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Baxter : Test Blu-ray

 
 
Overview
 

Realisateur:
 
Acteur: , ,
 
Genre:
 
Pays:
 
Durée: 79 minutes
 
Date de sortie: 1989 (salle) - 21/09/2019 (Blu-Ray)
 
Note
 
 
 
 
 


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Posted 22 septembre 2019 by

 
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Studiocanal, pour ce mois de septembre 2019, a proposé une grande série de classiques du cinéma pour leur ressortie en HD sur le noble format qu’est le Blu-ray. Ainsi, nous pouvons enfin découvrir, ou revoir Les Démons De Jésus, Le Convoyeur ou encore Tous Les Matins du Monde. Cependant, l’éditeur  français dispose également dans son sac d’une restauration aujourd’hui paraissant inespérable avec l’arrivée de Baxter de Jérôme Boivin.

Le film du cinéaste français au cours des dix-sept dernières années, était devenu une oeuvre fantôme, invisible qui relevait du parcours du combattant pour le découvrir. De la sorte, l’édition DVD de 2002, était introuvable dans les semaines suivant sa parution pour finir par errer sur les sites de revente pour des sommes astronomiques. Il ne restait donc qu’une option pour découvrir les aventures de ce bull-terrier clairvoyant se diriger vers le marché allemand avec des copies catastrophiques. Cependant, désormais tout ceci parait dater et nous pouvons fêter le grand retour du »gladiateur de la gente canine » en haute définition.

Nous reviendrons sur les pérégrinations du « chien qui pense » en deux temps :

I) La critique de Baxter

II) Les caractéristiques techniques de l’édition Blu-Ray

L’avis de Quentin : 

I) La Critique de Baxter

Avec Baxter, Jérôme Boivin parvient à nous faire pénétrer dans plusieurs maisons d’un petit village français, à travers une mécanique finement pensée et rodée. Il place son récit entre les mains d’un chien, guide de l’histoire, narrateur par la pensée. Le réalisateur conçoit un cadre de voyeurisme qui ne peut qu’éveiller l’intrigue, le questionnement et l’attirance. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le genre humaine, sur vos voisins, ces sourires de façades qui dissimulent une bien triste réalité une fois le pas de la porte franchi va vous être révélé.

Comme hôte et guide, le dévolu du metteur en scène français s’est dirigé vers les bull-terriers. Le fait de choisir une race canine méconnue et mystérieuse pour la plupart des spectateurs offre au film une perception, vision anxiogène. Baxter prend la position du voyeur dans les foyers où il va habiter, témoin d’un quotidien âpre et rugueux qu’il compte bien révéler. Il observe et juge la médiocrité de l’espèce humaine. Le regard énigmatique des bull-terriers, renforce l’atmosphère angoissante, faisant frémir, faisant redouter le pire.

Le film propose de la sorte d’accéder au quotidien de trois foyers, tous issus de la classe moyenne mais représentatifs de trois générations différentes. Nous suivons d’une part, une femme âgée, seule, sombrant au fur et à mesure de l’avancée de l’oeuvre dans une isolation dont elle ne peut sembler se libérer, d’autre part, un jeune couple plein d’amour se métamorphosant à travers les étapes de la vie, de l’emménagement à la naissance du premier enfant, pour enfin découvrir le quotidien d’un couple marié avec un enfant d’une dizaine d’années, une famille clairsemée où les adultes ne s’aiment plus et l’enfant sombre dans une adoration morbide du nazisme. Dans les rues de ce village, du nord de la France, où les rues semblent mornes et ternes où le malheur semble se dissimuler dans l’ombre, les destins de ces trois familles vont se croiser avec pour trait d’union Baxter comme révélateur du caractère furieux de la nature humaine. Là où le chien connut sous le nom de « gladiateur de la gente canine » symbole  d’une race prétendument violente et sans concessions, on ne peut que voir une humanité décadente, perverse, sadique et avant tout brutale. Un théâtre de débauche et de violence où la bête, n’est qu’interprète de sa situation, répondant à l’interprétation de la volonté des hommes, et non pas acteur indépendant de son existence.

