CINEAlliance.fr est le premier site indépendant sur l'actualité du Cinéma, Blu-ray, DVD, des Courts-métrages et des Festivals depuis 1998

 
Random Article

Les Rebelles : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: , ,
 
Genre:
 
Pays:
 
Durée: 81 minutes
 
Date de sortie: 1954 Date de sortie DVD et Blu-ray : 5 mars 2019
 
Note
 
 
 
 
 


User Rating
no ratings yet

 


0
Posted 16 avril 2019 by

 
Full Article
 
 

Pendant la Guerre de Sécession, Clete Mattson arrive à Zona Libre, un petit territoire de l’autre côté du fleuve qui forme frontière avec les États-Unis. Administré par le général Calleja, il constitue un sanctuaire pour les hors-la-loi. Mattson voudrait acheter des armes pour la Confédération.

L’avis de Quentin :

La très belle collection Hollywood Westerns dirigée en partenariat par ESC et Movinside est de retour avec Les Rebelles de George Sherman. Un film se déroulant à la frontière mexicaine en pleine guerre de Sécession. Le réalisateur nous dresse son histoire au cœur de la création de deux grandes nations modernes : les Etats-Unis et le Mexique.

Cette article se divisera en deux parties :

I) La critique de Les Rebelles

II) Les caractéristiques techniques du blu-ray

I) La critique de Les Rebelles

Le cinéaste George Sherman n’est pas un nouveau venu dans le paysage cinématographique qu’est le western. Il sait tout à fait où il met les pieds, fort de plusieurs dizaines de films du genre, avant la réalisation de Les Rebelles.

Il va alors disposer tout son savoir dans son oeuvre avec un grand tact et talent. Il ira d’ailleurs bien plus loin que de simples aventures dans l’Ouest américain. Il propose une lecture originale de l’histoire de l’Amérique moderne. Le long-métrage installe l’intrigue dans une ville dénommée « La Zone Libre ». Une ville située à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. La petite cité sans nation, accueille tous les hors la loi, fugitifs et autres désœuvrés de la division bipartite américaine. L’endroit est dirigé par le chef auto-proclamé, le général Calleja, interprété par Pedro Armendariz. Ce dernier tolère la présence de tous le brigands des régions alentours à l’exception de ceux voulant séduire sa promise, jouée par la sublime Yvonne De Carlo.

Tout ce petit monde se verra alors chamboulé par l’arrivée d’un aventurier sudiste, en possession de 2 000 000 $ en lingots d’or, qui va s’éprendre des beaux yeux de notre héroïne.

Sherman parvient avec un scénario pour le moins simpliste à aborder des thématiques très intéressantes et subtilement mises en scènes. On prendra plaisir à s’intéresser au microcosme de cette ville d’outlaws, en oubliant le macrocosme historique grondant de l’histoire des politiques et guerres  du Mexique ainsi que des Etats-Unis.

Cette manière de nous isoler, dans cet espace clos, va permettre de quitter les mécanismes des westerns traditionnels nous montrant régulièrement des bandes rivales s’affronter ou bien mettant en scène des guerres contre les indiens. Nous revenons, avec Les Rebelles, autour du facteur humain. L’individualité est ici la seule contrainte. L’oeuvre interroge sur la manière de subsister dans une société où la confiance n’est plus, où les seules interactions entre humains se font à des fins intéressées.

Nous suivrons donc l’aventurier sudiste, tentant de faire usage de son or dérobé en zone libre, tout en essayant de se jouer du régime autoritaire implicite du général Calleja.

Le cinéaste parvient à porter le western à d’autres genre, le faisant devenir arrière plan afin de mieux développer son approche dramatique, angoissante. Cependant, il sait parfaitement apporter l’équilibre dont le film a besoin en alternant avec humour, action et romance. L’humour comme souvent dans les westerns passe par l’absurde ou bien le comique de situation. Sherman joue beaucoup sur les expressions de visage de ses acteurs pour transmettre ces notes humoristiques. Les scènes d’action quant à elles ne sont pas nombreuses et tant mieux tant la scène de fin est exaltante, formidable. Il aurait été difficile de faire mieux. Cela permet au film de jouer beaucoup plus sur les relations entre les personnes et faire ressentir au spectateur une véritable atmosphère conspirationniste.

Cependant le film passe, avec regret, totalement à côté de son épisode romantique qui avait pourtant de quoi émoustiller l’auditoire. On se demande pourquoi le personnage campé par Yvonne De Carlo n’a pas été plus creusé, travaillé ainsi que sa relation avec le réfugié américain. Le long-métrage nous promet tant, durant son développement et ne nous offre presque rien de cette histoire d’amour chevaleresque.

