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Massacre à la tronçonneuse 2 : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
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Pays:
 
Titre Original: The Texas Chainsaw Massacre 2
 
Durée: 90 minutes
 
Date de sortie: 1986
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 21 décembre 2018 by

 
Full Article
 
 




Synopsis : Douze ans après le massacre d’un groupe de jeunes au Texas, la tronçonneuse vrombit à nouveau dans les mains de Bubba, le tueur masqué, la famille Sawyer ayant désormais trouvé refuge dans un parc d’attractions abandonné. Mais l’arrivée du shérif Lefty Enright, oncle de deux des victimes de Leatherface, va changer la donne, d’autant que l’homme de loi est aussi un maniaque de la scie à moteur. 

L’avis de Quentin Tarantino :

Massacre à la tronçonneuse, film culte, tout autant de par son titre que de de par sa réputation. La bande-annonce d’époque clamait haut et fort : « Quand vous aurez fini de crier, vous en parlerez ». Véritable œuvre charnière du cinéma du genre moderne, le long métrage de Tobe Hooper de 1974 aura su marquer les esprits ainsi que les générations s’imposant décennie après décennie comme l’antre du mal.

Un film à la fois redoutable, violent, suant, crasseux qui laissait en grande partie le cauchemar s’intensifier au travers de l’art de la suggestion. Le long-métrage aura mis cinq ans à dépasser la censure pour arriver dans nos salons français en 1979 chez René Chateau.

Plusieurs années plus tard, le mal avait fait son chemin au travers des rayons des vidéo clubs, Leatherface désormais comme égérie du mal.

Il n’en fallut pas plus pour que les studios ne se penchent sur une suite. Le statut de mythe, imposé par le premier opus, avait su prévoir le terrain pour un nouveau film sur la famille Sawyer.

Après de nombreux retards et pertes de réalisateur, Tobe Hooper passe de nouveau la casquette de réalisateur.

En 1986, le boogeyman texan est de retour dans les salles obscures avec un film qui aujourd’hui divise encore, dans les rangs des fanatiques de Leatherface.

Après de nombreuses sorties à la fois en VHS, puis en DVD, l’oeuvre de Hooper revient d’entre les morts avec une toute nouvelle édition remasterisée tout droit sortie de la grange, du désormais incontournable Le Chat Qui Fume.

Cet article se découpera en deux parties distinctes :

  • La critique du film.
  • L’analyse des caractéristiques de l’édition Blu-ray/DVD

La critique du film :

13 ans après le premier Massacre à la tronçonneuse et son Texas suintant de toutes parts, nous retrouvons la famille Sawyer. La première chose qui nous saute aux yeux dès la première scène : la famille a bien grandi sur l’échelle du macabre mais également du grotesque.

Nous quittons l’époque du Flower Power, des hordes de hippies écervelés pour trouver une Amérique violente, qui ne doute plus de sa violence, de sa radicalité ainsi que de sa surenchère.

Tobe Hooper ose et ne recule désormais devant rien. Le gore, l’horreur n’a plus de limites. Il troque l’épouvante, le glauque par le macabre et l’ultraviolence. Il échange le premier degré par le burlesque, le caricatural.

Les personnages représentent différentes facettes des Etats-Unis des années 80 avec ironie mais aussi brio.

On retrouve une héroïne prenant le contre-pied face à celle du premier épisode. Désormais, la proie quitte son rôle de victime, de bête apeurée et préfère prendre son destin en main quitte à devoir traquer et prendre les armes pour terrasser le mal. Caroline Williams remplit ainsi un rôle de femme forte et indépendante réussi qui la vaudra le prix de la meilleure actrice au festival international du film de Catalogne.

Face à elle, le célèbre Dennis Hopper porte le chapeau du ranger texan en quête de vengeance. Un homme qui, comme il le dit, «  a dépassé la peur » et peut être le seul pour affronter l’abominable famille Sawyer. Il réussit à interpréter ce rôle de gros bras ne reculant face à rien. Hooper interprète une Amérique patriarcale et désarçonnée face à une nation qui leur échappe, trouvant refuge dans l’alcool et les armes. Son personnage de ranger alcoolique apporte une dimension comique au film, avec de nombreux moments d’anthologie à la clé tel qu’un combat de tronçonneuse contre notre tueur préféré Leatherface.

La famille Sawyer quant à elle a bien grandi.

Leatherface n’est plus ce monstre enfantin, il a intellectuellement évolué, il n’est plus dans la peur et la répression du patriarche. Il écoute désormais son cœur. Il quitte l’enfance et se dirige vers l’âge adolescent et les tiraillements entre à la fois les hormones mais aussi la famille. L’amour s’est emparé de la bête. Ne vivrions-nous pas une réinterprétation bouffonne de La Belle Et La Bête ?

En ce qui concerne le frère de la famille, il s’agit du seule membre de la famille n’ayant pas vraiment évolué. A l’exception qu’il se vêtit désormais à la mode Flower Power, totalement dépassée , qu’il a dû voler sur la dépouille de ses victimes, du premier film. Cette petite attention dénote l’intention de Hooper de nous montrer que malgré la volonté d’adaptabilité de la famille à son époque, ils seront toujours en retard d’une décennie, lançant ainsi un coup de projecteur direct sur la communauté redneck. Nous recroiserons Bill Moseley quelques années plus chez Rob Zombie quelques années.

