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Dumbo

 
 
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Durée: 112 minutes
 
Date de sortie: 27 mars 2019
 
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Posted 13 avril 2019 by

 
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Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler…


L’avis de Quentin :

Disney ouvre le grand-bal de ses remakes live-action 2019 dès ce mois de mars avec son classique Dumbo. Après nous avoir ébloui avec Le Livre De La Jungle de Jon Favreau, émerveillé avec La Belle et La Bête de Bill Condon ou encore ému avec Christopher Robin de Marc Forster, la souris la plus célèbre du septième art décide d’inviter dans son univers empli de magie le réalisateur acclamé d’Edward Aux Mains D’Argent et Beetlejuice : Tim Burton.

A l’annonce même de cet étrange projet, Dumbo par Tim Burton, de nombreuses interrogations se sont faites sentir : comment Burton avec son univers gothique, baroque si singulier parviendra-t-il à adapter Dumbo ? Aurons nous droit à une relecture complète par le réalisateur de cette triste histoire ?

Nos questions se dissipent alors très rapidement dès les premières séquences du film. Dumbo ne pouvait rêver de meilleur réalisateur. Nous n’avions pas vu Tim Burton en si grande forme depuis le début de la décennie, à l’exception du somptueux Big Eyes.

Le réalisateur américain parvient à regrouper toutes les forces de son cinéma : l’esthétisme, la mélancolie, la peur mais avant tout la magie et l’émerveillement. Il réussit avec ce film à nous proposer une réappropriation de tout son travail des trente dernières années pour nous l’insuffler dans cette oeuvre.

Il nous émerveille sans interruption de la première à la dernière scène du film. La magie est instillée dans la moindre des séquences, dans le moindre des arrangements. Les plans sont d’une beauté inouïe, nous montrant de nouveau que Burton est un ingénieux réalisateur lorsqu’il s’agit de montrer la part de magie que renferme le quotidien. Tous les artifices qui donnaient de la puissance au réalisateur sont tombés et nous nous plaisons à croire qu’il nous dévoile son talent de manière brut, nue.




On y découvre un réalisateur intime qui prend le temps de développer son sujet, ses personnages, son atmosphère. Il n’est plus à vouloir nous épater sans interruption comme il a pu le vouloir par le passé. Aujourd’hui avec cette production Disney, Burton s’assagit et nous fait prendre parfaitement conscience de toute sa grâce, de tout son génie. Il nous emmène au cœur de  l’enfance, nous rappelle nos fascinations passées pour le cirque, les animaux, ou encore le cinéma. Le film nous porte dans l’univers du cirque et nous n’aurions pu rêver mieux pour laisser le metteur en scène clamer son amour pour le cinéma. Nous voyageons des premières heures du cinéma des frères Lumière et du cinématographe jusqu’au cinéma des années 50 en s’offrant d’effrayantes références au cinéma expressionniste allemand des années 30.

Le long-métrage a une manière singulière d’offrir une valse partagée entre la mélancolie et l’espoir. Il met le spectateur au cœur de son exposé. Nous redoutons à la fois d’accepter cette féerie, car nous ressentons tout au long du film un spectre dramatique planer au-dessus de nos têtes. Cet équilibre si fin, si méticuleux nous fait pénétrer l’univers de Tim Burton comme cela n’était jamais arrivé depuis Edward Aux Mains D’Argent.

Sa mise en scène est magnifiée par les moyens techniques mis en place par les studios Disney. Dumbo a bénéficié des techniques d’animation du récent Livre De La Jungle. L’éléphanteau est d’une beauté insoupçonnée. Son regard nous foudroie, plein de tristesse et d’espoir. Il est difficile de retenir ses larmes face à ce petit éléphant qui ferait tout pour retrouver sa mère.

Tim Burton rend un véritable hommage à Jumbo, à travers la mère de Dumbo, l’éléphant martyr qui aura traversé le monde. Il nous montre son parcours en parallèle de celui de Dumbo. Le film aborde alors la question de la condition animale dans notre société, de la place de ces derniers dans nos cirques, et autres parcs animaliers. Il interroge sur notre légitimité à prendre des décisions pour d’autres êtres vivants dans la seule optique de nous divertir.

Le réalisateur américain a également su s’entourer d’une équipe robuste permettant d’assurer l’ascension de son petit protégé. Nous retrouvons en têtes d’affiche Colin Farrell qui ne cesse de nous surprendre depuis son rôle dans The Lobster de Yorgos Lanthimos se révélant être un acteur subtil et émouvant, parvenant à s’imposer de manière prodigieuse devant la caméra de ses metteurs en scène. Eva Green revient chez Burton après le décrié Miss Peregrine et campe un personnage bipolaire, devant choisir entre la gloire, ou la dignité. Enfin, Michael Keaton, joue comme à son habitude particulièrement bien mais commence à ne plus innover dans son jeu d’acteur.  Il faudra également féliciter pour leurs rôles Nico Parker et Finley Hobbins, les deux enfants acteurs ont tout pour réussir la suite de leur carrière.

Du côté de la bande-son, il s’agit de Danny Elfman qui pilote le navire. Sa bande-son bien que réussie et collant parfaitement à l’univers de Dumbo s’essouffle un peu par son manque de singularité. Elfman compose ce que l’on attendait de lui et ne nous proposera rien de plus. Enfin, Arcade Fire a composé un titre inédit pour le film : Baby Mine. Un titre doux, tendre et mélancolique comme l’est le personnage de Dumbo.

A bien y réfléchir le fait que Burton choisisse d’adapter ce classique Disney était loin d’être anodin. Dumbo est la projection même du réalisateur sur le grand écran, un être singulier dans un univers conformiste. Le réalisateur parvient ici à totalement présenter sa personne sous les traits de cet éléphanteau moqué de tous. Un chef d’oeuvre du cinéma de Burton, une réalisation intimiste pour une pièce maîtresse dans la filmographie de son cinéaste.

L’avis de Manu

On pensait retrouver un Tim Burton en très grande forme vus les premiers échos de son dernier film mais c’était sans compter sur la mainmise de Disney. Dumbo reste alors un film à la maîtrise technique merveilleuse et éblouissante mais très gentillet et propre sur lui.

Le rythme est très scolaire et les effets de manches plutôt prévisible. La poésie du réalisateur est assez présente mais s’inscrit encore trop peu dans la notion « freaks » qui a fait la réputation de Burton et qui pourtant était sur le terreau idéal. Aussi le cinéma de Burton s’il arrive à séduire se veut également un peu figé dans une sorte de facilité esthétique qui ne suffit plus à empoter totalement le spectateur. Certes c’est sublime, touchant, Dumbo est plutôt « mignon » (excellent travail sur les SFX) mais au-delà de ces aspects formels, ne reste pas grand-chose de très prenant comme à la meilleure époque des chefs d’œuvre du metteur en scène.

Toujours est-il que ce Dumbo à l’étoffe d’un vrai classique en live action mais qui manque, un tant soit peu d’émotion un peu subtile. Dommage on y croyait, tout en notant tout de même les prémices d’un Tim Burton sur la renaissance, pas encore totalement retrouvé, mais plus lui-même que dans ces derniers films.


Quentin Tarantino

 


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