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Coffret Richard Fleischer

 
 
Overview
 

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Durée: 89 -111- 103mn
 
Date de sortie: 1971-1972 (films) - 09/11/2016 (coffret brd et dvd)
 
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Posted 28 novembre 2016 by

 
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Richard Fleischer est considéré par beaucoup comme un habile faiseur, un artisan appliqué d’Hollywood connu pour les grosses machines 20 000 lieues sous les mers, Les vikings, Le voyage fantastique, Soleil vert ou Conan le destructeur. La filmographie de ce prolifique réalisateur regorge pourtant de petits bijous oubliés comme ces 3 excellents films tournés dans les 70’s édités par Carlotta : le survival implacable Terreur aveugle, le drame social L’Étrangleur de Rillington Place et la chronique policière Les flics ne dorment pas la nuit.




terreuraveuglephoto1Suite à une chute de cheval qui a mal tourné, la jeune Sarah perd l’usage de la vue. À sa sortie de l’hôpital, elle retourne habiter chez son oncle et sa tante dans un joli cottage de la campagne anglaise. Un jour que Sarah passe l’après-midi chez son ami Steve, un drame a lieu dans la demeure familiale…

Entre thriller et giallo, Terreur aveugle (1971) voit, comme Deux mains dans la nuit de Robert Siodmack (1945) ou Seule dans la nuit de Terence Young (1967), un personnage handicapé terrorisé par un sadique. Mia Farrow y campe une jeune aveugle poursuivie dans le cottage familial par le psychopathe qui a assassiné tous ses proches. Terreur aveugle fait montre d’une mise en scène aiguisée avec un sens du détail, une gestion  de l’espace épatants. Ainsi l’assassin n’est identifié que par ses bottes, un détail vestimentaire qui introduit la menace et la terreur dans le plan et va provoquer des sueurs froides à l’héroïne comme au spectateur. Le rapport fétichiste aux objets, la couleur rouge dominante renvoient au giallo. Question psychologie on repassera mais la précision de la mise en scène de Richard Fleischer emballe ce thriller compact et viscéral qui s’appuie sur la performance saisissante de Mia Farrow.

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Timothy et Beryl Evans viennent d’emménager avec leur petite fille au 10 Rillington Place, à Londres. Ils sympathisent rapidement avec leurs voisins du rez-de-chaussée, les Christie. Mais derrière ses airs courtois et respectables, John Christie est en réalité un meurtrier qui assassine froidement des femmes en se faisant passer pour un ancien médecin…
Déjà signataire de Le génie du mal (1959) et L’étrangleur de Boston (1968) avec son épatant usage du split-screen, Richard Fleischer clôt sa trilogie criminelle avec L’Étrangleur de Rillington Place (1971), adaptation du livre de Ludovic Kennedy relatant l’histoire vraie du tueur en série John Reginald Christie qui a sévi en Angleterre dans les années 40-50.
Sur un arrière-plan social où apparaissent différentes strates de la société anglaise avec ce bourgeois instruit qui profite de la pauvreté et de la crédulité de prolétaires en souffrance et peu éduqués pour assouvir ses pulsions de mort, Richard Fleischer livre le portrait terrifiant d’un psychopathe de la pire espèce qui cache derrière une façade de normalité (un logeur avenant) un monstre. La virtuosité de la mise en scène est une nouvelle fois manifeste, avec ses cadres serrés pour accentuer la sensation d’étouffement, ses plans séquences élaborés dans un cadre exigu, ses ombres menaçantes où se cache Richard Attenborough, impressionnant dans la peau de l’infâme John Reginald Christie dans ce très noir L’Étrangleur de Rillington Place.
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De nouvelles recrues font leur entrée dans un commissariat de Los Angeles, parmi lesquelles Roy Fehler, étudiant en droit entré dans la police pour subvenir aux besoins de sa famille. Il fait équipe avec Andy Kilvinski, vieux briscard engagé dans la police depuis 23 ans, qui lui apprend toutes les ficelles du métier. Roy devient vite accro à la rue et à ses dangers, et délaisse peu à peu ses études et sa famille…
Dernier film et non des moindres du coffret édité en cette fin  d’année par Carlotta, Les flics ne dorment pas la nuit (1972) est tiré d’un roman de Joseph Wambaugh, ex-membre du LAPD devenu romancier au début des années 70, auteur notamment de Bande de flics mis en images par Robert Aldrichen 77.
Sous la forme d’un récit d’initiation policière où un vieux flic proche de la retraite passe le témoin à une jeune recrue idéaliste (sous-genre du film policier dont un des derniers bons rejetons est Training day), Les flics ne dorment pas la nuit dépeint de manière réaliste et sans complaisances le quotidien difficile de ce corps de métier confronté aux pires maux de la société comme le crime, les violences domestiques, le  racisme (les émeutes de Watts à la fin) dans les quartiers les plus durs de LA. Cette chronique policière, constituée d’épisodes rarement légers et souvent violents (la séquence avec le nourrisson en souffrance est à ce titre marquante), distille une mélancolie, une tristesse personnifiées par le personnage de George C.Scott, vieux flic consumé par son métier que la retraite n’apaisera pas et celui de Stacy Keach dont le sombre parcours de vie marque durablement.
Regard sociologique pertinent (la police, l’Amérique), approche stylistique remarquable avec ce sens du détail, du découpage propre à Fleischer (la mort peut surgir à tout moment), interprétation intense (Scott et Keach y trouvent leurs meilleurs rôles), Les flics ne dorment pas la nuit est un grand policier urbain, à (re) découvrir d’urgence.
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Technique
Les masters restaurés de ces disques HD sont très propres, avec mention à celui des Flics où la définition est la plus précise. Des fourmillements apparaissent sur quelques plans des 3 films mais rien de bien méchant;  eu égard à l’âge des films, ces copies hd se révèlent être une bonne surprise. Les pistes en mono 1.0 DTS HD MA sont satisfaisantes, avec comme souvent une préférence pour la VO plus riche pour la restitution des ambiances et de la musique.
Bonus
Comme à l’accoutumée chez Carlotta, un gros travail éditorial a été fait pour ce coffret évènement Richard Fleischer.
Tous les disques ont comme bonus commun une préface de Nicolas Saada (7′) pour qui « la mise en scène fait tout chez Richard Fleischer ». Chaque film est également analysé par un réalisateur pendant une vingtaine de minutes :  Fabrice de Welz, Christophe Gans et Nicolas Boukhrief se prête avec passion à l’exercice.
Citons parmi les autres bonus un entretien avec Judy Gleeson à propos de L’Étrangleur de Rillington Place (22 mn) et le documentaire Cop stories : Les dessous des Flics ne dorment pas la nuit (44 mn) avec interventions de l’écrivain Joseph Wambaugh, de l’acteur Stacy Keach, du conseiller technique Richard Kalk et de l’assistant opérateur Ronald Vidor.

Fabien Brajon

 


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