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Posted 14 avril 2009 by zast in Livre
 
 

IL ETAIT UNE FOIS… LE WESTERN EUROPEEN


 

 

 

Avis à tous les pistoleros de salo(o)n, aux fans des héros mal rasés et vêtus d’un poncho s’éloignant à cheval vers les grandes plaines de l’Ouest sous le soleil couchant d’Almería, le tout immortalisé par une poignée de cinéastes -essentiellement- transalpins…

Avec la réédition corrigée, actualisée et augmentée (128 pages en plus) de son livre-guide « IL ETAIT UNE FOIS… LE WESTERN EUROPEEN » paru une première fois en 2002,

JEAN-FRANÇOIS GIRE livre aux aficionados rien moins que le mètre-étalon en langue française sur le sujet !!!

 

On ne peut donc que remercier BAZAAR&Co (successeur des éditions Dreamland) d’avoir permis à l’auteur de compléter son grand œuvre, incluant en plus cette fois-ci court-métrages, séries TV et même films d’animation… Une exhaustivité tout à l’honneur de Giré, dont on peine à mesurer la somme de travail et de recherches déployés pour aboutir à un tel résultat !

 

 

Venons-en maintenant un peu plus en détail sur l’ouvrage :

Après une préface de Franco Nero (dans laquelle l’inoubliable interprète de Django laisse entre-apercevoir tout son amour pour le western, dont il fut l’un des plus illustres représentants en Italie), le livre -on peut quasiment parler d’encyclopédie !- se divise en 5 grandes parties.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1ère PARTIE : IL ETAIT UNE FOIS… L’OUEST A L’EUROPEENE

(Berlin, Rome, Madrid, Paris…)

 

 

Note : Si l’ouvrage traite du genre sous l’angle « européen », il va sans dire que la grande majorité des films et réalisateurs cités proviennent d’Italie en raison bien évidemment du nombre record de productions ayant vus le jour dans les années 60 de l’autre côté des Alpes, mais aussi de leur incroyable influence sur les « innovations formelles et idéologiques » comme le souligne l’auteur en guise d’avertissement…

Il s’est à ce sujet interdit d’employer à titre personnel le terme de « western spaghetti », jugé péjoratif et citant à titre d’exemple Sergio Leone lui-même :

« Ce mot de « spaghetti-western », c’est un des plus cons que j’ai jamais entendu de toute ma vie… » Vous voilà prévenus !

 

 

 

 

 

Jean-François Giré nous rappelle en premier lieu les rapports étranges qui ont existé entre le western européen et la critique, celle-ci ayant eu tôt fait de juger les films de l’époque de façon bien sévère.

Il en vient ensuite aux esthétiques et thématiques chères au genre, du refus de toute psychologie à l’esprit bande dessinée en passant par la violence gratuite, le sadisme, l’humour latin ou l’irrationalisme des situations…

Bref, ce que les aficionados raffolent et ce que les « puristes » du modèle original américain (les films de John Ford notamment) ont toujours honni !

Et parmi ces nouveaux « héros », on retrouve donc le fameux chasseur de primes cynique rendu mondialement célèbre par le personnage « sans nom » de Clint Eastwood dans Pour une poignée de dollars ou le pauvre péon mexicain victime du capitalisme yankee iconisé à l’écran par l’acteur cubain Tomas Milian dans Colorado ou Saludos Hombre.

L’auteur s’attarde également sur d’autres thèmes récurrents du western latin, tels que l’argent, la trahison, la vengeance ou la course au magot bien sûr. Sans oublier le décorum avec les armes utilisées, les lieux comme le désert ou le cimetière, les événements historiques comme la guerre de Sécession et la révolution mexicaine, et inévitablement l’acte final que représente le duel !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2ème PARTIE : 1960-2008 – APOGEE  ET DECLIN DU WESTERN EUROPEEN

(Histoire d’un genre à part entière)

 

 

Ce chapitre représente le « gros » du livre de Giré (290 pages !) et fonctionne de la manière suivante : l’auteur présente un texte introductif sur les différentes périodes évoquées (des débuts pré-sixties jusqu’à aujourd’hui) avant de lister les films par ordre alphabétique -toujours en fonction de l’année évoquée.

