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Posted 20 septembre 2009 by zast in Interview
 
 

Interview pour le film The cove


Nous vous proposons l’interview de l’équipe du documentaire The cove : Richard O’Barry (le dresseur de Flipper de dauphin), Louie Psihoyos (Réalisateur de The Cove), Luc Besson (Distributeur), Maud Fontenoy réalisée pendant le festival du film Américain de Deauville 2009. Ce documentaire sortira le 30 septembre 2009 dans les salles obscures. ,


Notre avis sur le documentaire : http://www.cinealliance.fr/index.php/movies/fiche/354-the-cove-la-baie-de-la-honte.html

 

 

Richard O Barry the Cove

Richard O’Barry

 

 

Une loi vient d’être adoptée au Japon contre le massacre des dauphins. Est-ce valable pour tout le Japon ou juste pour la ville de Taiji ?


Richard O’Barry : Les massacres sont juste en train de baisser. C’est une progression relative uniquement. Il y a encore 13 000 dauphins tués dans cette région.




Richard, on vous a camouflé pendant le documentaire. Est ce dangereux pour votre vie ?


Richard O’Barry : Oui je dois toujours me camoufler. Ma crainte ce n’est pas les policiers mais les Yakuzas (la mafia Japonaise) car eux constituent un réel danger pour mes jours. Il y a aussi les pêcheurs japonais qui s’ils sont en état d’ébriété pourraient faire des choses regrettables et je dois donc m’en méfier.



Richard O’Barry



En France, les dolphinariums ne peuvent pas recevoir de dauphins en dehors de ceux reçus en captivité. A t-on reçu des dauphins du Japon ?


Richard O’Barry : Non dans les deux centres en France, il ne  devrait pas y  en avoir qui proviennent du Japon mais il y a par exemple douze centres en Turquie qui en ont acheté. Il faut savoir que la circulation est très facile. Il faut rester vigilant.


Louie Psihoyos : En Polynésie française, il y aurait peut être un centre qui posséderait les dauphins du Japon.

 

 

 

Luc Besson




 

 

Quelle est l’influence que peuvent avoir les différentes populations ? Et y a t il une vraie volonté des politiques pour arrêter cela ?


Richard O’Barry : Le gouvernement protège les sociétés et les grandes industries (donc pas celle des dauphins et des  espèces menacées). C’est le consommateur qui a le pouvoir de faire changer les choses en décidant de ne plus assister à ce type de spectacle, et en ne mangeant pas de viande de dauphins. Le succès du film sera inversement proportionnel au massacre des dauphins. Plus les personnes seront au courant, moins il y aura de massacre de dauphins.

Luc Besson : On connaît le pouvoir des consommateurs. On pourrait regarder  le thon qui est en voie d’extinction et qui contient onze métaux lourds ce qui n’est pas dangereux pour le consommateur mais pour les fœtus des femmes enceintes. Il ne faut pas compter sur le gouvernement pour empêcher la pêche au thon.

 

 

Luc Besson

 

D’où avez vous eu la passion de la mer Monsieur Besson ?

Luc Besson : On passe déjà neuf mois dans l’eau … De plus il y a une petite histoire de l’animal qui est sorti de l’eau et qui est devenu l’homme et dont le cousin le dauphin a fait le sens inverse car il  est venu de la mer pour la terre et est reparti dans l’océan.  Ils ont fait un choix très philosophique de retourner à la mer. Ils ont choisi l’être et l’homme a choisi l’avoir.


Richard comment avez vous réussi à vous contrôler devant le japonais que vous surnommiez « propriété privé » dans le documentaire ?

Richard O’Barry :  Cela fait huit ans que je leur donne un nom. Son surnom, c’est espace privé car il venait contre moi en criant « Espace privé, Espace privé » et j’avais du mal à comprendre ce qu’il voulait dire. En fait il voulait dire propriété privé. Il faisait cela car il se sentait menacé car sa famille détient la société de vente de viande de dauphins. Même si j’ai l’air d’un héros, j’ai peur de lui et des autres.

 

 

Louie Psihoyos


 

Pensez vous que le public touché sera les adultes ou les adolescents ?

Louie Psihoyos : Il se trouve que le film est interdit aux USA au moins de treize ans. Il se trouve qu’il est bien que des jeunes voient ce film car cela permet de leur faire comprendre beaucoup de choses. C’est notre génération qui a détruit les océans et les spécialistes affirment qu’il reste deux décennies avant que le tord porté aux océans deviennent irréversible. Les gens doivent se mobiliser pour sauver toutes les espèces maritimes …
Le jour où je me suis aperçu  de tout le carbone que nous avons utilisé pour le documentaire, j’ai eu peur. Depuis nous avons cherché à rectifier cela en faisant beaucoup de récupération dans notre société (énergie solaire, …)

Le film sera t-il diffusé au Japon ?

Louie Psihoyos : Le film doit être montré au Japon quitte à le mettre gratuitement sur Youtube. Il y a quatre distributeurs intéressés ainsi que le festival du film de Tokyo (si l’on franchit les barrières juridiques).

Est ce que les consommateurs japonais se préoccupent de l’environnemental ?

Richard O’Barry : Malheureusement non car il y a un accès inexistant à l’information au travers des médias qui ignorent ce type de sujets. Mais il faut savoir qu’il y a dans la constitution l’article 21 qui s’oppose à ce comportement. Ma campagne sur les problèmes du mercure dans la nourriture passe inaperçue au Japon car les médias m’ignorent.
Le gouvernement au Japon effraie la population contrairement à la France par exemple où c’est la population qui effraie le gouvernement ….

 

 

 

Maud Fontenoy

 

 

Interview enregistrée et retranscrite par Stéphane Humbert lors du 35 ème festival du film Américain de Deauville

Photos par Stéphane Humbert


zast