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Le Dernier Des Mohicans : Test Blu-Ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
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Pays:
 
Titre Original: The Last of the Mohicans
 
Durée: 111 minutes
 
Date de sortie: 1992 (salle) - 12/11/2019 (Blu-ray/DVD)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 20 novembre 2019 by

 
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ESC distribution est devenu au fil des années un éditeur indépendant des plus intéressants. Avec un catalogue éclectique et un œil avisé sur un certain pan de la cinéphilie, le distributeur propose des films et des éditions toujours soignées, faites par des passionnés, avec certes les moyens financiers d’un petit éditeur.

Ils avaient déjà livré une très belle édition de Manhunter (ici), qui à défaut de reprendre les suppléments d’éditions phares Outre-Atlantique, faute de droits, s’implique grandement dans les contenus. Voire dépasse certaines éditions avec des suppléments inédits.

Ici une fois encore le cinéphile est servi avec un contenu original, nous reviendrons dessus, et un packaging sobre mais très joli.

Ainsi dans un fourreau en 3 volets, nous retrouvons le film dans sa version cinéma, sa director’s cut et Le Dernier des Mohicans (1936) de George B Seitz, dont Michael Mann s’est inspiré, plus que du roman même, pour en faire le film que nous connaissons. Un poster re-colorisé de l’affiche officielle s’ajoute à l’ensemble.

Edition donc très complète qui prend tout son sens.

Pour les plus regardants, la fixation des Blurays et parfaitement pensée, simple et n’abîme en rien les galettes. Un détail !? Mais cela contribue à l’ensemble qualitatif du produit.

La critique suivante se divisera en deux temps :

I) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

  • A) Le Dernier Des Mohicans de Michael Mann (1992)
  • B) Le Dernier Des Mohicans de George B Seitz (1932)

II) Analyse des suppléments de l’édition Blu-ray

  • A) Disque Blu-ray 1
  • B) Disque Blu-ray 2
  • C) Disque Blu-ray 3

I) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

  • A) Le Dernier Des Mohicans de Michael Mann (1992)

Petite note de « d’intention » : 

Il faut avant tout remettre le film dans son époque. 1992 et la captation pellicule. Et comme avec ses réalisations suivantes, Michael Mann tentait déjà de donner une vérité à ses œuvres, cela passait sur ce film par des éclairages limités ou tout du moins le plus naturels possibles. D’où le ton généralement sombre du film.

Par répercussion le transfert vidéo (télécinéma/scan…) a dû être très compliqué, surtout qu’il n’a pas été refait depuis, date donc un peu. Apparemment ce sont ici les mêmes masters qui ont servis aux éditions Bluray France (réédition il y a quelques années chez Warner) et USA.

IMAGE :

  • Bluray version cinéma :

ESC nous précise que c’est le master le plus « clean » disponible à ce jour qui a été utilisé pour cette édition. A noter que le support de cette version qui a régulièrement été exploité en DVD, se retrouve ici enfin en Bluray. On pouvait donc s’attendre au pire mais on y gagne un peu en comparaison du précédent support qui compressait tout. Or, toutes proportions gardées, le transfert sur Bluray passe relativement bien. Evidemment on ne trouvera pas ici, un réétalonnage ou un nettoyage du film (nombreux artefacts, problèmes au début…). On sent clairement l’aspect pellicule, et les défauts inhérents au support original, avec en outre un contraste globale des couleurs bien inférieur à la version director’s cut. En résulte des séquences vraiment très sombres, un bon tiers du film étant tourné de nuit. C’est dommage et ne rend pas vraiment grâce au travail du chef opérateur Dante Spinotti mais il serait difficile de faire la fine bouche. A part un vrai investissement financier en post production et en laboratoire, difficile d’avoir une meilleure édition du film à ce jour, qui plus est dans sa version salle. Il faut juste savoir à quoi s’attendre en découvrant cette version.

  • Bluray version director’s cut :

On s’aperçoit immédiatement que le master a été retravaillé. Le piqué lors des scènes de jour est très correct, voire brillant de qualité, et nous profitons un maximum des paysages et seconds plans. A ce titre, les scènes de combats filmées dans les décors naturels sont vraiment bien mises en valeur autant par les couleurs des paysages déployés sous nos yeux que par le contraste très pellicule ici maintenu. Parfois trop mais il fallait faire un choix.

Là où la note négative apparait c’est lors de scènes obscures où le grain ressort un peu trop, travaillé avec un réducteur de bruit que l’on sent un peu, et ce afin de travailler une image éclairée à la bougie, feux de camps, lampions, et que l’étalonnage tente de rattraper en explosant un peu trop la colorimétrie.

Constat un peu sévère certes. En outre, nous avons ici le plus beau matériel vidéo disponible à ce jour, et nous émettons un peu de réserve tant le travail n’était pas simple pour un transfert HD.

La définition globale y gagne là où on y perd un peu dans les noirs, obscurs, parfois même « bouchés ».

