0
Posted 17 octobre 2018 by Yanick Ruf in Interview
 
 

Nouvelle rencontre avec les créateur du FICA lors du 23eme BIFF





Second entretien à propos du 23e BIFF, du Korean Cinema Award, du Cinema coréen d’hier et d’aujourd’hui.
Une fois de plus, les époux THEROUANNE, fondateurs du célèbre FICA (Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul) ont été interviewés lors de leur présence au BIFF.
1- Quel a été le contenu des discours des deux directeurs du Biff et le vôtre, au moment de la remise du prix Korean Cinema Award ?

En fait il n’y a que le Directeur en chef monsieur LEE Yong-Kwan, qui est monté sur scène pour nous remettre le prix Korean Cinema Award, accompagné de mannequins occidentales Artistry et d’une interprète coréenne trilingue (français, anglais, coréen).
C’est le couple d’acteurs coréens, maîtres de cérémonie, qui ont annoncé nos noms et notre prix, en même temps que nos photos et biographies bilingues coréen-anglais apparaissaient sur l’écran géant du BIFF Theater.
Les mannequins nous ont remis à chacun un bouquet de fleurs et une statuette trophée du Korean Cinema Award.
Monsieur Lee Yong-Kwan, nous a simplement invité à dire quelques mots chacun notre tour.
Célia Parigot, notre collaboratrice, qui était dans la salle, a enregistré, avec son mobile, l’intégralité de notre discours d’une minute environ chacun. L’interprète traduisait en anglais et coréen au fur et à mesure.
Voici ce que nous avons dit :

MARTINE : « An-nyeong-ha-se-yo (bonjour en coréen), Jeune voyageuse, je me suis rendue en Corée, pour la première fois, sac au dos, en 1981, puis en 1982. J’ai été frappé par l’accueil chaleureux du peuple coréen. Ce pays est devenu cher à mon coeur.
En 1995, en fondant le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, pour célébrer le centenaire du cinéma inventé par les frères Lumières, natifs de Besançon proche de Vesoul, villes de Franche-Comté, la Corée, par le cinéma, est omniprésente dans nos vies.
En 2010, je suis venue pour la première fois au BIFF, en tant que membre du jury Netpac (Network For The Promotion Of Asian Cinema). J’ai été marquée par la chaleur de l’accueil de l’équipe de ce grand festival.
Depuis neuf ans le BIFF est un rendez-vous incontournable pour mon mari et pour moi ».

JEAN-MARC : « le Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul est l’histoire d’amour d’un couple qui s’est rencontré en Asie. Si nous aimons les cinémas d’Asie, notamment Coréen, nous aimons d’abord les peuples d’Asie, et plus particulièrement le peuple coréen. C’est vous que nous aimons d’abord !
En 24 ans nous avons présenté 120 films coréens aux 600 000 spectateurs, depuis l’origine du FICA Vesoul. Les cinéastes coréens ont remporté 20 prix.
Nous avons invité des personnalités confirmées du monde du cinéma coréen, entre autre : l’immense acteur Sin Song-il, les réalisateurs LEE Doo-young et Zhang Lu, tous trois présents ce soir, Im Sang-soo, mais aussi des jeunes pousses talentueuses, entre autre, LEE Kwan-kuk ou Jéro Yun. Je suis fier que ce soir celui-ci vous présente, en ouverture, son dernier film « Beautiful Days».

Martine et Jean-Marc, soulevant leurs statuettes : « Gamsa-ham-nida (merci en coréen) monsieur LEE, Gamsa-ham-nida monsieur Jay, Gamsa-ham-nida BIFF, Gamsa-ham-nida Korea ».

Nous avons tenu à parler en français, et non en anglais, pour marquer notre appartenance à la France. Nous pensons qu’il est important de défendre la francophonie et ne pas céder le terrain à l’anglais.

2-Quel rapports entretenez- vous avec ses personnes ?

Monsieur LEE Yong-Kwan et Monsieur Jay JEON, nous les connaissons depuis 2010, date de notre première venue au BIFF.
À l’époque monsieur Jay Jeon était le directeur de l’Asian Film Market du BIFF, et Monsieur LEE Yong-Kwan, était le Directeur du BIFF, bras droit du Directeur fondateur du BIFF, monsieur KIM Dong-ho.
Nous les rencontrons chaque année à Cannes, mais aussi dans d’autres festivals internationaux où nous sommes invités.
Nous avons des rapports professionnels cordiaux avec eux.
Nous apprécions leurs grandes qualités intellectuelles et morales. C’est pourquoi lorsqu’ils furent attaqués bassement par la présidente de la République de Corée, Madame Park (destituée depuis et condamnée par les tribunaux coréens pour trafic d’influence), suite à la projection d’un film documentaire consacré au drame du naufrage du « Sewol » au BIFF, nous leur avons apporté notre soutien. La photo prise, par notre photographe officiel, Jean-François Maillot, lors de la cérémonie de clôture au 22e FICA Vesoul 2016, où les 700 spectateurs du Théâtre Edwige Feuillère tiennent des écriteaux « I Support BIFF », a été reproduite dans les médias coréens et a marqué les esprits, notamment celui du maire de Busan de l’époque. L’équipe du BIFF s’est sentie soutenue par le FICA Vesoul. Celle-ci nous l’a confirmé à plusieurs reprises.

3-Comment percevez-vous la Corée et le cinéma coréen aujourd’hui?

La Corée du Sud est un pays dynamique. À force de travail et de volonté, les coréens du sud ont fait de leur pays la onzième puissance mondiale.
Ce pays avait été dévasté, entre 1950 et 1953, par la guerre civile et l’affrontement entre le bloc communiste d’alors et le monde libre.
1953, c’est vraiment « Corée année zéro ».

Quasiment tout le pays n’était que ruines. En ce qui concerne le cinéma, quasiment toutes les copies de films d’avant la guerre de Corée ont été détruites lors de ce terrible conflit.

La Corée du Sud s’est dotée d’une législation proche de celle de la France. Le KOFIC (Korean Film Council) s’est inspiré largement du CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée).
C’est un pays qui, comme la France, défend son cinéma national. De cette volonté politique, il en résulte une dynamique permettant l’éclosion de talents.

4-Comment définiriez-vous le cinéma coréen par rapport au reste du cinéma d’Asie ?
Dans le cinéma coréen, il y a deux aspects, comme dans bien des cinématographies : le cinéma commercial et le cinéma indépendant.
L’industrie cinématographique coréenne est capable d’aborder tous les genres, des blockbusters aux comédies dramatiques, en passant par le cinéma de genre.
C’est une cinématographie forte, comme celle du Japon ou de la Chine. Elle est très appréciée en France, comme en témoigne le succès, au box office français, du dernier film de LEE Chang-dong « Burning », prix FIPRESCI au dernier festival de Cannes.


Yanick Ruf