Le film revient sur l’aspect individualiste de notre société, la présence de l’amour semble anecdotique, inexistante où l’être humain humain au delà de ses constructions et interactions avec les modalités de la société moderne reste et restera un animal, une espèce parmi les autres. Ainsi, en offrant la parole à travers ses pensées, Baxter, devient le seul être à vivre en pleine possession des valeurs humaines. Le recours à la figure de style qu’est la prosopopée, décuple l’intérêt du film et met, de manière astucieuse, en miroir, l’humain et l’animal.

Jérôme Boivin dans son écriture du film conçoit un long-métrage à la fois merveilleusement pertinent mais surtout parvenant à avoir pour résultat un rythme haletant qui ne cesse de nous saisir, de rebondissements en rebondissement, de foyers en foyers. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, car lorsque l’on se penche sur les auteurs du film, un nom, loin d’être inconnu apparaît : Jacques Audiard. Le réalisateur, désormais célébré par une Palme D’Or, a sans aucun doute été une condition assurément indispensable pour la conception de Baxter.

Baxter devenu une référence introuvable dans le cinéma fantastique hexagonal, se révèle être une oeuvre essentielle et incontournable. Le regard d’un animal n’aura jamais été aussi humain, qu’il s’agisse de sa cruauté, de sa loyauté, de son libre-arbitre ou bien encore de sa capacité à répondre aux ordres d’un supérieur.




II) Les caractéristiques de l’édition Blu-ray

Image :

Préparez-vous à abandonner votre DVD que vous avez tant chéri durant toutes ces années. Oubliez cette image granuleuse, griffée, floue, grisonnante ! Studiocanal nous propose ni plus, ni moins qu’une restauration sublime, tout y a été pensé pour combler les années de disparition du film de Jérôme Boivin. La colorimétrie rajeunit le film, faisant ressortir une photographie merveilleuse, donnant au film une puissance qu’on avait oublié. Le travail autour du piqué est également pointilleux donnant aux visages, à Baxter des détails que l’on ne soupçonnait plus depuis sa sortie cinéma en 1989. Le grain de la pellicule a été conservé tout en parvenant à  faire disparaître une très grande partie des tâches et autres griffures. Un travail d’orfèvre.

Note image 5/5

Son :

Une unique piste son est proposée par Studiocanal sur cette édition Blu-ray :

  • Une piste française 2.0 DTS-HD Master Audio : Tout comme pour le traitement de l’image, l’éditeur français parvient à soulever la carcasse de Baxter et lui donne une profondeur sonore qui jusqu’ici paraissait insoupçonné sur les diverses éditions DVD. Les dialogues brillent de par leur clarté, la bande originale résonne. Les deux canaux laissent place l’un à l’autre offrant à l’oeuvre une véritable harmonie dans son rendu sonore.

Note son : 4/5

Suppléments :

Pour cette ressortie HD, Studiocanal ne propose pas de réelles nouveautés en matière de suppléments. Ce dernier nous offre une interview de 2002, déjà présente sur l’édition DVD, de Jérôme Boivin. Néanmoins, il est si bon de retrouver un tel document. Le cinéaste revient sur l’expérience que fut la préparation ainsi que le tournage de Baxter. De la sorte, il parle des chemins l’ayant conduit à devenir réalisateur mais également le rôle déterminant qu’a joué Jacques Audiard, dans l’idée d’adapter le roman de Ken Greenhall. Dans cet entretien touchant, il aborde la race des bull-terriers, la difficulté de dresser de tels chiens. Le cinéaste explique le pari de tourner un film avec pour acteur principal un chien. Enfin, il se remémore le casting, la manière dont a été mené ce dernier et surtout la révélation du jeune François Driancourt en tant qu’acteur.

Enfin, l’éditeur français, joint à cet nouvelle édition la bande-annonce originale, pour les spectateurs les plus nostalgiques.

Malgré cette offrande d’une quinzaine de minutes, et les retrouvailles avec la bande annonce d’origine, on attendait bien plus pour le retour de Baxter, en ce qui concerne ses bonus. Néanmoins ne boudons pas notre bonheur de retrouver notre bull-terrier préféré dans de telles conditions !

Note Suppléments : 2/5


Quentin Tarantino

 


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