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Posted 20 mars 2009 by zast in Interview
 
 

Interview de Jean Rollin


Vendredi 13 mars dernier s’est déroulé un événement qui a attiré tous les fans du célèbre réalisateur Jean Rollin à la cinémathèque française : la projection de « la nuit des horloges » son dernier film, ainsi que « le viol du vampire« , son tout premier. 40 ans d’histoire du cinéma, avec le réalisateur présent pour en faire les présentations et dédicacer son dernier livre « Moteur, coupez! ». Nous avions eu l’occasion de rencontrer ce grand homme lors d’une avant-première au salon des Imaginales d’Épinal il y a deux ans. Je vous propose de (re)découvrir l’interview que nous avions fait de lui à l’époque….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CINEAlliance : Quand votre dernier film a-t-il été terminé ?
Jean Rollin: En fait, le tournage s’est achevé il y a deux mois ( fin novembre 2006 pour le tournage). Le film lui-même n’est pas encore fini de monter, nous avons fait une version DVD pour vous la présenter en avant-première. Pour la sortie, on attend, mais on a déjà une approche télévision.

CINEA : Et en ce qui concerne les acteurs qui ont joué dans le film, ont-ils tous accepté spontanément de réincarner leur personnage passé ?
J.R.:  Oui, oui, car ils ont tous gardé un bon souvenir de la période où nous avions tourné ensemble.

CINEA : Par contre, il y a une actrice que l’on ne retrouve pas, c’est Brigitte LAHAIE. A-t-elle refusé  de reprendre un rôle ?
J.R.: Ce n’est pas qu’elle n’a pas voulu, c’est plutôt que je n’ai pas su quoi lui faire faire, mais il y a plusieurs extraits d’elle dans le film. En fait, il y avait quand même une scène avec elle mais on ne l’a pas tournée, manque de temps et remaniement de scénario.

 

Jean et Yanick

 

 

CINEA : En fait, ce qui est bien dans ce film, c’est de pouvoir revoir pas mal d’extraits de vos films, surtout pour ceux qui ne connaissent pas votre oeuvre. Même nous, nous n’avons malheureusement pas vu tous vos films, mais celui qui m’a le plus marqué, c’est « LE LAC DES MORTS-VIVANTS » que j’avais vu étant jeune au cinéma.
J.R.: (rires) Oui, je joue dedans, j’ai même un grand rôle, je fais un des deux détectives… j’avais 20 ans de moins(rires)

CINEA : Mais c’est vrai qu’il y a 20 ans, on voyait régulièrement ce genre de films au cinéma, mais plus maintenant, malheureusement.
J.R.: C’est de la série Z, c’est normal qu’on en voit plus. Le problème c’est qu’avant il y avait des salles pour ce genres de films, mais maintenant, ce sont des grandes salles, des multiplexes qui préfèrent les films commerciaux. En plus, les grosses sociétés ont de l’argent pour faire de la publicité. Quand elles sortent un film elles amènent un budget énorme dédié à la publicité. Alors, comment lutter contre ça?

 




Jean en pleine dédicace

 

 

CINEA : Et ce genre de film marche comment aux États-Unis ?
J.R.: Là-bas, c’est de la folie, il y a 8 ans, les gens payaient 5 dollars pour un autographe signé sur la main car durant ce festival/convention du film fantastique et d’horreur de New-York 1999, nous disposions d’un stand et avions tout vendu des images, photos et autres livres que nous avions apportés dans nos bagages. Il y a la-bas un public énorme,  de même qu’en Angleterre on croyait pourtant que c’était fini, mais non, ça attire une masse de gens phénoménale. On n’avait jamais vu ça en France. Les américains sont très preneur de ce genre. Toutes les affiches, tout est parti, ils ne restait plus que leur main pour avoir un autographe. On était suivi par une foule avec des carnets d’autographes. À Eurofest de Londres, un an après « LES DEUX ORPHELINES VAMPIRES », les gens s’accrochaient à nous, nous étions poursuivis dans la rue. On a même vu des gens qui s’étaient fait greffer des dents de vampire… ils étaient même habillés en vampires, c’est un état d’esprit totalement différent. Ici, on est beaucoup plus rationnel en fait.

CINEA : Mais déjà quand on voit votre catalogue outre-atlantique, il est extrêmement bien fourni ?
J.R.: C’est vrai qu’il y a une véritable demande chez les anglo-saxons, plus importante que la demande européenne.

CINEA : Et dans le reste de l’Europe justement, comment est l’accueil de vos films?
J.R.:  En Allemagne et en Italie, je tourne bien. J’ai même été primé au festival de SAN SEBASTIAN (fin octobre 1997), mais c’est vrai que je touche plus les pays anglo-saxons.

 

Jean et Alex au marché aux puces d’Épinal, un grand moment…

 

 

CINEA : Et au BIFFF, le festival du film fantastique de Bruxelles ? Vous n’y êtes jamais allé ?
J.R.: J’y suis allé en janvier 2001. Bruxelles est une ville «bombardée». Les belges disent par ailleurs que la ville est bruxellarisée. Nous sommes allé dans un restaurant dont le thème est le cinéma fantastique et d’horreur, dans la rue des bouchers (NDR : adresse à retenir pour l’année prochaine). Le restaurant est décoré comme sur un plateau de cinéma de films d’horreur avec références à Frankenstein et autre vampires, cimetière… Un type ( le restaurateur sans doute ) nous attendait avec un grand python et quand les clients arrivaient, il posait le serpent sur la table, il y avait des gens qui hurlaient(rires). Nous avons eu droit au serpent et à la glace géante le Top10 – la taille sans exagérer : l’équivalent d’une bassine avec plus de cent boules de glace de tout parfum et de toute couleur – avec deux cuillers dedans et le serveur qui vous dit : « bonne chance » (rires). On est tout de même restés trois heures au restaurant… Mais on n’a pas tout mangé (éclats de rires). Les Belges ont un sens de l’humour très particulier.

CINEA : Il y a aussi un autre festival qui est très bien, c’est le NIFFF, le festival de Neuchâtel. C’est la même ambiance, en un peu moins fort, que Bruxelles. Un de vos films dans un festival de ce genre, ça doit être géant quand on voit la réaction du public?
J.R.: Ah, je ne le connais pas celui-là, mais je me rappelle un type qui m’a poursuivi avec des affiches du coté de STUTTGART (novembre 2005), il ne m’a pas lâché, il me suivait partout, je me sauvais et je le revoyais arriver de nouveau.

CINEA : Un peu comme nous, on ne vous lâche pas non plus…

J.R.: (rires) Non, ce n’est pas pareil, vous êtes calmes et gentils.

CINEA : Merci bien Monsieur ROLLIN pour nous avoir accordé un peu de votre temps.
J.R.: Je vous en prie et pas de Monsieur entre nous…

 

 

Je vous invite à vous rendre sur le mini-site dédié aux imaginales d’Epinal en cliquant sur ce lien pour en apprendre encore plus et lire notre avis sur le film de Jean Rollin : « la nuit des horloges » mettant en scène la belle Ovidie.

 


zast