0
Posted 28 août 2008 by zast in Interview
 
 

Interview de Olivier Beguin


Nous vous proposons l’interview du réalisateur et scénariste Olivier Beguin pour son film Dead Bones qui parle d’un chasseur de primes qui traque un criminel. Il retrouve sa trace dans un village mexicain semi-abandonné. Il découvre bien vite que les quelques habitants encore présents ont des coutumes peu habituelles et devra faire équipe avec sa proie pour leur échapper.

 

– D’où vous est venu l’idée du film ?

J’avais prêté plusieurs DVD à une copine, dont des films d’horreur et des western. Lorsque par la suite on a parlé des films qu’elle avait vus, les mots « western » et « cannibales » sont apparus dans la même phrase et le déclic était là. J’avais envie de voir cette image finalement pas si fréquente: des cowboys bien ensanglantés.

– Pourquoi des cannibales ?

Pour la raison citée ci-dessus. L’idée des cannibales étaient là dès le départ. C’était la motivation, le pari du film que de mélanger cowboys et cannibales. Deux genres importants du cinéma de genre italien en plus, donc il semblait intéressant d’essayer de combiner cela.

– Qu’est ce que vous inspire les westerns ?

Premièrement c’est une imagerie superbe, une imagerie qui forcément réveille le gosse qui est en moi. Et le western est finalement un simple « décor » dans lequel il est possible de parler de beaucoup de choses. J’ai toujours aimé le mélange de genre et donc j’étais motivé à mixer deux genres qui ont leurs codes propres. Après en tant que cinéphile, le western c’est plein de foutus bon films: THE GOOD, THE BAD AND THE UGLY, PAT GARRETT & BILLY THE KID, NAVAJO JOE, THE GREAT SILENCE et plein d’autres.

 

– Il est rare de voir une telle distribution dans un court métrage Européens. Avez-vous eu quelques difficultés pour choisir les acteurs ?

C’est pas tant les choisir que les obtenir qui est compliqué! Mais en fait le casting au départ devait être différent. Pour le chasseur on devait avoir un acteur suisse relativement connu. Celui-ci n’a finalement pas pu le faire et on s’est dirigé vers Arie Verveen car sur son site il était mis qu’il vivait en Irlande, donc raisonnable pour notre budget. Ce n’était finalement pas le cas, il vit à L.A., mais après quelques discussion entre Annick, la productrice et l’agent d’Arie, on est arrivé à un arrangement. Fred, qui joue la proie, je l’avais rencontré pour un autre projet, qui ne s’est pas fait et c’était là l’occasion idéale de bosser ensemble. Quand à Ken Foree, Annick l’avait rencontré lors de plusieurs festivals et avait son contact. Ken a accepté direct. Ensuite on a découvert l’étape « hollywoodienne » des négociations et on a réussi à atteindre un compromis entre son agent et nous.

– Quelles ont été les contraintes pendant le tournage ?




Je parlerais plutôt de difficultés. La première c’est tourner avec des chevaux. Notre chef-op s’en est quand même pris un dans la tronche. Sans dégâts pour lui heureusement. Quelques-uns sur la caméra mais rien d’insurmontable. Ensuite le problème majeur des productions avec petit budget (car malgré tout c’est un petit budget pour ce qu’on fait) c’est le temps. On en a pas assez et on doit faire certains compromis lors du tournage. Mais tant qu’on ne cherche pas à aller contre les problèmes et les contraintes, mais au contraire faire avec ceux-ci, en général on arrive à la fin du tournage satisfait.

– Entre le script et ce que l’on voit à l’image, avez-vous du faire des impasses ?

Pas vraiment des impasses. Il faut adapter par moments. Mais c’est aussi ça qui me plait tant dans le cinéma, c’est que le film évolue aux différents stade de sa conception. En fonction des problèmes rencontrés mais aussi de l’apport et des idées des techniciens et des acteurs. Donc je suis content de pouvoir dire « non le film ne ressemble pas 100% au scénario », sinon ce serait ennuyeux je trouve comme processus. Mais si doit mentionner un petit regret, je suppose que c’est de ne pas avoir eu un véhicule plus adapté pour filmer la poursuite à cheval.

– Votre film a l’air de contenir des scènes un peu gore. Qu’est ce qui vous passionne dans ce type de cinéma ?

Ce n’est pas tant le cinéma à 100% gore qui me passionne, mais l’horreur permet de créer des émotions, des réactions. Et ça va paraître un peu simpliste mais je trouve tout simplement que le sang au cinéma est un élément magnifiquement visuel. Et donc j’aime le filmer, en badigeonner mes acteurs. Rien de bien grave, ça reste du cinéma.

– Quels sont vos projets ?

Dans un premier temps montrer le film en festivals, pour l’instant ça démarre pas trop mal avec 9 sélections, dont le festival de Sitges. Et ensuite on va essayer de faire DEAD BONES en long métrage. Un western sanglant qui tournerait autour de ce village.

Site officiel :

http://www.dead-bones.com

Nous remercions Olivier Beguin ainsi que la productrice Annick Mahnert  

Interview réalisée par Stéphane Humbert

 


zast