 

Cependant, pas de souci si vous ne connaissez pas l’année de production du film recherché, tous les titres sont évidemment répertoriés en index !

 

 

 

 

 

Cette partie « dictionnaire » est réellement impressionnante et dévoile pour chaque film -quand cela est possible- le titre en français accompagné du ou des titres originaux (différents parfois lorsqu’il s’agit de coproductions par exemple), d’une fiche technique et d’un résumé succincts, ainsi que parfois d’une critique -plus ou moins longue- des films les plus marquants…

 

On obtient alors une vision globale de l’évolution du western « made in Europe » (en fonction du nombre de pages par année !) : de sa période faste (1968 et le pic de 80 films produits), puis de sa chute inexorable (1993 : 1 seul long-métrage, Johnathan degli Orsi avec l’inusable Franco Nero) pour aboutir finalement à 7 westerns produits en 2007 (dont le français Big City de Djamel Bensalah)…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3ème PARTIE : LES TROIS « SERGIO » DU WESTERN ITALIEN

(Leone, Corbucci, Sollima)

 

 

Giré s’attarde ici sur la carrière des « trois maîtres du western made in Cinecittà » (et qui font partie de ceux à qui il dédie bien sûr son ouvrage), les trois cinéastes au prénom curieusement identique qui ont bouleversé la nature du western à jamais :

 

 

SERGIO LEONE, le plus connu et adulé de par le monde.

 

 

 

 

 

SERGIO CORBUCCI, le mal-aimé de la critique, moins perfectionniste que l’illustre Leone, mais « audacieux, anticonformiste, (…) véritable auteur du genre en en transgressant les clichés », et metteur en scène des cultissimes Django et Le Grand Silence.

 

 

 

 

Et le sobre et rigoureux SERGIO SOLLIMA, « le plus réfléchi dans la manière d’exposer le développement psychologique et politique de ses westerns ».

 

 

 

 

Il revient de manière précise sur le parcours des cinéastes avec une mini-biographie de chacun et une large analyse de leurs westerns (la partie consacrée à Sollima est naturellement plus courte compte tenu du fait qu’il n’a réalisé que 3 films appartenant au genre : Colorado, Le Dernier face à face et Saludos Hombre… Mais quels films !)

 

 

 

 




 

 

 

 

4ème PARTIE : FAUX WESTERNS ET CURIOSITES

 

 

Il s’agit ici de films dont l’ambiance, le décor ou le style évoquent indubitablement le western, mais dont l’action se passe en Afrique du Sud (Diamond City), en Grèce (Terre Sanglante), ou en Australie (Ned Kelly avec Mick Jagger)…

On trouve l’exemple parfait de « faux western » avec L’Homme, L’Orgueil et la Vengeance mettant en scène Franco Nero, Tina Aumont et Klaus Kinski : « malgré les apparences, le titre, l’affiche, les comédiens, les costumes, les décors, des scènes d’action dans la plus pure tradition du western », le film de Luigi Bazzoni est en fait une adaptation de la nouvelle « Carmen » de Prosper Mérimée…

 

 

 

 

Attention toutefois, il ne faut surtout pas voir sous couvert de cette dénomination particulière une forme de dénigrement de la part de Jean-François Giré !

Il  paraît au contraire tout aussi réjoui que lorsqu’il évoque le western all’italiana et ne manque pas de souligner la grande qualité de certaines de ces œuvres, comme par exemple La Bataille de San Sebastian d’Henri Verneuil (avec Anthony Quinn et Charles Bronson) ou le film précité de Bazzoni.

 

 

 

 

Viennent s’ajouter à cette 4ème Partie les westerns érotiques & pornographiques (eh oui… Avec de jolis titres tels que L’Arrière-train sifflera trois fois du frenchie Jean-Marie Pallardy, « fesstern » aussi intitulé… Lucky Luke et les Daltines !).

 

 

 
 

 

 

Sans transition suivent les dessins animés -courts et longs métrages-, les courts métrages en prise de vues réelles (du Capitaine Rascasse en 1926 à Dead Bones en 2008), les téléfilms et les séries.

