Chiens de paille

Réalisateur
Acteurs
Pays
Genre
Drame
Durée
110
Titre Original
Straw Dogs
Notre score
5
Chiens de paille

David, scénariste, quitte la vie agitée d’Hollywood pour s’installer dans la petite ville natale de sa femme Amy. Mais leur paradis devient très vite un enfer lorsqu’ils se retrouvent piégés par une bande de citoyens dépravés, avec à sa tête un prédateur sans pitié…


En DVD et Bluray le 7 mars 2012 – Sony Pictures Home Entertainment



Avis de Manuel Yvernault :


Dans la facilité et continuité d’un cinéma hollywoodien en manque d’inspiration, Straw Dogs sort directement en DVD-Bluray en France. Si on peut s’étonner en premier lieu de faire le remake d’un film quasi culte et indépassable, le nouveau film de Rod Lurie n’est pas la catastrophe attendue. On se surprend même à le voir sortir directement en vidéo quand certains navets exploitent des salles afin de nous offrir un vide cinématographique.


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Passer au-dessus de l’œuvre originale est un acte voué d’avance. Mais comme Lurie l’explique lors de son commentaire audio il tend à imposer son point de vue, bien différent de celui de Sam Peckinpah. Ce dernier montrait la violence que l’Homme porte en lui et peut le faire changer en animal. Rod Lurie lui soutient que l’Homme devient violent par le contexte grégaire dans lequel il évolue et se surpasse pour arriver à un stade de violence et d’auto-défense par réaction.

Une fois cette lecture plus « cotonneuse » acceptée le remake de Lurie à un sens un peu plus profond que ce que le film projette en premier lieu.

La photo naturaliste de Alik Sakharov (Rome, Game of Thrones) met parfaitement en avant les paysages du Sud des Etats-Unis.


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Par une réalisation soignée et de réelles intentions de mise en scène (Lurie fait directement référence à certains tableaux d’Andrew Wyeth) donnent une vraie valeur au film. Certes le film manque cruellement de tension mais réussit à remettre Straw Dogs dans un contexte différent sans être absurde. On reprochera un léger manque de rythme, alors que le montage soigné du film apporte un final maîtrisé dans sa scénographie.


La casting s’avère un choix judicieux dans son ensemble où la composition de chacun des « camps » fonctionne. James Woods même ici reste impeccable.

Si Straw Dogs version 2011 n’efface en rien l’original, il n’est pas le remake honteux comme le genre en produit bien trop souvent. Il ne peut malheureusement pas surpasser le film de Sam Peckinpah dans sa mise en scène mais tente d’en donner une lecture différente, tout simplement. Un thriller honnête.

 



Image :


Bluray qui s’en tire haut la main, avec un contraste appuyé sans être forcé, mettant en valeur tous les plans en extérieur, spécialement les décors naturels d’une belle profondeur. On reprochera tout de même sur une petite quinzaine de plans un manque de définition qu’on imputerait peut-être à un réducteur de bruit trop présent. Les noirs sont assez maîtrisés même si on pouvait attendre plus de contraste et de profondeur dans la scène finale où quelques fourmillements apparaissent légèrement. Le reste est parfait afin de mettre la photo d’Alik Sakharov en avant autant dans les couleurs chaudes que les teintes naturelles.

En somme un transfert qui s’en sort vraiment bien.

8/10

 


Son :


On aura bien sûr une préférence pour la VO qui ne met pas trop en avant les voix, contrairement à la VF, où ces dernières s’avèrent trop présentes.

VO joliment travaillée sans effet de surenchère puisque le sujet du film ne le permet pas. Loin de la catégorie bande-son démo, le mixage s’avère en totale adéquation avec le film, des voix claires et des effets par parcimonie, discrets de leur présence.

7/10

 


Bonus :

– 4 featurettes à l’intérêt moyen où on viendra chercher de (trop) rares informations sur le tournage du film. Quelques moments de tournage. Plus visuel qu’informatif.

*Soulever la controverse : le remake d’un classique

*La dynamique du pouvoir : le casting

*Les coulisses du siège : les cascades

*Concevoir la maison d’été : la direction artistique)

 

-Commentaire audio de Rod Lurie.

Hélas le réalisateur passe les ¾ du temps à nous narrer ce qu’on voit à l’écran. Dommage car lors de ses rares errances, il donne une lecture intéressante de son film entre anecdotes de tournages et comparaison avec l’œuvre originale où l’on apprend certaines informations d’époque. Plus préparé ce commentaire aurait été savoureux.

6/10


 

Note Bluray:


3/5


Chiens de paille
5
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