De plus, en voulant nous proposer une figure de femme forte, le cinéaste ne va pas jusqu’au bout de sa démarche. Il a tant essayé de mettre en avant ce personnage en lui donnant un caractère moderne qu’il a totalement oublier d’ajouter d’autres visages féminins à cette zone libre. Le film perd en cela de sa pertinence à vouloir peindre un village d’hors la loi. Nous ne trouvons pas de maisons closes également qui étaient pourtant fleurissantes dans le grand Ouest américain. Ce point, relevant du détail, gêne par moment pour parvenir à créer une véritable atmosphère historique à cette reproduction urbaine. Une cité parfois vide ne tournant qu’autour de son bar, son leader et son désert.

Le cinéaste à force de trop bien connaître les mécanismes du genre, en oublie certains habillages qui en font pourtant toute la réussite.

Le film réussit, cependant,  à nous offrir un cheminement scénaristique très intéressant. Sherman tente de faire valoir les enjeux pour chacun des personnages de cette ville ainsi que leurs intentions, leurs envies. On en vient alors à suspecter les réactions de chaque protagonistes et à se demander qui peut réellement être digne de confiance. La suspicion est constante dans Les Rebelles et quel plaisir de se laisser porter à ce jeu de dissimulation constant. Une proposition rare dans les westerns des années 50.

La bande son, composée par Wiliam Lava, n’est pas d’une grande originalité mais sert à merveille le film et sait parfaitement accompagner cette histoire originale pensée par William Sackheim.




Les Rebelles est une réussite dissimulée, oubliée des westerns, une oeuvre, parfois maladroite mais honnête, qui, aujourd’hui grâce à la sortie que nous propose ESC, peut s’assurer une place de choix de le cinéma du grand Ouest américain. Un spectacle qui gagne sa singularité dès lors que l’on essaie de dépasser son intrigue principale, et que l’on se prête aux enjeux relationnels de cette petite ville qui sous ses airs de liberté ne reflète qu’un parfum de dictature.

II) Les caractéristiques techniques du Blu-ray

Image :

Esc nous offre un master flamboyant qui met en avant le travail que le réalisateur avait pu mettre en place grâce au technicolor. On profite d’une image très détaillée, nous permettant de rajeunir le film et nous propulser en plein dans l’histoire. Les couleurs éclatantes sont d’une beauté rare pour un film fêtant son 65° anniversaire. La profondeur de champ est également exemplaire.

Merci à ESC pour une telle copie !

Note image 4,5/5

Son :

L’éditeur français nous propose deux pistes sons avec :

  • Une piste française Mono 2.0 PCM
  • Une piste anglaise Mono 2.0 PCM

La piste anglaise est remarquable et permet une pénétration extraordinaire dans l’univers que propose le cinéaste américain. Une piste son qui n’a rien à se reprocher.

La piste française, bénéficie de très bons doublages, comme le cinéma français savait encore en proposer jusqu’aux années 80. Néanmoins, comme souvent pour les doublages français, elle met trop en avant les voix et perd un peu de l’atmosphère sonore qui avait été proposée par l’équipe du film.

Une très belle copie également du côté son.

Son : 4,5/5

Suppléments :

ESC pour conclure cette très belle édition de Les Rebelles nous offre deux bonus avec :

  • « Intrigues sur la frontière » : entretien avec Jean-François Giré
  • « Si près …. Si Loin » : entretien avec Iac.

L’entretien avec Jean-François Giré est une très bonne analyse de l’oeuvre de George Sherman, il permet de complètement entrer en possession des sous-textes que le film embrasse. Il met en lumière le contexte historique avec cette histoire originale que nous propose Les Rebelles. Une interview intéressante et passionnée par un grand amateur et connaisseur de western. Un moment important pour quiconque voudrait mieux connaître et s’impliquer dans l’oeuvre de Sherman.

L’entretien avec Iac est, comme toujours, très dense et permettra de saisir plus en profondeur le contexte historique du film. Nous pouvons cependant regretter un défaut d’éclairage sur le visage de Iac. De plus, le supplément est très court et nous voudrions en connaître tellement plus de la part de ce spécialiste du cinéma américain.

ESC, avec cette édition, renforce les rangs de sa collection Hollywood Westerns. L’éditeur nous offre une très belle sortie, bercée par une image et un rendu sonore exemplaire pour ce western qui n’a pas peur de sortir des des sentiers battus tout en assumant pleinement son héritage. Au delà de ses imperfections, Les Rebelles mérite le détour pour tous les amateurs de western. Ne ratez pas le rendez-vous.


Quentin Tarantino

 


0 Comments



Be the first to comment!


Leave a Response


(required)