 

 

 

 

 

On notera pour finir deux chapitres surprenants :

« Hollywood en Europe », qui répertorie les westerns de cinéastes américains venus tourner sur le Vieux Contient (longs métrages à capitaux européens ou en coproduction avec les Etats-Unis).

On y remarque 2 films mettant en vedette Charles Bronson dans le rôle d’un Indien : Les Collines de la Terreur de Michael Winner (Un Justicier dans la ville) et Chino de Dulio Coletti & John Sturges (Les 7 Mercenaires).

 

 

 

 

« Les westerns turcs », sortes de déformations des productions italiennes, elles-mêmes déjà des détournements du modèle américain…

Giré souligne que malgré « son goût du plagiat assumé » -et notamment des plus célèbres thèmes musicaux transalpins du genre- (Guère étonnant lorsqu’on se remémore le « fameux » Turkish Star Wars agrémenté du main title d’Indiana Jones par tranches de 10 secondes… !), le western à la turque s’inscrit tout de même dans la réalité culturelle du pays lorsqu’on sait que la moitié de la population travaille dans l’agriculture !

Exploitant néanmoins les délires (violence sadique, érotisme) mis au goût du jour par Cinecittà, on est bien curieux de découvrir ces bandes où costumes traditionnels et panoplies de cow-boy se côtoient sur les rives du Bosphore…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5ème PARTIE : LES REALISATEURS, LES ACTEURS

 – LA MUSIQUE ET SES COMPOSITEURS

 

 

Cette dernière Partie comprend les index des réalisateurs (avec une petite annexe pour les cinéastes américains) et des acteurs/actrices ayant œuvré dans le western européen.

 

On trouve également l’index des pseudonymes (acteurs, décorateurs, musiciens, réalisateurs, scénaristes…) et des personnalités inattendues (Pier Paolo Pasolini, Orson Welles, Toshiro Mifune, Bourvil, Johnny Hallyday, Ringo Starr ou… Daniel Cohn-Bendit !)

 

 

 

 

 

 

Et qui dit western italien dit bien sûr musique !

Avant l’index des compositeurs, nous avons droit à une brève analyse sur l’influence de l’opéra sur la musique de l’immense Ennio Morricone, et sur sa fructueuse collaboration avec Sergio Leone.

Giré n’oublie cependant pas de rendre hommage à Bruno Nicolai, chef d’orchestre « attitré » du Maestro mais également compositeur de nombreuses bandes originales pour le western, en précisant que c’est bien lui (et non Morricone, le créateur) qui a dirigé la musique d’Il était une fois dans l’Ouest

 

En complément, nous avons droit à un rapide tour d’horizon des lieux de tournage en Espagne, où l’on découvre qu’il n’y avait pas qu’Almería !

 

Le livre se conclut sur un vaste index des titres (en français, sauf quand ceux-ci n’ont jamais été traduits) et sur l’habituelle bibliographie de rigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EN CONCLUSION

 

 

In fine, si le présent ouvrage de près de 600 pages traitait de péplum, nul doute qu’il s’apparenterait au 13ème  Travail d’ Hercule…

 

Fourmillant d’illustrations rares (croquis de costumes, caricatures, photo d’exploitation et évidemment affiches d’époque), « Il était une fois… le western européen » de Jean-François Giré est la Bible francophone sur le genre.

 

Ni plus, ni moins.

 

 

 

 

 
 
 
 
 
 
 
 

FICHE TECHNIQUE :

 

Editeur : bazaar&Co
Auteur : Jean-François Giré
Préface : Franco Nero
Numéro ISBN : 978-2-917339-06-0
Numéro EAN : 9782917339060
Numéro ISSN : en cours
Collection : Ciné movie
Nombre de pages : 584
Format : 21 x 27,5 cm
Poids : + de 2 Kg
Reliure : Relié, avec jaquette
Photos : plus de 1000, couleur et N&B
Prix : 75 euros

 

 

Site Web de l’éditeur : www.bazaaretcompagnie.com

 

 


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