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First Man – Le premier homme sur la Lune

 
 
Overview
 

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Titre Original: First Man
 
Durée: 140 min
 
Date de sortie: 17/10/2018
 
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Posted 6 octobre 2018 by

 
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Le 21 Juillet 1969, Neil Armstrong est le premier homme à fouler le sol lunaire, concrétisant 8 années de folie de la conquête spatiale et donnant aux Etats-Unis leur première (et peut-être bien la seule) victoire dans cette course folle menée contre la Russie. Mais quel a été le parcours de cet homme discret et persévérant, qui a osé relever tous les défis proposés pour arriver à ce but ?


 

 

 


L’avis de: Taz

Comme le titre pouvait le laisser supposer, First Man s’articule entièrement autour de Neil Armstrong : sa vie, sa relation avec sa femme et avec ses enfants, ses frustrations, ses doutes, ses coups de génie…

Malheureusement, là où l’on pouvait espérer un film dans la veine de L’étoffe des héros, décrivant comment une équipe d’homme a réussi à atterrir sur la Lune, on ne trouve qu’un biopic centré sur un seul et unique protagoniste, laissant tout le reste (personnages, intrigue, déroulement temporel, difficultés techniques, aspects historiques…) au second plan.

Les dates s’égrènent, les scènes et les situations s’enchainent, décrivant les grandes étapes de la vie d’Armstrong, mais sans prendre le temps d’exposer les faits, de s’attacher à des personnages caricaturés (on ne sait pas qui ils sont, quels rôles ils ont joué dans l’histoire spatiale, et ils ne nous provoquent aucune empathie). Il semble que tout soit secondaire ici…

… sauf les moments de vie de notre héros, filmés caméra à l’épaule (façon « film d’époque ??? »), à grand renforts de gros plans… Or, même là, on ne parvient pas à saisir où veux en venir le réalisateur : scènes interminables, une Janet Armstrong totalement insipide (qui aura 2 éclairs de lucidité dans sa vie, apparemment), des relations avec ses autres collègues à peine survolées.

On appréciera toutefois quelques choix de réalisation réussis, comme la mission Gemini 8 filmée en subjectivité totale, extrêmement oppressante et laissant bien imaginer ce que ce devait être de partir dans l’espace dans ces boites de conserve volantes.




Plat et bâclé, ce film se réduit à un hommage à un seul homme… Mais ne parvenant pas à décrire les pensées et l’univers d’Armstrong, il passe à côté de son sujet. Le spectateur en vient à souhaiter d’entendre rapidement la phrase devenue culte « c’est un petit pas pour l’homme… » afin de pouvoir passer à autre chose. Décevant…

 

L’avis de: Manu

Avec Whiplash, Damien Chazelle avait su marquer son entrée en scène dans le 7ème art avec un film faisant figure de décharge musicale et émotionnelle. Auréolé ensuite du succès mondial et oscarisé La La Land, les portes du tout Hollywood lui semblaient ouverte.

Et c’est par un joli pied de nez d’un film immense sur le papier mais intimiste dans sa forme que le réalisateur revient au cinéma.

Toujours accompagné de Ryan Gosling, Chazelle étend son histoire d’une exploration historique et majuscule à hauteur d’homme. First Man tire alors toute sa force de cet axe où la part humaine n’a jamais vraiment été explorée de cette manière au cinéma. Si l’exercice du biopic est souvent une histoire d’ellipses, ici, le regard imposé par Chazelle (longue focale, cadres resserrés, lumière extrêmement travaillée dans son réalisme, quasi impressionniste …) est d’une précision et d’une intelligence marquées. A ce titre, peu étonnant de retrouver Linus Sandgren, déjà à la photo sur La La Land, Joy, Battle of the Sexes, pour offrir un teint propre à son époque, la fin des années 60, magnifiée par des décors peu discrets finalement. C’est aussi en saisissant l’immense défi de l’époque (remis dans son contexte) que First Man prend son accent majeur mais cette réussite n’est alors exposée que grâce au parti pris de Chazelle  pour créer une intimité propre au sens large et général de sa galerie de personnages comme du regard qu’il pose sur Neil Armstrong et des défis professionnels et personnels qu’il a dû traverser.

Là où Chazelle excelle également c’est dans sa proportion à montrer l’infiniment précis, et fouillé, de la technique (théorie comme pratique, détails des objets comme essai global) en la conjuguant avec l’intime tout aussi fouillé de son, ses, personnages. Et c’est par la compréhension même de cet ensemble et en ne voulant jamais les dissocier l’un de l’autre que l’effet devient majeur pour le spectateur. En cela, la dernière demi-heure attendu ici comme le climax d’un thriller dont on connaîtrait la fin est immense d’émotions et d’implications. Tout est réuni à en reconnaître parfois ses pairs, Eastwood (qui avait un temps le projet entre les mains) pour l’intimisme et Spielberg (producteur exécutif) pour le panel morceaux de bravoures et découpage du récit.

Ainsi en s’affranchissant de sa filmographie passée et en tentant une autre aventure qui passe par l’expansion d’une autre grammaire cinéma (caméra épaule, proches des corps, des visages) Damien Chazelle brille une nouvelle fois dans un exercice rare et peu évident dans la production actuelle, voir et émouvoir devant la toile avec une application traditionnelle. On y revient encore et toujours.


Taz

 


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