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Posted 2 juillet 2019 by NicoH in Musique
 
 

Hellfest 2019 – Jour 3 : notre live-report + Bilan !





Un réveil plus frais que la veille dans la tente (merci la seconde couverture de survie en pare-soleil à l’extérieur), un petit-déj, quelques vannes échangées avec les voisins (« alors, vous avez b**sé ? » ^^ ) et nous voilà reparti sous un soleil de plomb pour ce troisième et dernier round, marqué comme le rappelle Nicolas par la présence de la moitié du Big Four of Thrash, à savoir Anthrax et Slayer.

Plus les journées passent, plus la foule du Hellfest semble grandir. Il est seulement 11h et déjà, le nombre de festivaliers nous parait encore plus grand (c’est ça ou les bières de la veille sont bien plus fortes que nous pensions). Ceci dit, peu importe le nombre, rien ne vient entamer la joyeuse ambiance, mélange d’excentricité et de bonne humeur, qui englobe le Hellfest depuis le début de week-end. Fin du fin, le calme olympien règne toujours en maitre parmi les festivaliers, si bien que l’on ne dénombre aucun débordement de foule, ni aucun mot plus haut que l’autre. Les festivals soi-disant « grand public » devraient en prendre de la graine !

Une nouvelle couche de crème solaire (minimum une fois par concert tant ça tape fort) et nous voilà prêts à démarrer la journée avec Insanity Alert et leur crossover trash totalement azimuté, autant en termes de musique qu’en termes de mise en scène. Les membres de groupe semblent totalement sous substances, entrainant la foule dans leur délire tandis que leur staff est mis à contribution le temps de quelques instants choisis, comme lorsqu’il s’agit de tenir les paroles du refrain sur des panneaux pendant que le chanteur hurle au micro et que les pogos battent leur plein. On ne pourra d’ailleurs s’empêcher de sourire en voyant ledit staff s’emmêler les pinceaux dans ses panneaux (pourtant le refrain de Run to the Pit n’était pas compliqué) ou encore en voyant lesdits panneaux se faire déchiqueter par la foule façon Dents de la Mer. Une très bonne mise en jambes !

On enchaine avec le duo féminin de Nova Twins et leur punk mâtiné de hip-hop. Un métissage qui fonctionne plutôt bien, couplé à des costumes et coiffures du même niveau, même si la foule peine à retrouver la folie du précédent concert. Sympa, mais sans plus.

Vient le tour de Municipal Waste, mais devant leur style un peu trop bourrin à notre goût, nous préférons migrer vers la Warzone où se produit Brutus. Et c’est peu dire que le nom du groupe est à mille lieux de l’expérience offerte tant, au lieu d’un style bien brutal, Brutus nous offre un charmant mélange des genres, où les envolées musicales punk/hard cohabitent avec la voix douce de leur chanteuse pour un résultat en forme d’ascenseur émotionnel. Très jolie découverte.

Après FM hier, on retrouve le rock de papa avec Tesla dont les compositions, certes classiques, restent efficace dans leur genre, même si on reste loin des ténors du genre que certains de leurs titres viennent d’ailleurs rappeler à nos oreilles, The Who en tête. Comme dirait Nicolas, « sympa sans plus ».

Notre troupe enchaine avec Cemican, véritable OVNI mexicain qui, sous son étiquette de folk metal, nous offre en réalité une des expériences les plus surprenantes du festival. Mélange d’instruments contemporains et anciens dont une jolie collection de flûtes, mise en scène digne d’un opéra mêlant costumes et masques traditionnels, jeux enflammés et reconstitutions théâtrales se jouant sous nos yeux… Si il y avait une palme pour l’expérience la plus singulière du festival (dans le bon sens du terme), Cemican serait en bonne place. En prime, leur mélange musical fonctionne du tonnerre !

Nicolas nous abandonne pour Death Angel, offrant un « trash typique, rapide et nerveux, mais qui a la bonne idée de ne pas shredder » (rien à voir avec les Tortues Ninjas, notre compère nous informe qu’il s’agit ici d’une « technique de guitare consistant à ch*er par milliers les notes de musique. Un des exemples les plus énervants dans le style étant Van Halen »). Un concert agréable, mais peu mémorable.

De notre côté, Kath et votre serviteur préférons enchainer avec Blackberry Smoke dont le rock sudiste matiné de blues et de country aboutit à un cocktail du plus bel effet, à la fois entrainant et reposant. C’est simple et peu original en soi, mais ça fonctionne très bien. Une jolie mise en bouche pour le concert de Lynyrd qui nous attend ce soir.