Le père de famille, est également de retour, sous les traits de Jim Siedow; son personnage est traité dans la continuité du premier film, l’homme préparant de nombreuses charcuteries les vendant dans sa station service. Désormais, il est devenu détenteur du meilleur Chili de tout le Texas et nourrit la douce Amérique de ses propres concitoyens. Le traitement amer de l’industrie alimentaire américaine y est ici cinglante.

Enfin, nous retrouvons l’emblématique figure du grand-père instituant la rigueur et inaltérabilité des valeurs familiales.

Massacre à la tronçonneuse 2 est en quelques sortes un bonbon acidulé que l’on prend plaisir à voir mais qui pourra lasser de par son hyperactivité mais également de par son humour qui parfois trop potache peut faire décrocher le spectateur de ce spectacle macabre.

Cependant, ce second opus dirigé par Tobe Hooper a réussi à la fois à concevoir une nouvelle mythologie du cinéma d’horreur à travers une Amérique dégénérée, dérangée qui a su trouver sa glaise dans le 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis et perdure encore aujourd’hui à travers l’imagerie des œuvres de Rob Zombie (La maison des 1000 morts, 31).

De plus il s’intègre parfaitement dans son époque de la fin des années 80 et l’âge d’or du cinéma gore burlesque aux côtés des biens nommés Re-Animator, Braindead, Street Trash ou encore Basket Case.

En cela, Massacre à la tronçonneuse 2 est une œuvre imparfaite, bâtarde, surprenante, envoûtante, parfois ridicule qui aura réussi à créer des moments d’anthologie du cinéma d’horreur. Le film nous porte au-delà de l’oeuvre originale ne reprenant que les personnages emblématiques, déstructurant la mythologie du premier film pour la réinventer. Cette démarche, si rare dans la monotonie du cinéma d’horreur, est à saluer !

Analyses caractéristiques de l’édition Bluray/DVD :

Le combo Bluray / DVD proposé par Le Chat Qui Fume nous est livré dans une somptueuse édition digipack 3 volets avec un étui cartonné comme à leur habitude.

On pourra y retrouver le film en version Bluray, le film en version DVD et enfin un disque DVD avec de nombreux bonus.

Image 4/5 :

La master présent sur le Bluray est de très bonne facture offrant des couleurs resplendissantes et éclatantes. Les visages des personnages sont particulièrement bien détaillés et retranscris faisant oublier les précédentes éditions du film, lui rendant enfin hommage.

Le grain du film a également été conservé offrant une dimension bis particulièrement agréable.

Il ne nous reste plus qu’à réclamer les volets 3 et 4 dans les mêmes conditions !

Son 4/5 :

Le film est proposé en Anglais 2.0 / Français 2.0 / Français 1.0 en DTS-HD MA (BLURAY) et Dolby Digital AC3 (DVD) avec un super rendu.

On pourra reconnaître au Chat Qui Fume la volonté de ne pas faire apparaître une version 5.1 retravaillé des années plus tard préférant se tourner vers un 2.0 d’origine autant en VF qu’en VO. Cette décision allant dans le sens d’un éditeur de niche cherchant à offrir les conditions optimales à un public de passionnés, de puristes !

Bonus 5/5 :

Comme à son habitude, Le Chat Qui Fume propose des éditions chargées en bonus nous permettant à la fois de répondre aux questions de l’œuvre qui vient d’être visionnée, mais pas seulement, ces derniers permettent bien souvent de posséder pleinement le film, le maîtriser dans sa compréhension ainsi que dans ses finalités.

Pour cette édition, on nous propose deux commentaires audio distincts judicieux avec d’un côté le commentaire audio de Tobe Hooper et de l’autre ceux de Caroline Williams, Bill Moseley et Tom Savini.

Cette présentation bipartite des commentaires audio est appréciable permettant de séparer l’avis du créateur de l’œuvre de celui des interprètes.

De plus, le fait d’ajouter Tom Savini aux commentaires nous donne une vraie profondeur à la discussion. Le bonhomme ayant officié sur les effets spéciaux de films cultes tels que Evil Dead 2 ou encore Phantasm 2.

De plus, Le Chat a su nous proposer 3 documentaires avec :

  • Le documentaire « C’est De Famille » déjà présent sur la sortie de Arrow Films est un apport sympathique à l’appréciation du film incorporant de nombreux témoignages de l’équipe du film.
  • « La maison de la douleur ».
  • « Le Texas De Tobe de Julien Sévéon », un bonus exclusif à l’édition française proposé par Le Chat Qui Fume où tout un chacun pourra trouver des pistes de compréhension pour percer les mystères du cinéma de Tobe Hooper et de son cinéma texan.

Il nous est également proposé 11 minutes 30 de scènes inédites.

Enfin, comme dans chaque édition de Le Chat Qui Fume, il nous est proposé la bande annonce d’origine du film.

Petite surprise pour les aficionados de l’éditeur, les films annonces des deux prochaines sorties pour le 1er trimestre 2019 avec La Saignée et La Rose Écorchée de Claude Mulot !

Pour conclure l’éditeur parisien nous offre un film culte dans des conditions optimales, autant sur le plan visuel que sonore et nous gâte de bonus d’exceptions. Certainement la plus belle édition, qu’il puisse exister, de ce film dégénéré sentant fort l’Amérique de Trump.


Quentin Tarantino

 


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