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Les infiltrés

 

 
Overview
 

Genre:
 
Titre Original: The Departed
 
Durée: 150
 
Realisateur: Martin Scorsese
 
Acteur: Leonardo Di Caprio,Matt Damon,Jack Nicholson
 
Pays: Etats-Unis
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 21 février 2010 by

 
Full Article
 
 

Histoires parallèles dans le monde du crime : un capitaine de police tente de mettre à jour l’identité d’un inspecteur ripoux travaillant pour un baron de la drogue au sein de son service, alors que le criminel essaye de découvrir qui est l’informateur dissimulé parmi ses hommes...



L’avis de Fabien


Alors que son dernier opus, Shutter Island, sera sur les écrans français mercredi prochain, retour sur sa précédente collaboration avec Leonardo DiCaprio dans le superbe Les infiltrés récompensé par 2 Oscars, Meilleur film et Meilleur Réalisateur pour Mr Scorsese.


Sorti en 2004 le polar hongkongais Infernal affairs, réalisé par Andrew Lau & Alan Mak, s’est vite imposé par son scénario retors (un flic infiltré dans la mafia et un malfrat intégré dans la police tentent de démasquer la taupe dans chacun de leur camp) et l’élégance de sa mise en scène comme un film culte dans la communauté des cinéphiles.


Avec un casting quatre étoiles (Nicholson, Di Caprio, Damon + Martin Sheen, Alec Baldwin, Mark Walhberg dans rôles de second plan) le talenteux Martin Scorsese (Taxi Driver, Raging Bull, Aviator) a-t-il réussi son remake voire surpassé l’original dans ce Departed très attendu?


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La maestria de la mise en scène et l’interprétation haut de gamme impressionnent fortement dès les premières minutes. Un liminaire travelling avant s’enfonce dans un bar : sur Gimme Shelter des Stones est orchestrée avec virtuosité et jubilation la rencontre du personnage-enfant de Damon et du parrain de la pègre de Boston joué par un Nicholson méphistophélique. Puis un montage parallèle suit en de courtes scènes le parcours des élèves policiers Damon et Di Caprio jusqu’à leur affectation. Cette énergique intro de 20 mn présente avec clarté et efficacité les personnages et les enjeux du récit : un flic infiltré dans la mafia de Boston et son double maléfique, un malfrat infiltré chez les flics, vont s’affronter dans un violent jeu du chat et de la souris.

Par la suite la mise en scène scorsesienne n’aura de cesse de transcender ce sujet sur un état undercover traité dans l’original avec moins d’urgence et de tension violente. La caméra est toujours en mouvement, le montage nerveux nous transporte subitement d’une scène à une autre. Infernal Affairs séduisait par son esthétique léchée mais souffrait d’un rythme indolent et d’une interprétation inégale (seul Tony Leung tirait comme d’habitude son épingle du jeu).


Force est de constater que Martin Scorsese, un des derniers géants du cinéma américain avec Spielberg et Eastwood, s’est complètement approprié cette formidable histoire policière pour en faire un magistral opéra de violence digne des Affranchis ou de Casino.

Cinéaste de la violence urbaine et des tourments de l’âme, il développe ici de bien belle manière ses thèmes de prédilection : peinture du milieu mafieux, sacrifice, trahison, mensonge.


La relation entre Di Caprio, excellent en flic torturé en proie à des pulsions violentes, Damon, perfide et roublard en taupe mafieuse et leur mentor Nicholson, parrain épicurien diaboliquement fêlé, est passionnante car tragique. Les scènes entre Nicholson et Di Caprio sont excellentes: une tension insoutenable, un danger permanent irriguent les face à face entre l’imprévisible parrain et sa jeune recrue qui doit maintenir l’illusion d’être un gangster. Le personnage torturé et tragique de DiCaprio dit toute la difficulté psychologique et physique de porter un masque dans un univers violent où le moindre erreur est fatale.

Scorsese a inscrit dans le récit un autre triangle, amoureux, moins convaincant, entre les deux flics et une jeune psychologue. La psychologie des personnages, leurs conflits intérieurs et leurs ambitions de même que leurs relations familiales et amoureuses sont plus approfondis dans The Departed qui dure 1h de plus que l’original.


Outre le jeu intense et fiévreux du trio masculin la réalisation est donc un argument de choc pour témoigner de la supériorité de la version scorsesienne sur l’original. A ce titre le réalisateur new-yorkais tire la scène de la filature vers des sommets de mise en scène expressionniste digne de la poursuite de La dame de Shangaï, monstrueux film d’un génie de la mise en scène dont le cinéphile Scorsese s’est imposé, au gré d’une filmographie exemplaire, comme un digne héritier.


zast

 


0 Comments


  1.  
    Anonyme

    Très bon film mais je préfère l’original de Andrew Lau & Alan Mak (Infernal affairs)




  2.  
    Anonyme

    D’accord avec Zast, « Infernal Affairs » rules !
    Je trouve pour ma part tous les acteurs impeccables dans l’original (Tony Leung bien sûr, mais aussi Andy Lau, Anthony Wong, Eric Tsang en mafieux plus crédible que Nicholson qui cabotine à outrance dans le Scorsese) et le rythme -plus concis- évitait une masse de « twists » pas toujours très subtils dans la version US (j’en veux pour preuve le n° « bien visible » sur l’immeuble du rendez-vous de Leo avec Martin Sheen sur les toits…)
    Un bon film néanmoins, mais les Américains ont tjrs autant de mal à « respecter » ce qui vient d’ailleurs: lors des fameux Oscars, j’ai l’amer souvenir de l’annonce dans la salle du triomphe du « remake d’un film…… japonais !!! » Pas glop, ça…





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