D’ici là, nous nous laissons entrainer par Nicolas vers Trivium, dont le style bourrin, juste après le rock posé de Blackberry Smoke, a raison de nous au bout de quelques minutes. En revanche, Nicolas y trouve visiblement son compte puisqu’il en retiendra « un très bon mix de thrash/heavy/metalcore, pas forcément très original, mais P*TAIN d’efficace et qui a réussi à bien faire bouger la Mainstage avec son mix hyper équilibré. Un très bon moment. »

Nous revenons pour Clutch qui nous fait retrouver le rock US dans un style bien plus stoner que Blackberry Smoke. C’est entrainant, ça évoque par moments les meilleurs riffs de ZZ Top et ça se permet même des intermèdes un peu plus blues… Bref, ça passe très bien.

Nous retrouvons Nicolas pour Testament qui, malgré notre état semi-comateux (la fatigue commence à se faire sentir au bout de trois jours et trois courtes nuits) nous offre un trash bien plus digeste que celui de Trivium, même si l’avis des fans de thrash sera inversement similaire au nôtre. Et oui, Nicolas a préféré Trivium, bien que le set de Testament reste sympathique à ses yeux.

Pendant que nous prenons une vraie pause pour nous remettre d’aplomb pour les concerts du soir, Nicolas enchaine avec Acid King qui offre « du stoner de drogués (en même temps, vu le nom…) lourd, lourd, lourd… J’adore ! Avec des riffs bluesy à la Black Sabbath qui file la trique. » Quel poète, ce Nicolas !

Il cherche ensuite à enchainer avec Skald, mais se retrouve visiblement face à un problème récurrent : une scène visiblement pas adaptée à l’affluence du public. « Vraiment dommage, le set avait l’air cool. Encore et toujours le même problème de programmation sur la scène Temple de groupes attendus. Coincée dans un coin du festival, et proche de l’un des principaux couloir d’accès aux points eaux/toilettes/carré VIP, la scène s’engorge trop facilement. Y’a deux ans j’ai failli faire une crise de panique dans une situation similaire. Il FAUT que l’organisation fasse quelque chose pour arranger ça… » Au moins, le message est passé.

Il en faut tout de même davantage pour entamer sa bonne humeur puisqu’il enchaine avec Anthrax et visiblement, ça valait le coup : « Du pur bonheur ! Alors que le chanteur commence vraiment à se faire vieux, et paraît limite un peu gâteux… Bah P*TAIN ils assurent ! Tout est là : technicité, puissance, et gros riff’ pour lancer les circle pits. Papy taquine les spectateurs comme il faut, tout le monde est content d’être là, et ça se sent. On en ressort avec le smile ! »

Nous voilà de retour pour les vieux briscars de Lynyrd Skynyrd. Biberonné à Sweet Home Alabama, Free Bird et consorts (merci la pelletée de films qui me les ont fait découvrir dès l’enfance…), c’est peu dire que votre serviteur attendait beaucoup de ce concert. Si les premiers morceaux servent surtout à chauffer la foule ainsi que le groupe qui semble en pilote automatique, il suffit des premières notes (remaniées) de Simple Man pour faire frissonner l’assemblée – et bibi – qui se retrouve rapidement à chanter en chœur avec le groupe. La machine est lancée, l’ambiance est là au point que, sur le modèle d’un couple près de nous, Kath et moi-même nous retrouvons même à danser un rock sur Call Me The Breeze (ça fait plaisir un festival où même proches de la scène, les gens ont conscience d’avoir de la place et en profitent pour s’étaler au lieu de s’agglutiner). Puis vient le mythique Sweet Home Alabama qui enflamme à nouveau la foule, avant une conclusion épique au son de Free Bird. Un moment chargé d’émotion, où la foule scande les paroles au rythme du chanteur Johnny Van Zant, avant que ce dernier ne laisse sa place à un live virtuel de son défunt frère Ronnie Van Zant, chanteur initial du groupe décédé en 1977 à qui revient l’honneur de conclure les paroles de Free Bird. Et c’est peu dire qu’entendre sa voix en cet instant fait redoubler nos frissons devant un si bel hommage, avant le mythique solo de guitare qui achève de joie nos cœurs de fan. Aucun de leurs titres majeurs n’a été oublié, une attention qui fait chaud au cœur. Au final, un concert dédié autant aux fans qu’aux défunts membres du groupe, qui restera du coup parmi les plus touchants du festival. Surtout après s’être rappelé qu’il s’agissait sans doute là d’une de leurs dernières apparitions, le groupe étant actuellement en pleine tournée d’adieu.

