0
Posted 5 octobre 2018 by Yanick Ruf in Interview
 
 

Rencontre avec Martine et Jean Marc Therouanne lors du Festival de Busan (Corée)





Rencontre avec Martine et Jean-Marc Thérouanne, respectivement Directrice et Délégué Général et Cofondateurs du FICA Vesoul (https://www.cinemas-asie.com/fr/) lors de la reception de leur prix au Festival de Busan (Corée)

1- :comment s’est passée la cérémonie?

Martine et Jean Marc Therouanne : La remise du 23e Korean Cinema Award nous a été remis lors de la cérémonie d’ouverture du 23e Festival International du Film de Busan, le 4 octobre 2018, dans l’immense salle du BIFF Cinema Center, devant quatre mille personnes, dont des personnalités du cinéma venues du monde entier. Le BIFF est l’un des cinq plus importants festivals de cinéma au monde avec Cannes, Berlin, Venise, Toronto.

Comme nous étions invités en VIP, un chauffeur est venu nous chercher, à l’heure dite, avec une limousine particulière, au Haeundae Grand Hôtel où nous étions logés pendant le festival, pour nous conduire au Grand Théâtre du Centre du Cinema de Busan. Ce dernier est un bâtiment monumental construit en 2011 par un cabinet d’architecture autrichien Coop Himmelb(l)au.
La voiture nous a déposé au début du tapis rouge où nous fûmes accueillis par les hourras de la foule des spectateurs et les flashs des photographes.
Puis nous avons été invités à :
* venir prendre une collation dans une salle d’accueil des invités, là le Directeur en chef du BIFF, monsieur Lee Yong-kwan, et le directeur du BIFF, monsieur Jay Jeon, sont venus nous féliciter chaleureusement.
* à nous rendre au photocall, pour être photographié par plusieurs dizaines de photographes des médias coréens et internationaux,
* à traverser, sur le long tapis rouge, l’immense salle du Théâtre du BIFF, pendant que la télévision du festival retransmettait, sur écran géant, notre marche,
* au bout du tapis rouge nous avons été accueillis par l’assistante chargée du protocole,  celle-ci  nous a conduit à nos places réservées au tout premier rang.

La cérémonie fut introduite par un couple d’acteurs coréens très en vue dans leur pays, suivi d’un concert du pianiste japonais Sakamoto Ryuichi.
La cérémonie s’est poursuivie par la remise du prix du 23e Korean Cinema Award décerné à … Martine et Jean-Marc Thérouanne, codirecteurs et cofondateurs du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, pour leur engagement en faveur du Cinema coréen depuis bientôt un quart de siècle et leur soutien au Festival International du Film de Busan.
Nous fûmes invités à monter sur scène par monsieur LEE Yong-Kwan, assisté de mannequins Artistry. Celles-ci nous remettent deux statuettes à nos noms et deux bouquets de fleurs.
Monsieur LEE Yong-Kwan nous invite à prendre la parole chacun notre tour.
Nous avons rejoint nos places, sous un tonnerre d’applaudissements.
Puis, ce fut la remise du prix du réalisateur asiatique de l’année, le cinéaste musicien et producteur japonais Sakamoto Ryuichi.
Puis les membres du jury New Currents, furent présentés. Il s’agit du jury le plus important du festival jugeant les films de la compétition principale.
Enfin vint le temps de la présentation de l’équipe du film d’ouverture « Beautiful Days » de notre ami Jéro Yun, bien connu du public vésulien pour être venu présenter, en compétition, son précédent film.
Après la projection, les invités et les sponsors du BIFF, rejoignirent l’immense salle du Grand Ballroom du Haeundae Grand Hôtel, pour le fraternel cocktail d’ouverture.

2- qui était dans la salle?

Quatre mille personnes. Toute la profession du cinéma coréen était là bien entendu, mais aussi du cinéma du monde entier, venue de France, d’Allemagne, de Suède, de Lituanie, de Russie, du Japon, de Chine, de Taïwan, de Hong Kong, du Vietnam, du Cambodge, de Mongolie, d’Iran, de Turquie, d’Israel, du Liban, de Malaisie, d’Italie, de Singapour, des Philippines, d’Angleterre, d’Australie, de Nouvelle Zélande, du Kazakhstan, d’Inde, des USA, du Canada, du Mexique, du Chili, du Brésil, d’Afrique du Sud, etc…
Le festival de Busan a plusieurs facettes : outre les projections de plus de 320 films au cours des dix jours du festival, il possède un marché du film (Asian Film Market) attirant de nombreuses maisons de production. Il est doté d’un organisme d’aide à la création, Busan Film Fund, d’une école de cinéma, l’Asian Film Academy, etc… Tout ceci explique pourquoi tant de professionnels du monde entier s’y rendent.
Il y vient, en outre, les représentants des états (service des ambassades), d’institutions culturelles (Institut Français, Goethe Institute, par exemple), des organismes internationaux de promotion du cinéma tel l’European Film Promotion, ou nationaux tel le Film Development Council Of The Philippines,  des politiques, etc…


3- qu’est-ce qui vous a le plus ému?

