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Maps To The Stars

 

 
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Durée: 111 min
 
Date de sortie: 21-05-2014
 
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Posted 22 mai 2014 by

 
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A Hollywood, la ville des rêves, se télescopent les étoiles : Benjie, 13 ans et déjà star; son père, Sanford Weiss, auteur à succès et coach des célébrités; sa cliente, la belle Havana Segrand, qu’il aide  à se réaliser en tant que femme et actrice.
La capitale du Cinéma promet aussi le bonheur sur pellicule et papier glacé à ceux qui tentent de rejoindre les étoiles: Agatha, une jeune fille devenue, à peine débarquée, l’assistante d’Havana et le séduisant chauffeur de limousine avec lequel elle se lie, Jerome Fontana, qui aspire à la célébrité.
Mais alors, pourquoi dit-on qu’Hollywood est la ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? La ville des rêves fait revivre les fantômes et promet surtout le déchainement des pulsions et l’odeur du sang.

Film en compétition au 67ème festival de Cannes

Avis de Fabien :

Adapté du livre de Bruce Wagner, Maps to the stars, le nouveau Cronenberg est une satire cruelle et féroce d’Hollywood, présentée comme le royaume de l’hypocrisie, de l’addiction, du péché.

Cette version trash de The player par le réalisateur canadien met en scène des fantômes envahissants, des familles incestueuses, des jeunes stars torturées, des thérapeutes manipulateurs. Pivot de ce récit noir, la famille Weiss, une famille de tarés, de maudits, sortie d’une tragédie antique, avec ses secrets enfouis (parents incestueux, bannissement d’un enfant) et son sens de l’auto-destruction.

On retrouve dans cette comédie noire, ce drame familial, le goût de Cronenberg pour les personnages barrés, déviants, les éclats de violence brute (éclatage de tronche avec un award) et une conclusion désespérée.

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Les comédiens sont formidables, en tête le jeune Evan Bird bluffant en jeune star excessive et Julianne Moore à nouveau exceptionnelle dans un rôle d’actrice névrosée.

Après les moyens A dangerous method et Cosmopolis, Cronenberg frappe fort avec ce portrait au vitriol d’acteurs de l’industrie du rêve, un nouvel opus bien tordu et noir comme on était en droit de l’attendre du réalisateur de Crash.




Avis de Manuel Yvernault :

David Cronenberg depuis le style épuré de A Dangerous Method semblait s’être assagi dans la  démonstration de violence esthétique. Son adaptation du roman de Don DeLillo, Cosmopolis, confirmait cette propension au calme, quand restait encore et toujours ce fond viscéral de fouiller l’âme humaine à défaut de ses entrailles.

Maps To The Stars poursuit dans cette lignée mais n’oublie pas de poser un regard sur le passé des précédentes œuvres du réalisateur, un retour donc, mais en priorisant le fond à la forme.
Chez lui, tout est une question d’atmosphère, d’ambiance délétère où la psychologie des personnages, leurs profondeurs et leurs névroses sont l’intérêt premier d’un récit souvent centré sur des enjeux internes. Et c’est ici, par un regard forcément critique sur Hollywood et les acteurs de cette faune que le metteur en scène d’origine canadienne met à mal l’industrie du cinéma.

Dans ce récit critique et acide la plaine californienne est décortiquée et repoussée dans ses pires retranchements avant de poser un regarde inquisiteur sur son fonctionnement. L’exagération de certains passages et les clichés de certaines séquences contribuent à cet effet mais n’égratigne en rien le film. C’est un tout avec l’étampe Cronenberg qui ressort finalement de l’ensemble.

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On retrouve en premier lieu sa patte avec une atmosphère précise où la place donnée aux personnages est très importante. Ici, aucun doute, le montage son, épuré dans son design comme dans sa forme (le film est très peu habillé d’un montage sonore), donne une importance XXL aux dialogues. Ces derniers sont parfois les seuls monuments de l’espace sonore. Petit détail invisible, qui inconsciemment apporte une note précise, note paradoxalement esthétique.

C’est donc par le jeu et la direction d’acteurs que Maps To The Stars trouve sont principal intérêt. Son histoire bien sûr, n’est pas en reste mais la partition que joue chaque comédien est d’une importance non négligeable dans la réussite du film. Julianne Moore à ce titre, nous offre une fois de plus une interprétation gigantesque dans les différents tons qu’elle tend à employer pour composer un personnage totalement névrosé, star quinquagénaire, qui n’existe qu’au travers ses rôles à l’écran, la figeant dans le temps. Le regard alors porté sur la « jeunesse éternelle » qu’Hollywood tente d’imposer, surtout aux actrices, est poussé dans ses extrêmes.
La mise en scène n’est bien sûr pas en reste puisque qu’au pays où tout brille de mille feux, illuminé par le soleil californien, c’est bien sûr la noirceur qui finit par ressortir gagnante de cette exposition. Toujours aussi habile avec sa caméra, la mise en scène de Cronenberg séduit autant que par le passé, les fans de la première heure seront peut-être encore plus exigeants alors que les autres trouveront certains passages qui tournent à vide. Ce serait se tromper sur la vraie valeur du film, plus satirique que provocatrice, il n’efface en rien sa charge négative et le côté détracteur de son auteur est bel et bien présent.
Ainsi tout le star system hollywoodien est mise à nu et à mal dans une critique acerbe de son fonctionnement. Une industrie qui ne fait que se parodier (films à suite, reboot, remake…) cherchant plus le profit que la créativité quand les stars qui la composent se perdent corps et âmes dans cette usine mercantile. En y réfléchissant un peu plus qui de mieux que David Cronenberg pouvait se permettre cette modeste autopsie à « corps » ouvert.

Si le retour du réalisateur se fait par une petite porte, le film, malgré son budget réduit (certains effets spéciaux, décors en pâtissent), n’en est pas moins efficace et sa charge critique relativement élevée. Le ton, noir profond, dénonce le « nouvel » Hollywood et son fonctionnement en le dépeignant dans un ensemble cruel et suffisant. Si l’exagération de David Cronenberg à porter son regard très négatif sur le star system peut sembler extrême c’est pour finalement mieux décortiquer dans leurs fors intérieurs la psychologie des personnages qu’il tend à observer. Ce qui est déjà la marque d’un retour en force.


Fabien Brajon

 


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