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Posted 3 novembre 2009 by zast in Interview
 
 

Rencontre avec Emmanuel Mouret et ses comédiennes


 

 


Frédérique Bel, Emmanuel Mouret, Frédéric Niedermayer (producteur), Julie Gayet  (photo FB)

 


L’œuvre d’Emmanuel Mouret (5 films en 9 ans) a l’aspect d’une délicieuse rêverie amoureuse peuplé de créatures de rêve où votre future colocataire forcément charmante puisque elle a les traits de Frédérique Bel vous accoste dans la rue, une jeune étudiante américaine ressemblant à Géraldine Chaplin vous propose une relation sensuelle dans une villa sublime sur les hauteurs de Marseille, votre meilleure amie (Virginie Ledoyen) accepte de vous soigner affectivement…


Cinéaste passionné par les femmes, Emmanuel Mouret était convié, aux côtés de Frédérique Bel et Julie Gayet, par le 31ème CINEMED à une table ronde sur son cinéma.

 





Pour commencer il confie chercher « la mécanique du récit » avant l’écriture du scénario.

Son but n’est pas de trouver « un réalisme du comportement extérieur mais de la pensée et des sentiments » soit « un réalisme sentimental qui aurait une résonnance avec notre imaginaire ».

Dans son cinéma ses personnages disent tout haut ce qu’ils pensent ; ils parlent comme lui dans la vie puis c’est le travail des comédiens qui fait le reste. Le comique nait du décalage avec cette manière légère de prononcer de des choses sérieuses. La comédienne Frédérique Bel, une habituée de l’univers de Mouret depuis Changement d’adresse (2006), souligne l’importance de la respiration et de l’intonation dans l’exercice des répliques, un texte écrit à la virgule près dont le sous-texte est très important pour Julie Gayet. Inspiré par Rohmer, Guitry ou Allen, Mouret aime placer ses personnages dans la contradiction.

Le « côté malléable du désir » est un carburant précieux pour ses intrigues où il dit « utiliser la candeur pour s’interroger sur la nature des usages du désir, de l’amour ».


Pour tradition du gag ou du slapstick, il déclare avoir eu envie de réaliser son dernier film Fais-moi plaisir ! pour le gag du rideau. Touché par la maladresse, il utilise dans ses films où le comique visuel hérité des Keaton, Edwards s’exprime toujours avec inspiration le « corps maladroit, encombrant qui se cogne ». C’est « la recherche de l’étrangeté plus que du rire » qui le fait avancer. Encore loin espérons-le !



zast