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La Gorgone : Test Blu-Ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: ,
 
Genre:
 
Pays:
 
Durée: 80 minutes
 
Date de sortie: 1964 (salles) / 22/10/2019 (médiabook)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 1 décembre 2019 by

 
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Synopsis : Dans un village d’Europe Centrale, vers 1910, on retrouve les corps de nombreuses victimes petrifiées. Le professeur Heitz décide d’enquêter malgré les réticences de ses concitoyens. Il pense que ces évènements sont l’oeuvre de la Gorgone, une créature à l’apparence d’une femme mais avec des reptiles sur la tête !

ESC depuis plusieurs mois a créé un rendez-vous mensuel, de plus en plus suivi et attendu, pour les aficionados du cinéma d’horreur britannique des années 60 avec sa collection British Terror. Cette dernière regroupe des restaurations issues du catalogue de la Hammer Films Productions. En alternant de façon astucieuse, l’éditeur français parvient à délivrer tout un programme diversifié, sachant modérer et alterner les atmosphères dans un catalogue qui aurait pu se montrer rébarbatif. C’est ainsi, après avoir usé il y a quelques mois de la figure de Frankenstein, avec l’attendu La Revanche de Frankenstein, que ESC nous propose de (re)découvrir un film singulier, de par la mythologie qu’il convoque :  La Gorgone de Terence Fischer.

Nous examinerons l’édition Blu-ray proposée par ESC en deux temps :

I) La critique de La Gorgone

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

L’avis de Quentin :

I) La critique de La Gorgone

Terence Fisher, figure de proue de la Hammer, propose avec La Gorgone une curieuse nouveauté en empruntant à la mythologie grecque, un personnage emblématique, pour l’adapter au cœur du cinéma de monstre des années 60. C’est d’ailleurs une ambition importante dans la carrière d’un réalisateur de renommé, qui restait cantonné, de manière sécuritaire à des archétypes du cinéma d’horreur. Le cinéaste britannique a durant de nombreuses décennies pris le  parti de réécrire des personnages incontournables du cinéma d’horreur classique qu’il s’agisse de Frankenstein (La Revanche De Frankenstein), le fantôme de l’opéra, Dracula (Le Cauchemar de Dracula), Dr Jekyll et Mr Hyde (Les Deux Visages Du Dr Jekyll) ou bien encore le loup-garou (La Nuit Du Loup-Garou).

C’est dans cette carrière de reprise, que La Gorgone tire son épingle du jeu, amenant une nouvelle figure emblématique à intégrer les productions de la Hammer. Le film de Fischer se situe à la rencontre de deux réussites de sa filmographie entre le film d’horreur gothique, son partenariat avec la Hammer films et le policier british avec son adaptation de l’oeuvre de Sir Arthur Conan Doyle, Le Chien Des Baskerville. Une oeuvre hybride qui laisse place à une enquête fantastique qui au fur et à mesure de ses avancées nous approche de l’horreur. Il réussit à instiguer de nombreux événements fantastiques de manière parcimonieuse, nous faisant basculer de manière habile en plein cœur d’une oeuvre horrifique originale qui ne cesse de travailler ses références pour développer sa propre identité. Une articulation plaisante et intrigante qui empêche parfois au long-métrage d’afficher sa singularité tant il cite et regorge de clins d’oeil.

De la sorte, on se trouve face à des relectures d’œuvres telles que La Belle Et La Bête, Le Loup-Garou ou encore Dracula. Cette forêt rempart entre la ville et le château où réside la créature tout comme cette romance entre l’homme et la bête donne une lecture inverse de l’oeuvre de Cocteau, tout en s’emparant de ses codes. L’apparition de la gorgone lors des nuits de pleine lune nous renvoie en plein cœur de la mythologie des lycanthropes. Enfin, la plus intéressante, fascinante des relectures est celle de Dracula, tant il parvient à se détacher de l’oeuvre originale avec cette mise sous terreur de la population, par la bête, pour mieux la vampiriser, devenant son vivier.

