMPOSSIBLE – FALLOUT, Ethan Hunt accompagné de son équipe de l’IMF – Impossible Mission Force et de quelques fidèles alliées sont lancés dans une course contre la montre, suite au terrible échec d’une mission.

L’avis de Fabien

Inédit dans la franchise Mission Impossible, un réalisateur, Christopher McQuarrie, rempile pour un nouvel opus et le scénario est dans la continuité directe du précédent, l’excellent Rogue nation. Alors que vaut ce Fall out signé par le scénariste/réalisateur oscarisé qui aura emmené la saga encore plus loin par son écriture fine des personnages et son orchestration virtuose des scènes d’action au coeur d’une impeccable intrigue d’espionnage renvoyant au film noir et au cinéma d’Hitchock ?

Mission: Impossible – Fallout s’annonce dès sa première scène plus sombre, grave que les précédents : il est question de cataclysme, d’anéantissement personnel, mondial. Comme son titre le suggère, ce nouvel chapitre travaille le motif de la chute (halo jump, building, falaise) pour faire apparaître le message suivant : être audacieux, sauter, tomber, se relever, toujours; il met les personnages face à leurs responsabilités, d’assumer les conséquences de leurs actes. Le récit classique, routinier pour un Mission Impossible où manipulations, faux semblants, illusions sont au programme de cette nouvelle mission riche en  retournements de situation et sueurs froides, est parsemé de scènes d’action démentes comme le halo jump en plan séquence avant la partie parisienne, hallucinante : bagarre dans des toilettes publiques d’une violence incroyable, poursuite effrénée à moto avec rond point de l’Etoile à contre sens… Tom Cruise repousse toujours plus loin ses limites (à 56 ans) avec des cascades dingues comme cette fameuse scène du saut sur un immeuble où l’acteur s’est blessé à la cheville. Le climax au Cashmire avec une belle utilisation du montage alterné est également riche en cascades à l’ancienne, inventives, (quasiment) sans fonds vert, ridiculisant la concurrence comme la franchise bling bling Fast and Furious.

Les scènes d’action n’auraient pas autant d’impact si elles n’étaient pas pensées autour d’Ethan Hunt et ses collègues, ne racontaient pas une histoire d’équipe avec un arc narratif solide pour chacun. Si Hunt tirait la couverture à lui dans les quatre premiers épisodes l’arrivée de McQuarrie sur Rogue Nation a permis de faire exister une équipe, créer un collectif soudé où chaque membre apporte aux autres, à l’ensemble : Hunt a besoin des autres pour réussir. En outre on sent vraiment Hunt en danger, une sensation inédite dans la saga où l’espion n’a jamais autant souffert physiquement et sur le plan émotionnel, avec l’idée de sacrifice, de don de soi pour les autres, l’humanité, ses amis, sa famille. McQuarrie humanise ce personnage iconique et mythologique. Les membres de la team ont de belles scènes : Ving Rhames est émouvant comme jamais, Rebecca Ferguson campe un irrésistible alter ego féminin (les scènes d’opposition/attraction du duo Ilsa/Hunt sont très réussies), Simon Pegg est irrésistible en agent de terrain et Sean Harris est un méchant digne des meilleurs films d’espionnage… En outre, en dialoguant avec les épisodes précédents (Michelle Monaghan du chapitre 3, une scène d’escalade rappelant l’épisode 2, la moto qui ne démarre pas rappelle les foirages à répétition du 4…), ce Fall out a tout du film somme.

Des personnages bien écrits (un méchant réussi, une team attachante autour de Hunt qu’on avait jamais vu aussi expressif), des scènes d’action hallucinantes jamais vues (meilleure scène de halo jump ever, meilleure scène de baston dans des toilettes publiques ever, meilleure poursuite à moto en plein trafic urbain ever…), une noirceur et de l’émotion inédites, Fall out s’impose comme le sommet d’une franchise haut de gamme et indépassable dans le domaine action trépidante. Courez le voir en IMAX pour des sensations vertigineuses décuplées.

