L’élite de Brooklyn

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Action et Policier
Durée
127
Titre Original
Brooklyn's Finest
Notre score
5
L'élite de Brooklyn

En proie à leurs propres démons, Eddie, Sal et Tango, trois flics, officient dans le 65e district, l’un des plus dangereux du nord de Brooklyn.
Dans une semaine, Eddie, la cinquantaine, sera à la retraite. Déprimé et désabusé, il tente de retrouver du réconfort dans l’alcool et auprès d’une jeune prostituée, Chantel.
Sal travaille à la brigade des stups et a du mal à joindre les deux bouts. Sa femme enceinte a des problèmes de santé et leur maison est trop petite. Ils attendent des jumeaux et leur famille va passer de cinq à sept personnes.
Tango voudrait désespérément revenir en arrière. Depuis plusieurs années, il travaille sous couverture et se fait passer pour un trafiquant de drogue, ce qui lui a valu une année de prison, et sa femme a demandé le divorce.
Ces trois flics n’auraient jamais dû se croiser, jusqu’à cette nuit où l’enfer s’est déchaîné à Brooklyn…




 

L’avis de Fabien

 


L’élite de Brookyn d’Antoine Fuqua propose l’histoire croisée de 3 flics, 3 portraits de personnages masculins à un tournant de leur carrière, de leur vie : un flic ordinaire aux portes de la retraite ne sait pas ce qu’il va faire de sa nouvelle vie, un flic infiltré voudrait retrouver sa vraie vie et son identité, un inspecteur se met en quatre pour offrir à sa famille nombreuse une vie meilleure.


Ce récit choral à la narration dense est la descente aux enfers de 3 flics sur le point ou ayant déjà franchi la ligne rouge qui les séparent de ceux qu’ils pourchassent, des âmes blessées et désespérées d’essayer de prouver qu’elles existent. Ainsi, dépité, ayant perdu la foi, le personnage de Hawke profère-t-il en confession, tel un personnage de Dostoïevski : «Dieu n’existe pas, alors tout est permis».
Très noir, L’élite de Brooklyn montre le quotidien difficile du policier qui se coltine la misère du monde et lutte pour ne pas se faire bouffer par son job; les flics y valent plus cher morts que vivants et sont des fonctionnaires manipulés par leurs supérieurs pour un salaire ingrat et une reconnaissance minime.

A la manière de William Friedkin avec French Connection, Fuqua plonge ses personnages et le spectateur dans un univers dangereux où l’utilisation des décors naturels (un ghetto de N-Y) et un casting composé partiellement de gens de la vie civile confèrent au film une authenticité et un poids dramatique essentiels dans ce genre de long métrage. Avec pour sujets des flics constamment sous pression le film réussit à maintenir une tension éprouvante qui culmine lors de la réunion des trois personnages principaux dans les sous-sols d’une cité chaude.

La mise en scène de Fuqua, sèche et nerveuse, traduit parfaitement cette instabilité permanente, aidée par la prestation impeccable des trois acteurs principaux. Richard Gere, tout en retenue en néo-retraité en proie au spleen, Don Cheadle, déchiré entre devoir et amitié, Ethan Hawke, fièvreux, à cran sont pris dans une spirale infernale (prétendre être un autre, réunir une importante somme d’argent à n’importe quel prix), en pleine crise existentielle (les penchants suicidaires du personnage de Gere); ils auront à assumer leurs mauvais choix et essayer d’en faire de bons.

Avec L’élite de Brooklyn, Antoine Fuqua réussit son meilleur film, un polar urbain implacable et violent à inscrire parmi les plus belles réussites récentes du genre.


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Test DVD


Technique


Noirs profonds, rouges vifs pour une photographie inspirée des tableaux de Le Carravage que ce transfert restitue avec fidélité. La définition est tout à fait correcte pour une image DVD.
Claires et dynamiques, les deux pistes sonores sont particulièrement efficaces dans les scènes d’action, pour une implication maximale du spectateur dans le drame qui se joue devant lui.

Bonus

Cette édition Metropolitan propose tout d’abord un commentaire audio plutôt descriptif d’Antoine Fuqua puis un making-of divisé en plusieurs chapitres :


« Des trames de métro… »
(5′) : module consacré à l’auteur du script, un employé du métro new-yorkais ébahi de voir son premier scénario porté à l’écran dans un film hollywoodien avec trois grandes stars


« New-York : des flics sous tension »
(6′) : interviews promo où les principaux acteurs parlent de leurs personnages, le réalisateur explique le sujet et commente le casting de son film


« Au coeur du ghetto » (5’30) : on apprend dans ce module, images de tournage à l’appui, que le réalisateur Antoine Fuqua, lui même issu de quartiers sensibles de Pittsburgh, tenait à ce que le film soit filmé en décor naturel, en partie dans un ghetto sensible, avec des gens du coin pour une authenticité maximale


« Le souci du détail »
(6′) : les congratulations sont de rigueur dans ce module où les acteurs louent l’énergie et la précision d’Antoine Fuqua qui se félicite d’avoir tourner un film de studio en 41 jours à Brooklyn


« Trois flics et un dealer »
(7′) : Fuqua révèle qu’avec Training Day il a découvert la corruption et la pression qui affectent certains flics, des thèmes à nouveau injectés dans ce nouveau film pour lequel il a demandé au scénariste d’écrire une histoire pour chaque personnage afin de définir en détails leurs univers. Il a voulu faire de ses personnages principaux des mecs sympathiques, pros qui côtoient la violence et la lie de l’humanité tous les jours et sont confrontés à la mort et l’argent pourri de la drogue.

Enfin à visionner une bonne section de scènes coupées (31′) : avec 4 scènes allongées, 1 courte scène inédite et 2 fins alternatives avec une conclusion différente pour deux personnages.


 

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L’élite de Brooklyn
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