Le fait que ce prix, totalement inattendu, nous ait été remis conjointement à tous les deux. Les directeurs du BIFF ont bien compris que l’on ne peut pas dissocier Martine de Jean-Marc. Ils ont regardé la qualité de notre travail sans préjuger du lieu où il était réalisé.
Notre portrait sensible, brossés par les deux directeurs, en toute simplicité et en toute vérité, montrait leur sens de l’observation de l’âme humaine.
Nous nous sentions remplis de pensées pour les 600 000 spectateurs, depuis l’origine, du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, pour nos collaborateurs et nos partenaires institutionnels publics et privés, ainsi que pour le Centre Culturel Coréen de Paris, le monde du cinéma coréen et le Festival International du Film de Busan, avec qui nous avons lié des liens d’amitiés profonds et sincères ; et bien sûr, pour nos parents, nos enfants et petits-enfants, pour les personnes connues au cours de notre vie ayant façonné notre personnalité (proches parents, professeurs, amis, relations).
On ne vit cela qu’une fois dans sa vie.

4- l’ambiance?

La cérémonie d’ouverture du BIFF est l’un des temps forts du festival où se mêlent glamour, fête, spectacle. On s’y sent accueilli chaleureusement et fraternellement. C’est rare dans un festival de cette dimension. Les coréens ont un grand sens de l’accueil. Ils sont généreux par nature ou par éducation. Dans ce festival nous retrouvons tous nos amis, de Christian Jeune, le directeur adjoint du Festival de Cannes, grand spécialiste des cinématographiques asiatiques, à Bero Beyer, le directeur du Festival International de Rotterdam, en passant par Cameron Bailey, directeur artistique et codirecteur du Festival International du Film de Toronto, sans oublier toutes les personnalités du cinéma qui sont venus à Vesoul depuis un quart de siècle.

5- quelque chose qui vous a surpris?

Non, Martine et moi y venions pour la neuvième fois, c’est l’un des festivals que nous connaissons le mieux avec Cannes.
Martine est imprégnée de l’âme coréenne pour y être venue plusieurs fois dès 1981. Elle a sillonné « le pays du matin calme » sac au dos. Jean-Marc n’y est venu, pour la première qu’en 2009, mais avait, auparavant, beaucoup lu sur la Corée.

6- à quoi matériellement ressemblait le prix?

Le prix est une statuette en bronze représentant une pellicule de film stylisée reposant sur un socle de marbre. Sur ce socle est mentionné : 2018 Korean Cinema Award avec nos prénoms et noms. Nous en avons chacun une à notre prénom et nom.

7- autres récompenses remises au même moment?

Il ne fut remis que deux prix lors de la cérémonie d’ouverture, le notre, le Korean Cinema Award, et le prix du réalisateur asiatique de l’année à Sakamito Ryuichi, musicien, artiste, producteur japonais, ayant travaillé avec Oshima Nagisa, Bernardo Bertolucci, Alejandro Gonzàlez Inàrritu, Hwang Dong-hyuk…

8- qu’est-ce que ça représente pour le Fica?

La reconnaissance internationale de vingt-quatre ans d’un travail acharné tissant des liens profonds avec le monde du cinéma coréen.
En un quart de siècle, le FICA Vesoul a présenté 120 films coréens. Les cinéastes coréens ont remporté à Vesoul une vingtaine de prix, dont trois Cyclos d’or (Zhang Lu pour Grain in Ear (2006), O Myeol pour Jiseul (2013) et Lee Yong-seung pour  10 Minutes(2014)), et trois éminentes personnalités du cinéma coréen ont reçu le Cyclo d’or d’honneur pour l’ensemble de leur carrière (Lee Doo-young – 2005, Kim Dong-ho – 2011, Im Sang-soo – 2016) sans oublier la médaille d’honneur de la Ville de Vesoul décernée à l’immense acteur Sin Song-il en 1997.
La présidence du jury international a été dévolue aux réalisateurs Lee Myung-se (2011) et Im Sang-soo (2016).
Plusieurs personnalités du cinéma coréen ont été membres de jurys, tels le réalisateur Jeon Soo-il (2006) ou la programmatrice Cho Young-jung (2005).
C’est une étape de plus dans l’histoire du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul et de l’amitié qu’il a noué avec le Busan International Film Festival.
Le rôle d’un festival international de cinéma c’est d’être, quelque part, l’ambassadeur de sa ville, de son département, de sa région et de son pays.

Nous retrouverons bientôt Martine et Jean Marc Therouanne, nos baroudeurs et représentants du cinéma asiatique en France, dans de nouveaux voyages…


Yanick Ruf