L’avis de Manu

28 ans au compteur entre le premier et dernier opus de cette franchise, portée par « ce petit jeune » de 56 ans en ce mois de juillet même.

Une trentaine d’année donc qui sépare 5 réalisateurs différents sur 6 films. 5 car Christopher McQuarrie qui avait déjà pris les rênes (et le scénario de Mission Impossible : Rogue Nation) revient aux manettes de cette franchise.

S’il avait déjà mis la barre très haute et livré un des meilleurs épisodes de la saga, il semblait difficile de mener beaucoup beaucoup plus haut l’entreprise (au mieux, faire de même). C’est pourtant chose faite.

Pour cela il a du faire des choix pas forcément radicaux, mais tenter de se réinventer. La recette ? Lâcher un peu de lest versant scénario (sans abandonner cette partie) et tout donner à la partie « blockbuster-en-action ». Sur cet aspect, tout à un peu été vu et fait, sinon faisable, donc, difficile de se surélever au-dessus de la meute estivale sans réflexion préalable.

C’est ici que Mc Quarrie trouve son essor en filmant dans le « dur », en prise de vues réelles le plus fréquemment possible, et en donnant à sa star la possibilité d’exécuter lui-même un maximum de cascades (la prise de celle où il s’est blessé durant le tournage a même été conservée dans le film), c’est à la fois bluffant et apporte une tension encore plus marquée. A la limite de déjouer les règles de la pesanteur, Christopher McQuarrie assume pleinement son parti pris et en joue. En dénote l’ensemble de la scène finale, et son montage qui frôle le 4ème mur, pour dire au spectateur qu’évidemment c’est ENORME mais c’est le jeu des codes du film d’action, et à défaut d’en détourner les règles, joue la surenchère visuelle, parfois bluffante, presque « cartoonesque » mais toujours sérieuse sur le fond. Ce penchant pour le réalisme apporte une claire et nette intention d’un cinéma plus « dur » là où l’impact des corps se confronte à la matière et non au numérique (même si…), une sorte de vérité de l’image et non du tout pixel. A ce titre, Tom Cruise rend hallucinante la majorité des cascades, tant le fait d’être peu doublé permet des plans de tous les instants. S’insuffle ensuite une sorte de tension permanente d’une course poursuite qui ne semble jamais s’arrêter. On passera évidement sur la crédibilité des mouvements d’espace et de temps à travers la capitale ; les franciliens habitués remarqueront alors l’impossibilité d’être d’un lieu à un autre en 1 seconde…détail amusant. Au-delà de cet aspect, les poursuites au cœur de Paris sont d’une efficacité redoutable, celle en hélicoptère du jamais-vu avec toujours en fer de lance, un Tom Cruise doublé au minimum dans des chorégraphies et mouvements d’hommes et de véhicules superbement chorégraphiés.

Passé ce détail, Mission Impossible : Fall Out, au-delà de s’afficher comme le film phare (pas forcément étendard) de la saga, s’octroie à travers sa mise en scène comme dans le traitement de son histoire, les notes des films noirs que McQuarrie affecte depuis toujours.

Evidemment avec cette débauche d’action, de combats à mains nues en tous genres et poursuites tout simplement dingues, la place faite au scénario s’en veut passablement réduite. En résulte une histoire lambda, pas inintéressante mais quelconque où Christopher McQuarrie décide de plus s’épancher sur ses personnages qu’il entoure d’une exaltation sombre qui vont être le point central de l’histoire (clins d’œil aux précédents épisodes) afin de clore certains chapitres.

Au final, avec un savoir-faire indéniable et une note d’auteur effleurée (certains y verront une tentative d’imiter Nolan), Christopher McQuarrie réalise un film un peu inespéré, qui au bout de 6 volumes nous explose à la face plutôt que de s’essouffler. Cruise brille encore et toujours à travers les années (on juge ici l’acteur, non la personne) et Henry Cavill déboule plein écran pour son meilleur rôle. Il sera difficile de dépasser le premier vrai blockbuster estival tant Mission Impossible : Fall Out met la barre très très haute en terme de spectacle sans totalement noyer, sinon oublier un minimum de propos.


Fabien Brajon

 


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