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Blade Runner 2049

 
 
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Durée: 163 min
 
Date de sortie: 04/10/2017
 
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Posted 7 octobre 2017 by

 
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En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard, un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies…

Avis de Manu

Donner vie à une suite à Blade Runner, monument de la SF, comme du 7ème art, allait forcément provoquer quelques désaccords sur la nécessité d’un tel projet; surtout à une époque où les studios misent plus sur des suites, reboots et autres remake que sur des scénarios originaux, avec pour la majorité, les crashs artistiques que l’on connaît.

Alors ce Blade Runner 2049 en valait-il la peine ? Il s’avère être une excellente suite sans pour autant dépasser l’aura de l’original, mais rien que pour ça, et la valeur intrinsèque du film de Denis Villeneuve, le pari est relevé avec un talent évident.

Denis Villeneuve a su se faire un nom, voire plus, puisque ce dernier impose à chaque fois sa grammaire d’auteur à tous les films qu’il réalise. Maître d’un cinéma à l’esthétique chirurgicale et des sens (lenteur de l’image et montage son soigné), il a donc eu la lourde tâche de donner vie à cette suite.

La bonne idée, et ce malgré la présence de Ridley Scott (réalisateur de Blade Runner – 1982), à la production, est de lui avoir laissé (apparemment !) le champ libre pour mettre en place sa mise en scène. Evidemment, bien aidé par le génie (on mesure nos mots) Roger Deakins (donnez lui enfin un Oscar pour ce film après 13 nominations, please) dont la photo est sublime et toujours repensée à chaque plan, chaque séquence ; comme le joli coup de patte de Dennis Gasner sur l’intégralité des décors tous sublimes et épurés dans leur fonction SF.

Il y a cependant une nette différence entre les deux films, là ou dans Blade Runner on suivait plusieurs protagonistes avec Deckard en fil conducteur, ici K (Ryan Gosling dans un équilibre parfait, une retenue équilibrée pour le rôle) porte à lui seul, pendant une bonne partie du film en tout cas, tout l’attrait et l’essence même de ce Blade Runner 2049. En outre, Denis Villeneuve inscrit son film dans une sorte de démystification du mythe en expliquant beaucoup de choses, trop peut-être, et se rapproche encore plus de l’essence même du polar futuriste, là ou l’original laissait plus de place à l’imagination et au questionnement. Rien de grave ici mais le film dans sa globalité perd une certaine « magie science-fictionnelle » là où avec le temps il s’impute une vraie réussite visuelle qui semble sans limite, non sans oublier une structure dramatique très profonde.

Car si Villeneuve reprend les gammes de Ridley Scott, il s’octroie le droit (aidé sur cette suite par le scénariste de l’original, Hampton Fancher) de porter le film un peu plus haut sur certaines idées avancées en 1982, sans oublier de reprendre la suite des événements du passé. Ainsi, le pan dramatique de Blade Runner 2049 s’élève toujours dans les résonances de ce que peut-être l’intelligence artificielle, les émotions et la notion d’ « être(s) ». Rien n’est négligé par le scénario sur les thèmes avancés il y a de ça 35 ans et conserve même en le développant différemment, les thématiques de Philip K. Dick et de son œuvre.

Blade Runner 2049 fait déjà figure de blockbuster de l’année en poursuivant avec talent ce qu’avait amorcé Ridley Scott. Par sa mise en scène éblouissante, sa lenteur, ses longs travellings, ses plan-séquences, Denis Villeneuve, au-delà de prendre le temps de mettre en scène les choses, les inscrit dans un contexte futuriste à l’esthétique à la fois sublime et captivante, mais aussi au design ultra léché comme dans une ambiance sonore parfaite. Le résultat est là; si la note mystérieuse n’est plus présente, beaucoup d’explications sur cette suite, le reste est parfait. Villeneuve a su un peu réinventer le fond, traiter plusieurs genres en même temps (polar, drame, science-fiction, métaphysique…) dans un écrin magnifique où l’image, la lumière et la mise en scène se conjuguent, et ce sans oublier de convoquer une partie de la puissance du film original, comme d’y insérer la nostalgie des « années 80 » (divers clins d’œil) qui on fait la magie de Blade Runner.

Difficile de parier si Blade Runner 2049 aura le même avenir dans plusieurs années (on le juge en tant que « suite » aussi aujourd’hui) mais quitte à ne pas dépasser l’original on pouvait difficilement rêver meilleure « séquelle », dans l’harmonie, la douceur et une certaine poésie captivante.


Fabien Brajon

 


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