En résumé, vu les conditions techniques de tournage, on retrouve ici un master déjà vu mais à la qualité principale maintenue, malgré quelques réticences sur les scènes sombres et/ou de nuit.

Grain bien géré.

SON :

Globalement les versions s’équivalent mais nous préférerons évidemment la version director’s cut VO (pas de VF sur cette version qui n’a pas été doublée) en DTS-HD Master 5.1 (et 2.0 disponible) sous titres imposés ?

C’est ici un vrai régal pour les oreilles, déjà la partition de Trevor Jones (remplacé ensuite par Randy Edelman) prend une bonne partie de l’espace sonore et contribue pleinement au charme du film. Partition autant aventurière que romantique. Et comme souvent chez Mann, qui attache une importance immense au sound design (montage son et FX sonores) le mix lui rend parfaitement justice.




Tout est bien équilibré dans le sens où la voie centrale est bien réservée aux voix, les centraux au passage gauche droite fait pour la stéréo et les surround arrières pour les détails des batailles par exemple et autres détails finement réalisés par son équipe de monteurs son. Un ensemble précis et d’une profondeur éblouissante. Pour ceux équipé d’un caisson de basse, ici encore rien n’est laissé de côté tant les graves prennent le dessus quand ils sont présents et ce sans effacer le reste…c’est brillant (scènes des chutes d’eau pour exemple).

On sent le travail de précision et d’équilibre apporté à ce mix.

  • B) Le Dernier Des Mohicans de George B Seitz (1932)

IMAGE :

Ici peu de surprise sur un film qui date autant. Artefacts et petites pétouilles d’usage sur ce genre de production. On a également le droit à pas mal de floues, sautes d’images et une certaine instabilité, mais l’ensemble reste correct si nous remettons le film dans son époque et donc de son « âge ». Pour une image non restaurée cela aurait pu être plus désagréable en termes de visionnage. Belle définition d’ensemble mais le film ne semble pas du tout avoir été restauré.

SON :

On retiendra encore une fois l’âge du film. Une seule piste où l’ensemble des dialogues est assez clair sans pour autant éviter les craquements d’usage avec une dynamique général dans la haute moyenne des films de cette époque.

II) Analyse des suppléments de l’édition Blu-ray

  • A) Disque Bluray 1

Entretien exclusif avec le réalisateur Michael Mann :

Cet entretien exclusif pourrait remplacer un commentaire audio (absent de cette édition, contrairement à la version Warner il y a quelques années) tant l’homme se livre sur sa vision du cinéma et sa manière de travailler. Entretien riche en anecdotes sur le tournage du film, Mann, homme érudit, se livre pendant 35 minutes sur sa vision du monde et sa façon de travailler, son implication dans Le Cinéma. En résulte un constat, que ce metteur en scène fait bien partie d’une génération qui élève le cinéma au rang d’art. Merci à Esc (et Com’on Screen) pour cet entretien. Reste une question, Mann semble être filmé dans un bureau de production, photos de tournage à l’appui, mais quel futur projet ?…

Entretien avec le réalisateur Christophe Gans :

Le critique et metteur en scène tente de faire une étude intéressante du film après une présentation rapide du metteur en scène, nous y apprenons quelques anecdoctes sur le film. Moins prenant que le précédent entretien mais au final assez intéressant dans son ensemble.

  • B) Disque Bluray 2

François Guérif autour du roman de Cooper et de ses adaptations :

Entretien intéressant versant littéraire cette fois du roman de James Finemore Cooper.

François Guérif y livre une explication et aussi comparaison entre le roman et ses adaptations, ainsi que l’intérêt de l’œuvre, pas uniquement roman d’aventure et mais déjà presque une œuvre contemporaine par sa vision de notre époque (écologie, peuples…). On notera tout de même une prise de son assez catastrophique sur une interview si récente.

Entretien exclusif avec le compositeur Trevor Jones :

L’homme se confie durant près de plus d’une demi-heure. Sur son travail avec Michael Mann comme sa vision du travail de compositeur. On le sent passionné. Un peu long tout de même sur la durée.

  • C) Disque Bluray 3

Deux suppléments :

Les Indiens de la Côte Atlantique (11’10) :

Supplément très historique sur une époque pré-conquête de l’Ouest et les tribus indiennes, guerre franco-anglaise… Assez pédagogique et instructif sur le plan historique. Pour public concerné et avisé.

Entretien avec Christophe Champclaux (23’54) : qui nous parle avec passion et intérêt du producteur du film, Edward Small, des acteurs, tout en faisant un lien récurent avec le roman original. Il aborde également, l’accueil du film ainsi que la censure de l’époque et n’oublie pas d’évoquer le film de Michael Mann. Instructif et intéressant. Bémol, trop d’extraits de films pour tirer le bonus à un temps plus conséquent et sans que cela soit en rapport avec l’entretien.


Manuel Yvernault

 


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