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Looper

 

 
Overview
 

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Durée: 110 min
 
Date de sortie: 31-10-2012 (ciné), 06/03/2013 (DVD, BD et VOD) M6Video
 
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Posted 29 mars 2013 by

 
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Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…

 

 

L’avis de Yanick « Wolverine » Ruf :

Sarah Connors ?

James Cameron l’avais évoqué en 1980 avec Terminator, Robert Zemeckis en 1985 avec sa trilogie Retour vers le futur, même Wells  y avait pensé avec sa Machine à explorer le temps en 1895. Le voyage temporel est un mystère qui envoûte beaucoup de réalisateurs. Et la question principale est : est-ce que l’on peut influer sur le cours de l’histoire en changeant des choses dans le passé ? Imaginez si Schwarzzie était revenu en 80 pour tuer Sarah Connors pour une bonne raison, cela aurait-il été louable ? C’est ce fait exactement qui est abordé ici. Bruce Willis revient pour une seule et (très) bonne raison mais si elle est bonne pour lui est-elle bonne pour tout le monde ? Les faits atroces qu’il va devoir commettre seront-ils pardonnés ?

Le scénario est extrêmement bien ficelé et nous propose donc de réagir sur tout cela en retrouvant un Bruce Willis dans un rôle qui le change totalement de ce que l’on a l’habitude de voir avec lui. Une réflexion dans un monde de science-fiction doublement futuriste. L’action se déroule en effet en 2044 et 30 ans plus tard. Joseph Gordon-Levitt et Bruce Willis ne sont qu’une seule personne, jeune et vieux.

La « transformation » en quelques minutes de Joseph à Bruce est réellement incroyable ! 30 ans plus tard, on voit ce qu’il se passe et le héros remonte dans le temps pour changer le cours de son histoire. Rian Johnson réussi donc un tour de force magnifique et l’on ne peut que se prendre d’amitié pour notre héros, chacun à sa manière, que ce soit le jeune ou le vieux. Chacun à des raisons de faire ce qu’il veut et éventuellement de changer le cours du temps.

Le film démarre donc en nous plantant le décor tranquillement puis souffre d’une certaine lenteur et de quelques longueurs pour nous donner en troisième partie de l’action non-stop. Mais tout ceci est brillamment orchestré pour que l’on passe sur les moments plus « mous » sans trop de difficultés une fois que l’on revient à l’action et dans l’histoire. Courrez vite voir ce Looper implacable et incontournable dans le genre.

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  L’avis de Manu Yvernault :

« Auteur : Un auteur est une personne qui a fait une création originale manifestant sa personnalité, qu’il s’agisse de (…) d’art. » C’est également une personne de plus en plus rare au cœur des studios hollywoodiens. Même si la filmographie de Rian Johnson semble courte, on peut certainement attacher cette définition à ce cinéaste. Il est également intéressant de noter sa participation à la série la plus cinématographique du moment, Breaking Bad. Si elle n’est pas la plus haut placée dans la sphère télévisée, on doit admettre qu’elle est certainement celle à l’écriture et surtout la mise en scène la plus proche du 7ème art, reflet d’une vague US à la fin des années 90 dont Rian Johnson semble s’inspirer. Pas étonnant donc qu’il ait réalisé, entre autres, l’épisode « Fly », un des plus intéressants de la saison 3. Aparté télévisuel terminé.

Rian Johnson c’est avant tout, la fabuleuse découverte d’un auteur qui nous offrait en 2005, Brick, film au budget indé (à peine 500 000 $) et référent d’un cinéma flirtant entre le film noir et l’univers de David Lynch. C’est également The Brothers Bloom, film intimiste passé inaperçu dont une seconde lecture offre un réel intérêt et nouveau regard. Retour au grand écran avec Looper, dont il est également l’auteur. Effort à saluer en toute objectivité dans cette ère de profit.

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Le voyage dans le temps est un sujet vu et revu mais inépuisable et propice à des scénarios originaux. Rares sont les petites perles qui ont pu survoler le sujet de manière originale et compréhensible. Rian Johnson lui, a planché sur son script de nombreuses années et le résultat s’en ressent. Innovant, d’une structure impeccable, Looper propose un nouveau regard des causes et effets du voyage temporel, autant sur le plan psychique que physique. Si la réussite du film tient principalement à la structure ludique mais explicite de son auteur, il est important de relever le côté formel du film.

La maîtrise de sa réalisation rappelle la manière dont David Fincher et Wayne Kramer (sur Running Scared du moins) entreprennent leur mise en scène. Procurer toujours du sens quant au choix des cadres et instaurer une énergie cinéphile et référencée aux mouvements de caméras. Suivre ses personnages et soutenir leurs intentions par la mise en scène. On pourrait reprocher à cette démarche trop de modernité, si ce n’était que Rian Johnson déploie ainsi une énergie en cohérence complète avec son thème et le cinéma de genre dans lequel il s’inscrit. Ce qui donne, entre autres, aux ellipses et basculements temporels une lisibilité parfaite.