C’est le cœur encore frissonnant que nous enchainons avec Lamb of Gods, et c’est peu dire que le choc est rude. Comme dirait Nicolas, « Boum, dans tes gencives !!! Bordel ça réveille après Lynyrd ! Du groove metal hyper puissant, avec des basses à démonter les tympans (le mix était un peu vénère pour le coup). Et une partie chant bien violente comme je les aime, qui parvient avec une facilité déconcertante à donner envie de se lancer tête la première dans le mosh pit. Du très bon pour moi ! »

Vient le tour de Slash, accompagné son haut-de-forme et du chanteur Myles Kennedy, dont le faciès nous aura évoqué la fusion de Jared Leto et Kevin Bacon. Voir sur scène ces deux larrons se révèle très vite un vrai bonheur, chacun se faisant plaisir sans chercher à tirer la couverture à lui tout seul (en particulier Slash qui semble monté sur ressort !), y compris vis-à-vis des autres musiciens du groupe. Comme dirait Nicolas, « un vrai bon moment de pur rock comme il devrait y en avoir plus souvent. »

On enchaine avec Slayer pour un show tout en démesure, à la hauteur de ce groupe mythique qui signe là, lui aussi, sa tournée d’adieux. Après Lynyrd Skynyrd, c’est peu dire que cette journée aura sûrement fait couleur quelques larmes. Dans le cas de Slayer, les larmes partagent également l’affiche avec la sueur tant le groupe semble décidé à offrir aux fans un concert en forme d’apothéose, se concluant dans un véritable feu d’artifice. « Toujours aussi surpuissant, le shredding toujours aussi fou, la voix toujours là, à vociférer des textes toujours aussi macabres… Un bel hommage, qui aurait mérité à mon sens un peu plus de folies », comme dirait Nicolas.

Puis vient le tour du concert final avec Tool. Un petit événement en soi tant le groupe n’avait pas foulé le sol français depuis longtemps. Et c’est peu dire qu’après Slayer, le style de Tool tranche radicalement, nous emmenant dans son univers à la fois énigmatique et contemplatif qui, au lieu de pogos et circle pit, donne tout simplement envie de s’allonger dans l’herbe et se laisser emporter au gré de la musique et de la mise en scène pleine de jeux de lumières et surtout d’ombres, dont ne sortira jamais le chanteur du groupe, cultivant le mystère et mettant ses musiciens à l’honneur. Bref, une nouvelle preuve, pour ceux qui en doutaient, que le Hellfest est une expérience non seulement metal au sens le plus large, mais également artistique à part entière. Une très belle conclusion.

Bilan

Si cette édition aura peut-être été moins folle que d’autres à son goût d’habitué, Nicolas retiendra tout de même un bel équilibre niveau programmation, et dont l’initiative de « scène française » fait extrêmement plaisir à voir. Et des installations qui s’améliorent encore, et proposent une iconographie propre qui fait plaisir à voir, surtout lorsque l’on compare au prix des pass. Le Hellfest assoit encore plus sa position de festival français majeur, et comme l’un des tous meilleurs au niveau européen, même si tributaire de certains groupes jouant un peu trop les divas…

Quant à nous deux néophytes, Kath et votre serviteur retiendrons au contraire une programmation réellement plaisante, dont la variété et l’équilibre entre monstres sacrés et groupes moins connus aura assurément permis à ceux qui découvraient le festival cette année de se confronter à bon nombre de styles différents et ainsi découvrir ce que le Hellfest a à offrir au sens le plus large. Par ailleurs, impossible de ne pas aborder la propreté du site et, à nouveau, l’ambiance régnant parmi les festivaliers fans de metal qui, bien loin de l’image d’ours buveurs de sang que le commun des médias et des mortels veut souvent leur donner, tiennent clairement davantage du bisounours et n’hésiteront d’ailleurs pas à remonter les bretelles du premier quidam qui s’aviserait de faire preuve d’irrespect. Certes, malheureusement, on déplorera toujours la présence de certaines exceptions (impossible de ne pas songer à une certaine actualité qui aura été largement partagée sur les réseaux et dans les médias et dont nous espérons une issue exemplaire), mais malgré cela et en comparaison d’autres festivals que nous avons pu faire par le passé, le Hellfest reste tout de même l’un des plus sécurisants, respectueux et agréables que nous ayons pu voir, et mérite largement sa place parmi les plus grands festivals.

See you in Hell !


NicoH