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Le Chardonneret

 
 
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Titre Original: The Goldfinch
 
Durée: 150 minutes
 
Date de sortie: 18/09/2019
 
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Posted 20 septembre 2019 by

 
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Synopsis : Theodore « Theo » Decker n’a que 13 ans quand sa mère est tuée dans une explosion au Metropolitan Museum of Art. Cette tragédie va bouleverser sa vie : passant de la détresse à la culpabilité, il se reconstruit peu à peu et découvre même l’amour. Tout au long de son périple vers l’âge adulte, il conserve précieusement une relique de ce jour funeste qui lui permet de ne pas perdre espoir : un tableau d’un minuscule oiseau enchaîné à son perchoir. Le Chardonneret.

L’avis de Quentin :

Le Chardonneret, nouvelle réalisation de John Crowley, après Boy A et Brooklyn, propose l’adaptation du prix Pulitzer 2014. Pour ce passage de l’oeuvre littéraire de Donna Tartt au septième art, le cinéaste a choisi de s’entourer d’un casting remarquable avec Nicole Kidman, Ansel Elgort (Baby Driver), ou encore Finn Wolfhard (Stranger Things).

Le film retrace l’existence d’un enfant de ses 8 ans jusqu’à sa majorité. On y découvre sa capacité à dépasser le décès de sa mère dans un attentat auquel il a pu survivre. Afin de conserver et immortaliser cette présence maternelle arrachée, le jeune garçon a dérobé une oeuvre lors de l’explosion au Musée Metropolitan de New York : Le Chardonneret de Carel Fabritius. Un tableau représentant le dernier bastion pour cet être aimé disparu, dernier souvenir d’une personne irremplaçable. Le film traite de ce fait de l’impossibilité de retrouver une mère, de cette perte unique et irrattrapable. L’histoire nous présente les pérégrinations d’une jeunesse en perte de repères s’identifiant à de nombreuses figures féminines qui ne cesseront de disparaître que cela soit de manière volontaire ou bien involontaire. Une inlassable quête identificatoire qui semble continuellement échapper au personnage principal, condamné à accepter, forcé à vivre, survivre.





Le lien avec l’art et plus particulièrement avec la peinture,  permet d’appuyer l’intrigue principale, lui offrant de multiples sous-textes. Il n’y a pas de hasard si ce jeune garçon se trouve prisonnier du tableau Le Chardonneret. Tout comme le petit oiseau représenté sur la toile, il se trouve enchaîné à une cage avec la peur, la terreur d’accepter l’inacceptable. La volonté d’accepter sa condition en se targuant toujours plus de ne pas avoir la clé, les outils entre les mains pour se libérer. Hors, tout comme le chardonneret, il doit se débrouiller seul dans un monde toujours plus individualiste où lorsque les détenteurs de la liberté disparaissent, il ne reste plus qu’une issue, créer, concevoir de nouvelles visions, de nouveaux échappatoires pour un jour dépasser sa condition quelle soit sociale, sentimentale, ou bien même humaine. C’est dans ce rapprochement à l’art et la capacité de l’homme de créer que les limites semblent continuellement pouvoir se repousser montrant à qui saura observer les nuances de vie, de beauté que renferment les toiles, que détient la vie.

Ainsi, le parcours du jeune homme ne cesse de le confronter à sa construction, pour toujours se faire détruire, un manège continu dont il semble prisonnier. Esclave d’un père alcoolique criblé de dette, ne voyant en son fils qu’une tirelire, détenu d’une famille d’accueil qui ne peut se bâtir et se stabiliser sans sa présence, famille vampirique, ou encore captif trompé par son seul ami d’enfance, lié par des secrets éternels. C’est à travers cette galerie de personnages gigantesque que notre personnage se doit d’exister, ou plutôt de subsister.

Cependant, le film déçoit dans sa construction des personnages montrant les limites d’adapter un tel livre au cinéma. A force de vouloir explorer de multiples personnages et leurs facettes, le cinéaste perd de son dynamisme ainsi que de sa fluidité dans la mise en scène de l’oeuvre. Ainsi de nombreux personnages capitaux à la création littéraire se trouvent relégués au second plan laissant de nombreuses approches en suspens.

C’est cette difficile gestion des nombreux personnages qui dans la dernière partie du film, font ressentir la présence d’un scénario flottant, qui ne sait ou n’ose trop choisir son cap. A travers de multiples échappées temporelles, le cinéaste parvient à sauver quelques creux, absences pour le spectateur. De plus, là où le film nous porte et nous émerveille dans sa première partie, grâce à des acteurs enfants formidables , la deuxième partie se fragilise avec une alchimie entre les acteurs qui n’opère plus une fois adulte et c’est bien le reproche le plus important que l’on puisse faire au film : sa capacité à nous subjuguer, durant ses deux premières heures, pour mieux nous frustrer durant ses trente dernières minutes.

Le Chardonneret n’est pas l’adaptation incontournable et tant attendu du best-seller de Donna Tartt. Cependant, il demeure un divertissement de qualité qui donne à son rapport à l’art sa force première : la capacité de permettre au spectateur de s’évader, de rêver, d’espérer.


Quentin Tarantino

 


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