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Café Society

 

 
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Durée: 96 min
 
Date de sortie: 11/05/2016
 
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Posted 13 mai 2016 by

 
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New York, dans les années 30. Coincé entre des parents conflictuels, un frère gangster et la bijouterie familiale, Bobby Dorfman a le sentiment d’étouffer ! Il décide donc de tenter sa chance à Hollywood où son oncle Phil, puissant agent de stars, accepte de l’engager comme coursier. À Hollywood, Bobby ne tarde pas à tomber amoureux. Malheureusement, la belle n’est pas libre et il doit se contenter de son amitié. 
Jusqu’au jour où elle débarque chez lui pour lui annoncer que son petit ami vient de rompre. Soudain, l’horizon s’éclaire pour Bobby et l’amour semble à portée de main…

Film présenté Hors Compétition au Festival de Cannes 2016

Avis de Manu

Le Woody Allen nouveau est arrivé. Comme chaque année, le réalisateur new-yorkais nous offre sa cuvée et selon le millésime on le déguste avec plus ou moins d’intérêt. Sur un tel rythme, un par an minimum, le résultat n’est pas toujours au rendez-vous, mais Café Society s’inscrit déjà comme un des meilleurs crus de ces 15 dernières années.

En effet, si le ton et l’humour façon Allen sont toujours présents, on s’aperçoit clairement que sur le plan de la mise en scène, le réalisateur a acquis une aisance marquée, notamment dans la grâce « invisible » de ses mouvements de caméra. Ajoutons à cela la photo sublime, chaude et colorée de Vittorio Storaro (Apocalypse Now, Le Dernier Empereur), beauté des intérieurs et magie des extérieurs, et Café Society se laisse déguster comme un grand cru avec les atouts majeurs qui composent la filmographie du prolifique réalisateur, dialogues, histoire et direction d’acteurs. Le sort joue parfois de jolis tours, initialement prévu pour un des rôles principaux, Bruce Willis, incapable d’apprendre son texte et d’être correct sur le tournage, a été remplacé par l’excellent Steve Carell. Jesse Eisenberg retrouve le réalisateur et signe une partition tout en retenue, avec saveur et pluralité de jeu, en s’éloignant de certaines des interprétations qu’on lui connaît (de temps en temps caricaturales), pour jouer de manière très juste un des rôles principaux ; quant à Kristen Stewart, elle s’inscrit définitivement dans un cinéma d’auteur avec un jeu tout en douceur et subtilité. Et comme souvent, le reste du casting chez Allen s’avère délicieux, même Blake Lively semble parfaite et habilement dirigée.




Tous évoluent autour d’un récit malin, parsemé de dialogues canailles qui ont fait la marque du réalisateur. On perd un peu en sorties cultes, et forcément mémorables, mais le ton est là, il y a de la finesse et de la douceur dans la robe de répliques suaves, qui oscillent entre douceur ou acidité sur un ensemble forcément décalé. Avec intelligence, Woody Allen constitue une histoire où ses personnages évoluent une fois de plus de manière originale sur le plan sentimental, mais cela fait longtemps qu’on n’avait pas vu autant de classe chez le metteur en scène.

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Bien sûr l’univers jazz dans lequel se situe le swing sonore du film est pour quelque chose dans son empreinte finale, et contribue à baigner le spectateur dans les années 30 new-yorkaises, autant dans la démesure que dans la mansuétude.

A se demander si en retrouvant ses terres, loin d’une Europe où il s’est parfois madérisé, Woody Allen ne se redécouvre pas l’envie de faire des films comme il les aime. Prendre son temps et celui de ses personnages pour offrir un joli moment de cinéma d’une classe folle, suave, ronde, en atteste ce montage final, ce dernier plan, qui dénotent toute la finesse et justesse d’un auteur qu’on n’avait pas vu en aussi bonne forme depuis des années sur le terrain de l’amour et de la complexité des sentiments, même simplistes. Comme si c’était à New-York que le café s’avérait finalement le plus corsé.


Fabien Brajon

 


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