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La premiere etoile

 

 
Overview
 

Genre:
 
Titre Original: La premiere etoile
 
Durée: 90
 
Realisateur: Lucien Jean-Baptiste
 
Acteur: Lucien Jean-Baptiste,Anne Consigny,Firmine Richard
 
Pays: France
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 31 mars 2009 by

 
Full Article
 
 

Jean-Gabriel, marié et père de trois enfants, vit de petits boulots et passe son temps au bar PMU du coin. Un jour, pour faire plaisir à sa fille, il promet un peu vite à toute la famille de les emmener en vacances au ski. Seul problème : cette fois-ci, s’il ne tient pas sa promesse, sa femme le quitte. Il va devoir faire preuve d’imagination sans limite pour y parvenir…

 

 

 

 

 

 

 

Avis LeStein :

 

 

Confiné dans des petits rôles jusqu’à présent et surtout dans le doublage d’acteur, il est la voix française de Will Smith et Don Cheadle, Lucien Jean-Baptiste se permet de s’offrir le premier rôle dans son premier film en tant que réalisateur. Pari osé, pari inattendu, pari surprenant mais pari réussi.

 

 

La première étoile est un film simple et efficace. D’un côté des thèmes qui touchent tout le monde (contrairement aux autres films qui pensent nous faire rêver en nous racontant la vie des chiens mais tchut tchut pas de nom) et de l’autre côté un casting incroyable composé de célébrités subtilement choisies afin de toucher tout un panel de public.

 

 

 

 

 

Le film raconte comment une famille très modeste, limite sans le sous, dont la mère, interprétée par Anne Consigny, est vraiment la clé de voute de tout ce petit monde, va aller au ski. Chose inhabituelle puisque notre histoire prend place à Créteil où l’idée principale des parents est plutôt de chercher du travail et de trouver des moyens pour faire survivre la famille et celle des enfants et  de se faire reconnaître dans la cité. Thèmes cher au cinéma français puisque l’on montre les conditions de vies de beaucoup de personnes, leur quotidien.

 

 

Le film aurait pu tomber dans une morosité propre au cinoche français mais Lucien Jean-Baptiste a très bien compris que pour parler de la misère, il est préférable d’utiliser l’humour. C’est alors que ce drame devient une comédie dramatique avec une soupçon de comédie italienne.

 

 

Le fait de partir au ski semble naturel chez beaucoup de gens, mais ça ne l’est pas pour une famille de banlieue et qui plus est, d’origine antillaise. Voici un peu la base de l’humour. Mettre quelqu’un ou quelque chose dans un autre contexte tout en gardant son originalité. Cela donne La première étoile.

 

 

 

 

 




Ce départ au ski sera le renouveau familial, du moins on l’espère, car pour maintenir sa promesse, de père adulescent doit renoncer à sa propre existence de jeu de course et café dans le bistrot du coin, pour se consacrer entièrement à celles de ses trois enfants, ce qui s’avère difficile lorsque l’on est assisté par sa femme qui pour une fois le laisse dans ses problèmes. Il se retrouve donc face à ses trois enfants Manon (Loreyna Colombo), petite fille très intelligente qui tient à montrer qu’elle a une très bonne vie tout comme ses copines de classe, Ludovic (Ludovic François) le petit dernier turbulent et tout aussi intelligent et Yann (Jimmy Woha-Woha) l’aîné, adolescent un peu perdu face à ce père absent au final, qui lui aussi a du potentiel sans que personne de le voit. Donc difficile de gérer tout ce petit monde quand on a pas l’habitude, mais c’est comme tout, ça s’apprend, comme lui dira sa femme fatiguée!

 

 

Il se retrouve devant divers problèmes, sa clé de voûte n’est plus et il faut financer ce voyage. Il se tourne vers sa mère, son autre clé pensant qu’elle l’aiderait. Cette mama antillaise, Firmine Richard, exceptionnelle, magnifique, ressemble trait pour trait à la mama italienne, avec ses principes, ses croyances, son caractère et elle ne se laissera pas marcher sur les pieds. Elle aura un grand rôle dans la suite des événements d’ailleurs.

 

 

Tout au long de l’histoire nous allons suivre une évolution. Nos personnages vont partir de Paris pour certes y retourner mais ils auront changé et ils auront changé les autres aussi. Car Lucien Jean-Baptiste ne parle pas que de la cité, il parle aussi du regard extérieur que l’on porte sur eux. En arrivant dans cette station de ski, cette famille peu ordinaire va déclencher quelques avalanches avec le thème du racisme racial et social et de l’absence familial. Les amis de l’ami louant le chalet ne sont peu enclin à leur louer le susdit chalet et ont peur de se faire avoir…en tout cas la femme, interprétée par Bernadette Lafont qui représente très bien la mamie française.

 

 

 

 

 

L’histoire continue, tout le monde tente de passer du bon temps et finalement, que ce soit dans la cité, au pieds de piste de ski, dans un village pyrénéen par exemple, on cherche toujours à reconduire ce que l’on sait faire. Ainsi le père se retrouve de nouveau dans le bistrot du coin pour y jouer les économies du voyage (dans le but de s’en sortir), abandonnant sa fille à elle même, Yann est toujours en froid avec son père pour qui il n’a aucune estime, Ludovic cherche toujours à comprendre la vie, Manon veut qu’on la remarque et Bonne Maman traite toujours son fils de bon à rien.

 

 

Mais tout change car finalement, la peur du début s’évanouit dans un déluge comique montrant surtout les bons côtés de tous. La famille antillaise va décoincer tout ce petit monde. En effet, les gens du bistrot, réticents à l’idée de voir un étranger dans leur bar se rendent compte qu’il fait exactement la même chose qu’eux. Le fil rouge comique du film sera les différentes rencontre avec le garagiste, employé de la station de ski, animateur, joué par Gilles Benizio (Dino de Shirley & Dino). Bonne Maman va nouer des liens avec le couple Morgeot (les loueurs) qui sont d’une gentillesse exceptionnelle. Le père Morgeot (Michel Jonasz), qui souffre de l’absence de son petit-fils, verra en Ludovic la possibilité de combler ce vide (ainsi nous montrons que les familles des cités sont peut être plus soudées que les autres).

 

 

Dès que l’on sort des milieux quotidiens, on se découvre des talents insoupçonnables et on y fait de drôles de rencontres c’est ainsi que Yann croisera une jeune d’un tout autre milieu social mais qui n’est pas insensible à son charme. Manon livre une prestation vocale émouvante. Ludo se révèle très doué pour le ski.

 

 

 

 

 

 

 

Même si certaines situations sont déjà prédites à l’avance, on en sourit légèrement tout en se demandant quelle sera la réaction des personnages. Je pense particulièrement à Jojo (Edouard Montout), pote de Jean-Gabriel, dont sa vie est axé sur sa voiture de tuning, qu’il est obligé de prêter. C’est sa vie qui part et comme nous tous dès que l’on touche à notre raison d’être, on flippe… On peut être là pour les potes, pour donner un coup de main, mais dès qu’il faut s’engager réellement, c’est fini. Vous l’aurez compris, la prunelle de ses yeux s’en va, il espère juste qu’elle survivra…

 

 

La première étoile est une petite perle. Sans prétention, Lucien Jean-Baptiste nous a donné un rayon de soleil antillais qui pourrait bien revenir dans un second film.

 

 

La première étoile mélange l’amertume française et le comique italien avec une légèreté purement antillaise.

 


zast

 


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