Le film traite ainsi à travers ses relectures, bien plus de l’humain que de la bête. On y voit un village terrorisé par la gorgone, préférant taire son nom, faisant mine de l’inexistence de cette dernière. Fischer explore de la sorte, le caractère parfois autoritaire dans la direction des petits villages. Il joue sur le concept d’impossibilité du secret de par la promiscuité, de la conservation des mythes. La conservation de ces « traditions » passe ainsi par l’élimination de nouveaux habitants, qui seront par la suite jugés coupable des meurtres commis par la gorgone. L’horreur pure se transforme de la sorte en une ombre épouvantable captivante qui pourrait à tout moment se renfermer sur nous. La façon dont a été tourné le film pousse de la sorte le spectateur à entrer dans un climat de suspicion où le mal pourrait tout autant venir des hommes que des bêtes de l’antiquité, à moins que l’homme ne reste la plus effroyable des créatures antiques.

La gorgone est une oeuvre surprenante qui nous berce dans des codes connus de tous, tout en réussissant le tour de force d’installer un nouveau personnage dans l’écurie de la Hammer films. Sans pourtant être incontournable, le film possède un charme qui a été minutieusement conservé à travers les décennies pour aujourd’hui nous terrifier et nous ravir avec ce conte horrifique d’une sombre beauté.

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-ray

Image :

Bien que toutes les sorties de la collection British Terrors ne se valent pas en terme d’image, dû à l’usure  du matériel initial, nous ne pouvons que saluer cette très belle restauration de La Gorgone. L’image parvient à s’ancrer dans les grandes réussies de la collection tant par le travail autour du piqué, les nombreux détails qu’il laisse transparaître, que par le travail autour du contraste ainsi que de la colorimétrie qui donne une véritable jeunesse à une oeuvre qui fête aujourd’hui ses 55 ans. Seul petit défaut, les plans sur le château de La Gorgone se trouvent particulièrement saturés avec un grain très soutenu.

Note Image : 4/5

Son :

Tout comme pour le constat que nous pouvions faire autour de l’image, le travail sonore sur cette édition est merveilleusement réalisé. Deux pistes sont proposées pour découvrir le film :

  •  Anglais (DTS-HD 2.0) : Il y a peu de reproches à faire à cette piste tant elle respire laissant sortir en clarté les voix tout comme la bande originale. Les deux pistes ne se chevauchent à aucun moment pour notre plus grand plaisir. Cependant, il est à noter que la fréquence de sortie, relativement basse, poussera le spectateur à hausser le niveau du son pour pleinement profiter de la piste.
  • Français (DTS-HD 2.0) : Bien que préférant, la piste anglaise, pour des questions d’atmosphère, la piste française s’en sort avec les honneurs. On retrouve un doublage comme nous ne savons désormais plus en faire qui laisse aux personnages une diction articulée appréciable mais surtout un équilibre réussi entre les voix et ambiances sonores.

Note Son : 4/5

Suppléments :

ESC nous propose deux suppléments pour cette édition Médiabook de La Gorgone :

  • Présentation de la Hammer par Nicolas Stanzick : Le journaliste et spécialiste de la Hammer revient sur l’histoire des studios de la Hammer en expliquant son apport nouveau au cinéma d’horreur pour ensuite aborder l’impact que ces films ont eu sur le cinéma horrifique international que cela soit en Italie ou bien même jusqu’aux Etats-Unis. Un supplément réussi et très intéressant qui se répète cependant avec les bonus de précédentes sorties de la collection British Terrors.
  • Analyse du film par Noël Simsolo : Le journaliste et cinéaste revient sur l’histoire de ce film incontournable de la Hammer. De sa conception jusqu’à sa réception public. Il aborde l’amorce tumultueuse du projet, explique la formation du casting, l’idée d’adapter ce nouveau monstre, ainsi que toute la création de l’identité du film. Un supplément qui permet de donner de nouveaux outils de lecture d’un film qui fête ses 55 ans.

Note suppléments : 3/5


Quentin Tarantino

 


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