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Cérémonie sanglante : test blu-ray

 
 
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Titre Original: Ceremonia sangrienta
 
Durée: 88 min
 
Date de sortie: 1973 - 04/06/2019 (blu-ray)
 
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Posted 16 juillet 2019 by

 
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Hongrie, au début du XIXème siècle, la comtesse Erzebeth Bathory se morfond dans son château, tiraillée entre le sentiment d’abandon de son époux le marquis et sa peur de vieillir. Découvrant par hasard que quelques gouttes de sang sur sa peau l’ont rajeunie, elle va faire assassiner des jeunes vierges et se baigner dans leur sang.

L’avis de Fabien

Réalisé en 1973 par Jorge Grau, connu pour Le massacre des morts vivants (74),  Cérémonie sanglante s’inscrit dans la mouvance du nouveau cinéma fantastique espagnol, âge d’or lancé avec Les vampires du Dr Dracula à la fin des années 60 et qui durera jusqu’à la moitié des années 70.

Située en 1807 en Europe Centrale à Caljice, l’intrigue du film de Jorge Grau s’inspire de la légende de la comtesse hongroise Erzebeth Bathory, née en 1500, soupçonnée puis accusée d’avoir sacrifié de nombreuses vierges sur l’autel de la jeunesse éternelle : les témoins de l’époque déclarèrent qu’elle se baignait dans le sang de jeunes femmes afin de préserver et entretenir la blancheur de sa peau. Elle fut arrêtée en pleine cérémonie sanguinaire en 1610 et fut emmurée vivante dans son château où elle mourut en 1614.

Beau portrait de femme mélancolique, Cérémonie sanglante aborde le thème du vampirisme, tout d’abord via une imagerie renvoyant au folklore d’Europe Est, voir les séquences étonnantes de la quête des vampires où un jeune homme vierge, jugé sur un cheval, traque le repère des goules et celle du procès d’un vampire qui après avoir été déterré, achevé avec un pieu dans le coeur, assiste à son jugement dans son linceul puis est décapité avant que sa tête soit cuite dans une poêle sur un bucher! Cette citation de Voltaire, intégrée dans un échange du film, résume bien le propos du long-métrage: « La vérité est que les vampires ne sont pas les morts mais les vivants… Spéculateurs, usuriers et autres vampires bien réels qui ne vivent pas précisément dans les cimetières mais dans des châteaux luxueux ». Le thème de la jeunesse éternelle, thème récurrent du fantastique (Dorian Gray, Faust entre autres), trouve une mémorable incarnation en la personne de la comtesse Bathory qui, telle la reine de Blanche-neige, s’observe souvent dans sa glace à la recherche de sa beauté fanée, une jeunesse à retrouver pour reconquérir son mari. Comme son aïeule elle se baigne dans le sang de vierges sacrifiées et tel Narcisse, noyé dans son reflet, elle sacrifie son humanité au profit de sa jeunesse. Lors du dénouement morbide son miroir lui renvoie un reflet terrifiant, une image cadavérique. La jeunesse à tout prix est une obsession plus que jamais d’actualité avec le recours parfois abusif de certaines personnes à la chirurgie esthétique pour retrouver l’éclat de leurs jeunes années.

Sur le plan visuel, Cérémonie sanglante est inspiré par le décorum des films gothiques, comme les productions Hammer, avec tous les motifs incontournables : château imposant, rivière traversant une forêt sombre, taverne de villageois apeurés par les faits sanglants, greniers avec toiles d’araignées, cimetières et cryptes lugubres, pieu dans le cœur… La couleur rouge dominante, celle du sang, est partout dans le plan (rideaux, bijoux, roses…), contraste avec la blancheur des peaux laiteuses des dames dont celle de la comtesse Bathory interprétée par la sculpturale Lucia Bosé vue chez Bunuel et Fellini.

Cérémonie sanglante est un bel exemple de réussite du cinéma d’exploitation espagnole qui mixe film historique en s’inspirant d’une figure mythique, épouvante gothique avec le thème du vampirisme et soupçon d’érotisme. Une rareté proposée dans une belle édition par l’éditeur Artus Films.

Technique

Cette édition Médiabook blu-ray + dvd signée Artus propose une belle copie master 2K avec un piqué de pointe et des couleurs resplendissantes. Les voix sont audibles nonobstant une faible saturation intermittente. Notons une belle présence de la musique de Carlo Savina (Le locataire, Le Parrain).

Bonus

Comme souvent dans les éditions blu-ray Artus, l’historien Alain Petit intervient dans les bonus. Dans le module Le château de sang (21′) il évoque la source historique, la filmo de Jorge Grau et les différents films inspirés par la comtesse, comme Comtess Dracula, La furie des vampires ou Les lèvres rouges avec Delphine Seyrig en 1971, Eternal (2003), Bathory une grosse production slovaque avec Anna Fiel (2008) ou bien encore La comtesse de et avec Julie Delpy (2009).

En outre le disque contient des scènes coupées (10′) : 5 scènes avec plans de nudité. Sous le régime franquiste impossibilité était de montrer des plans érotiques; les producteurs ont alors tourné des scènes alternatives, déshabillées pour l’export. Les versions internationales italiennes ou finlandaises rajoutent des plans de poitrines dénudées.

Enfin le coffret renferme un intéressant livret de 64 pages signé Didier Lefèvre, « La comtesse et les vierges ».


Fabien Brajon

 


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