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Profondément inscrit entre le film d’auteur et de genre, Looper prend un deuxième relief par son casting. Si le maquillage dont Joseph Gordon Levitt est affublé pouvait faire craindre le pire dans la bande-annonce, le mimétisme physique et de jeu du comédien face à son aïeul est plutôt réussi. Méconnaissable, il devient alors la parfaite figure d’un Bruce Willis jeune, quand ce dernier nous semble composer son meilleur rôle depuis des années (peu de difficultés en ça, il est vrai).

Dans des envolées plurielles de références appuyées (film de SF, mangas, thriller) Rian Johnson réalise un quasi sans faute pour son retour sur grand écran. Affublé d’un budget minime pour une telle entreprise, le réalisateur s’en sort haut la main et nous donne à voir un film intelligent et original. Là où certains placent des millions en effets spéciaux, le réalisateur séduit avant tout par une mise en scène fluide et empruntée qui donne de puissants élans à Looper. Si le film ne séduira pas forcément les adeptes d’effets spéciaux à profusion, le film de Rian Johnson finit par convaincre du talent de metteur en scène, déjà présent dès ses précédents films. Avec des moyens mineurs, Johnson déploie les effets majeurs d’un film qui fait date dans un genre qui manque souvent d’originalité. Force est de constater qu’un retour à un certain cinéma, trop absent ces derniers temps dans la manière, se déguste comme une madeleine de Proust et nous rappelle nos plus belles découvertes en salles, quand un plaisir simple de films à petit budget, nous permettait de rêver grâce au talent imprimé sur pellicule ; car nouveau et nostalgique est devenu antinomique.




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 Image :

Loin du tout numérique, Looper a été tourné en 35 mm, en outre, la majorité des effets spéciaux sont mécaniques alors que de nos jours tout le monde ne jure que par le numérique. Quid du passage sur le support Blu-ray?

Nous avons à faire à une image où le grain est assez présent, ce qui donne au film un ton très old school et une vraie tonalité visuelle cinématographique. La colorimétrie est vraiment douce et les couleurs non saturées comme on peut trop souvent le voir sur le support. Le transfert est excellent et retranscrit bien les souvenirs de ce qu’on avait pu voir en salle et correspond parfaitement à l’intention visuelle du réalisateur. Superbe image en somme

9/10

Son :

Les pistes VO et VF sont encodées en DTS-HD Master Audio 5.1.

Comme l’image, c’est ici une sorte de mixage « à l’ancienne » on apprécie ou non. À ce titre nous avons trouvé les choix de sonorisation parfaits avec l’image du film.

Relativement bien dispersé, le 5.1 est utilisé à bon escient avec des surrounds équilibrés sans pour autant prendre le pas sur le reste. Ne pas s’attendre un déluge d’effets sonores latéraux. Et c’est tant mieux, cela correspond au ton du film.

Pour le reste, lors des scènes d’action tout est en place avec des effets qui assurent la partie relief de l’espace sonore. Un mixage crédible qui donne encore plus de saveur au film.

7/10

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Bonus :

– Commentaire audio de Rian Johnson, Joseph Gordon-Levitt et Emily Blunt. Séduisant et informatif. La joie Rian Johnson et sa passion transparaissent.

– Master Class Parisienne (20 min.) : Rian Johnson répond à des questions de manière assez pertinente.

– Interview de Rian Johnson (16 min.) : Le réalisateur donne sa vision sur le voyage dans le temps et son travail sur le film, notamment avec ses comédiens.

– La boucle est bouclée (8 min.) : Court –métrage du réalisateur, super module, pour les fans du réalisateur de Brick.

– 22 scènes coupées : environ 40 minutes de scènes coupées que le réalisateur n’estime pas nécessaires, le film étant director’s cut.  Certaines sont cependant intéressantes.

– Les voyages dans le temps (8 min.) : Regard de l’auteur Brian Clegg sur les voyages dans le temps. Intéressant.

– Making of (8 min.) : Petit loupé  de cette édition, encore un « pseudo » making-of plus promotionnel qu’autre chose, dommage.

– Bande-annonce alternative (1 min. 35) : Disponible sur le net, très agréable de la découvrir en HD pour son graphisme.

– Petit module de 3 minutes court mais sympathique sur les effets spéciaux.

Des bonus dans la majorité très intéressants, autour d’un réalisateur passionné.

Bonus BR : 8/10


zast

 


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