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Posted 13 mars 2009 by zast in Interview
 
 

Interview de CHRIS MARTINEZ, réalisateur philippin


 

 

 

 

Chris Martinez, jeune cinéaste philippin, était présent au 15ème FICA de Vesoul pour y présenter son premier long métrage, « 100 » , en Première Européenne…

 

 

 

 

Premièrement, pouvez-vous nous parler de votre parcours dans l’industrie du cinéma ?

A l’origine, je suis scénariste. J’ai travaillé pour le théâtre et j’ai été employé dans une agence pendant 10 ans pour laquelle je réalisais des spots publicitaires.

Mais ma vraie formation est d’écrire des scénarii. Pour l’instant, 4 d’entre eux ont été porté à l’écran et ils traitaient de genres vraiment bien distincts : comédie, drame, horreur…

 

Etes-vous aussi à l’origine du script de « 100 » ?

Oui, tout à fait.

 

Est-ce qu’on ressent plus de pression quand on écrit un scénario dont on va signer soi-même la réalisation ?

Au stade de l’écriture, non.

C’est évidemment le fait de mettre en scène son premier film qui est le plus impressionnant.

 

 

 

 
 

 

Parlez-nous de vos actrices… On peut voir dans votre film Eugène -prononcez « youdjine »- Domingo, qui est semble-t-il très populaire aux Philippines…

Oui ! Mais en fait, les 3 actrices principales sont très connues chez nous.

Mylène Dizon, qui interprète le rôle principal, est comédienne depuis qu’elle est adolescente. Elle est notamment connue pour avoir tourné quelques films « sexys »… Mais c’est une excellente actrice, qui a reçu de nombreux prix d’interprétation comme pour « 100 » !

A ses côtés, il y a Eugène Domingo, comique, comédienne au théâtre et au cinéma, qui est effectivement très très populaire aux Philippines.

Et il y a aussi Tessie Tomas, dans le rôle de la mère, qui est une véritable personnalité et que l’on voit partout : spectacles de « stand-up », talk-shows TV, cinéma…

 

Vous avez remporté 5 prix au festival de Manille… Est-ce l’équivalent des « Oscars » à l’échelle des Philippines ?

Oh non !… Il s’agit du festival « Cinemalaya » qui récompense uniquement les films indépendants… Seuls 10 long-métrages sont sélectionnés.

Le festival Cinemalaya est composé d’un Jury hétéroclite : les membres viennent de plusieurs grands festivals internationaux, comme celui de Pusan en Corée du sud…

 

Quel était le budget de votre film ?

52000 dollars US. La majeure partie a d’ailleurs été fournie grâce au support de Cinemalaya qui est un véritable tremplin pour les jeunes cinéastes se tournant vers le cinéma indépendant.

C’est vraiment l’endroit qui permet d’obtenir de très grosses opportunités pour se lancer dans la réalisation d’un film à petit budget !

 

 

 

 

Justement avec un budget si serré, parlez-nous des lieux de tournage. Il y a en particulier une séquence se déroulant à Hong Kong…

Hong Kong est la « grosse » ville asiatique la plus proche des Philippines, elle est à 2 heures d’avion de chez nous.

C’est un lieu où se rendent beaucoup de Philippins, notamment pour travailler.

Dans le film, je vous montre aussi le rêve de l’héroïne, qui est également le rêve de très nombreux Philippins : se rendre en Europe, voir Paris, se faire photographier devant la Tour Eiffel…

Mais avec notre budget, j’ai dû me contenter de montrer ces images via « Youtube »… ! (Rires)

 

Maintenant à propos de l’histoire… On ne s’attend pas à tant d’humour avec un sujet pareil (une jeune femme qui se sait condamnée décide de profiter de ses derniers instants) !

C’était parfaitement volontaire !

Le sujet d’un homme ou d’une femme qui sait ses jours comptés et décide de jouir des derniers moments a déjà été vu je ne sais combien de fois au cinéma…

Je voulais apporter une franche touche d’originalité au thème, car un sujet comme celui de la mort est plutôt répandu sur les écrans !…




 

 

 

De ce point de vue, c’est réussi !…

D’un point de vue plus personnel, concernant les fameux derniers souhaits dont l’héroïne fait une liste sur des « Post-it », lequel ou lesquels sont les plus autobiographiques ?

Les glaces ! (Rires)

Et plus généralement, tout ce qui concerne la nourriture : les plats chinois, les gâteux au chocolat…

D’ailleurs, j’ai du parfois forcer la main à Mylène Dizon pour qu’elle mange tout ce qu’on voit à l’écran, car bien sûr comme toute jeune actrice, elle tient à sa ligne !…

 

Aviez-vous déjà entendu parler du Festival de Vesoul avant de venir ici ?

Oui ! Auraeus Solito, le réalisateur de « L’Eveil de Maximo Oliveros » et « Philippine Science » programmés ici auparavant, m’en avait déjà parlé avec grand enthousiasme !

Il est vrai qu’il a reçu un prix l’an passé pour « Philippine Science » (le Grand Prix du Jury International)

 

 

 

 

Pour finir, pouvez-vous évoquer vos projets à venir ?

Eh bien, il y en a 2.

Tout d’abord, une « sex comedy » intitulée « Here comes the Bride » qui reprend un peu le principe de « Freaky Friday » (un film US avec Jamie Lee Curtis qui parle de l’échange d’une ado se retrouvant dans le corps de sa mère, et vice-versa !)

Le tournage doit démarrer à l’été.

 

Ensuite, j’aimerais beaucoup faire le remake d’un gros succès populaire philippin, « Temptation Island » : cela parle d’un concours de beauté se déroulant sur une île déserte où les candidates vont se retrouver coincées…

Le film original est un mélange détonant de comédie, de sexe, de cannibalisme et de poulet géant… ! (Rires)

 

Waouh !!! Ça donne vraiment envie… J’espère vivement que ce projet aboutira !

Oui, je l’espère bien aussi ! (Rires)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à Chris MARTINEZ.

Entretien réalisé à Vesoul par Alex Vasiljkic le 14 février 2009.

Photos : Yanick « wolverine » Ruf.

 

Merci au Service Presse du FICA (Wafa Ghermani & Cho Myoung-jin)

ainsi qu’à Martine & Jean-Marc Thérouanne et Yannick Denoix pour leur merveilleux Festival !

 

FICA forever !!!

 

 

 

 

VOIR NOTRE MINI-SITE CONSACRE AU 15ème FICA DE VESOUL

 

 


zast