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Posted 30 octobre 2017 by NicoH in Festival
 
 

Comic-Con Paris : au coeur du salon !





Si son homologue américain de San Diego va bientôt souffler ses 50 bougies, le Comic-Con Paris fait encore figure de bambin puisqu’il marquait cette année sa troisième édition. Une édition à laquelle nous avons pu prendre part le temps d’une journée afin de découvrir de l’intérieur ce rendez-vous des fans de comics (et de leurs adaptations à la TV et au cinéma) et vous partager nos impressions.

 

C’est dès les sas d’entrée que nous avons pu prendre conscience du véritable événement que représente le Comic-Con parisien, avec une file d’attente qui rendrait facilement jaloux les groupes de musique à la mode. De quoi faire taire d’emblée ceux qui pensaient que les univers geek sont encore limités à un maigre panel de passionnés. Car oui, des passionnés, autant vous dire qu’il y en a un sacré paquet à la Comic-Con !

Ne vous limitez pas au 1er plan, et remarquez la file au fond dès l’ouverture !

Il suffit d’ailleurs de faire quelques mètres dans les allées de la Grande Halle de La Villette pour prendre la pleine mesure de cette passion tant les participants se comptent par milliers. Enfant, ado, adulte, senior, fille, garçon, cosplayer… Peu importe votre sexe, votre âge,  vos origines ou votre costume : au Comic-Con, vous êtes tous égaux, réunis par votre goût des comics et/ou de leurs dérivés. Et la passion étant communicative, on veut bien parier que vous aurez du mal à tenir la journée sans être tenté de vous prendre en photo dans les différents décors mis en place pour l’occasion (mention au salon des Byers dans Stranger Things, recréé sur un stand Netflix), de vider votre portefeuille dans les (trop ?) nombreuses boutiques de comics et goodies, ou de prendre la pose avec un/e cosplayer/yeuse, dont certains mettent la barre très haut dans le soin apporté à leur costume, qu’il soit acheté sur le web ou confectionné par leurs soins. D’ailleurs, si l’envie vous prend de vous costumer, un petit conseil entendu de la part de cosplayers : ce sont souvent les détails qui font la différence. Qu’il s’agisse d’un costume soigné jusque dans les moindres boutons ou d’un simple accessoire faisant preuve d’originalité (mention à la Harley Quinn portant un bazooka plus grand qu’elle), dans tous les cas : effet assuré. Et même si vous n’avez pas le budget ou le temps pour le costume de vos rêves, pas de panique : un peu de maquillage, de carton et d’imagination suffiront toujours à donner vie à vos personnages préférés d’une façon ou d’une autre. Et pourquoi pas à rejoindre la véritable parade des cosplayers organisée au cours de la journée et où le temps d’un mémorable défilé de groupe, l’allée centrale leur est complètement dédiée.

Si les allées bondées du Comic-Con sont déjà un très bon moyen de prendre conscience de l’hétérogénéité et de la passion du public, les différents événements organisés au long de la journée permettent de mieux mesurer l’ampleur de ce qui les réunit ici. Prenez le dessinateur Keno Don Rosa, auteur de bon nombre des meilleures histoires de Picsou et présent sur le salon pour une masterclass et des dédicaces : la file d’attente réunissait des fans de tous les horizons et de tous les âges, depuis le jeune Cristian, plein d’entrain quant à mettre ses connaissances sur Picsou à l’épreuve (ndlr : n’oublie pas notre pari, Cristian, tu dois maintenant découvrir The Mask !) aux trentenaires Benoit et Gianni (ce dernier ayant fait le déplacement depuis la Belgique dans la nuit pour ces seules dédicaces de Don Rosa) en passant par un cosplayer dont l’affection affichée pour Spider-Man ne l’empêchait évidemment pas d’être un grand fan de Picsou. Une nouvelle façon de montrer que si les stéréotypes veulent que les comics ne soient destinés qu’aux enfants, la réalité prouve combien cet univers peut toucher absolument tout le monde, sans exception.

Vous l’aurez compris, le Comic Con a beaucoup à offrir aux fans de comics. En revanche, cette abondance de possibilités (et de public) entraîne malheureusement quelques côtés sombres. En premier lieu, on évoquera un côté « usine à gaz », une constante dans ce genre de salon ameutant les foules. Si la matinée est évidemment un peu plus calme, l’atmosphère pourra devenir un brin étouffante par moments durant la journée avec la foule qui ne cesse de grossir, si bien qu’on ne saurait vous conseiller de prévoir quelques pauses, d’autant que des espaces de détente sont à disposition, sans compter le stand de consoles rétro. Dans la même veine, si les événements organisés par le salon sont assez nombreux au cours de la journée, la foule et le nombre souvent limité de places imposera de sérieux sacrifices tant il vous sera très difficile de tout faire. Sachant qu’une file d’attente peut facilement durer une à plusieurs heures, ceci sans compter la durée de l’événement lui-même (une demi-heure à une heure en général pour chaque conférence/rencontre), autant dire que vous aurez du mal à faire plus de deux ou trois conférences, rencontres ou dédicaces dans la journée. Et encore faudra-t-il qu’elles se déroulent à quelques heures d’écart, sans quoi seule une DeLorean pourra vous aider (à titre d’exemple, peu après la fin de la masterclass Don Rosa vers 11h15, une annonce sonore signalait que la conférence Stranger Things de 13h affichait déjà complet). Dans le registre des dédicaces d’artistes, si on saluera les moyens déployés par le Comic-Con pour faire venir les stars de films et séries, on ne cessera de regretter le prix parfois prohibitif qu’il faudra débourser – en plus du prix du billet d’entrée – pour obtenir la signature ou prendre une photo avec l’une des « têtes d’affiche » de la convention. Ainsi, si vous êtes l’un des adeptes de la série Iron Fist, il vous en coutera jusqu’à plus de 60€ (en incluant le prix de l’entrée) pour obtenir la signature et une photo de l’acteur principal. A noter que nous citons là l’un des exemples les plus chers, les prix pouvant varier fortement selon les personnalités, l’une des plus « abordables » cette année étant par exemple l’actrice Julie Benz, alias Darla dans les séries Buffy et Angel, ou Rita dans la série Dexter.

Toutefois, si ces côtés obscurs sont à prendre en compte, ne les laissez pas prendre le pas sur les côtés lumineux que le Comic-Con a à offrir, et dont nous vous avons offert un aperçu plus haut. De même, si vous avez été effrayé par les dédicaces payantes, cela ne concerne qu’une mince partie des artistes présents au salon (généralement des acteurs de série TV ou de films), bon nombre d’entre eux offrant des dédicaces sans aucune contrepartie pour le simple plaisir de rencontrer leurs fans. Si vous espérez donc dédicacer ce fameux album que vous chérissez tant, rassurez-vous, il y a de grandes chances que votre vœu soit exaucé dans ce temple de la culture des comics.

L’artiste Don Rosa en pleine dédicace

Au final, le Comic-Con rejoint ces salons forts d’une ambiance très particulière. Une ambiance due évidemment aux événements et rencontres qui agrémentent les trois jours du salon. Mais cette ambiance est aussi et surtout due au public qui, avec la fantaisie, l’humour et la bonne humeur apportés par les innombrables cosplayeurs ou simples participants, contribuent à rendre mémorable le moindre pas effectué au cœur de la Comic-Con Paris.

 


NicoH