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Triple 9

 
 
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Durée: 116 min
 
Date de sortie: 16/03/2016
 
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Posted 30 mars 2016 by

 
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Ex-agent des Forces Spéciales, Michael Atwood et son équipe de flics corrompus attaquent une banque en plein jour. Alors qu’il enquête sur ce hold-up spectaculaire, l’inspecteur Jeffrey Allen ignore encore que son propre neveu Chris, policier intègre, est désormais le coéquipier de l’un des malfrats. À la tête de la mafia russo-israélienne, la redoutable Irina Vlaslov ordonne à l’équipe d’effectuer un dernier braquage extrêmement risqué. Michael ne voit qu’une seule issue : détourner l’attention de l’ensemble des forces de police en déclenchant un code « 999 » – signifiant « Un policier est à terre ». Mais rien ne se passe comme prévu…

Avis de Fabien

Après un bon polar Des hommes sans loi (2012) situé pendant la Prohibition, le réalisateur John Hillcoat s’essaie au film de braquage façon Heat dans Triple 9.

Armé d’une excellente idée scénaristique (le fameux code 999 utilisé par les flic ripoux pour commettre un braquage), Hillcoat convainc avec une recherche de réalisme pour les scènes d’action filmées en décors naturels, dans des quartiers chauds avec des locaux non professionnels mêlés aux acteurs. La mise en scène sous tension créée une ambiance poisseuse et désespérée assez remarquable, avec des scènes mouvementées compactes et nerveuses où s’agitent des personnages assez complexes, fissurés, traversés par des sentiments contradictoires. On regrettera que le scénario ne soit pas toujours à la hauteur de la réalisation, très efficace, en raison d’ellipses et de zones d’ombre concernant le personnage joué par Woody Harrelson, cousin de celui de Rampart. Si certains acteurs sont quelque peu sacrifiés au montage (Harrelson, Gadot), le récit maintient son niveau d’intensité jusqu’au dernier plan, une noirceur assumée dans la lignée de L’élite de Brooklyn d’Antoine Fuqua, Heat étant quand même un peu loin question scénaristique et cinétique.

Triple 9 est d’autant plus prenant que l’interprétation est très juste, Casey Affleck, Chiwetel Ejiofor en tête sans oublier Kate Winslet, excellente en redoutable chef de la mafia russo-israélienne.

Avec une mise en scène efficace et une troupe d’acteurs charismatiques en diable, Triple 9 est une belle réussite dans le registre du polar urbain.




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Avis de Manu

John Hillcoat, The Proposition, La Route, un cinéma élégiaque, aux confins des espaces désertiques, un cinéaste made in Australie. Depuis, Des hommes sans loi et un cinéma plus emprunt du pays de l’Oncle Sam, avec ses défauts et ses qualités, entre temps des clips.

Retour derrière la caméra pour capturer l’espace urbain comme ce dernier à su photographier les espaces naturels. Le polar que propose le réalisateur, s’il s’avère conventionnel dans sa narration, dénote une intention répétée avec la proposition d’adaptation de l’homme dans divers espaces, de modernes à post apocalyptiques, de passés à contemporains. Attaché au bienfondé de la nature humaine (voir son carcéral Ghost…of the civil dead) le cinéaste ne lâche jamais son propos viscéral toujours mis en scène avec un aplomb et une certaine brutalité graphique jamais gratuite. Dans sa courte filmographie, Triple 9 s’avère comme son film le plus moderne (avec ses défauts) et peut-être le moins tape à l’œil, du moins dans ses contours extérieurs.

Il semble délaisser l’émotion; le montage et le découpage du film donnent moins d’importance à la psychologie des personnages que lors de ses précédents films mais apporte toujours un soin particulier à l’ambiance réaliste qu’il tente de dépeindre. Ici la pègre russe. Le but n’étant pas d’éviter les clichés mais plutôt de savoir comment filmer ce que la réalité propose de nos jours et qui dépasse souvent la fiction. Baignée d’un certain réalisme, la mise en scène de John Hillcoat apporte ce qu’il faut de véracité pour donner toute crédibilité au film. Excepté le cabotinage de certains comédiens, souvent très bons dans d’autres circonstances, Woody Harrelson notamment, le casting est parfait.

Le résultat est là : Triple 9 reste un polar moderne et rugueux, avec la crasse réaliste que demande le genre, Casey Affleck et Kate Winslet dans leurs petits chaussons. Brillante démonstration d’actoring et de direction d’acteurs où le casting XXL sert de détonateur à l’ensemble (film) explosif où chacun joue d’équilibre, d’intensité, entre les scènes intimes et les séquences d’action, graphiques et réduites à leur minimum (qualité des cadres et du montage son). Seules quelques parties évidentes dans leur conclusion figent le film dans quelque chose de déjà-vu. Petit bémol discret d’un film qui maîtrisé de bout en bout s’avère très prenant et renvoie parfois à un roman moderne de James Ellroy, noir très noir, presque opaque dans sa forme et lumineux dans sa générosité et le talent imprégné sur l’écran.


Fabien Brajon

 


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