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Posted 13 janvier 2009 by zast in Cinéma
 
 

BOUZKACHI au cinéma le 25 février


Le Bouzkachi
Le Bouzkachi, qui signifie en vieux persan “ l’attrape chèvre ”, est un jeu sacré et antique. Depuis Alexandre le Grand, les différentes tribus d’Asie Centrale, se réunissent et s’affrontent sur les fameuses steppes de la région, non loin de Boukhara. Si nos héros sont des cavaliers exceptionnels, leurs montures sont également des personnages à part entière. Ces hommes ont toujours vécu avec leurs bêtes. Les chevaux sont leurs compagnons, ceux avec qui ils partagent leurs émotions les plus secrètes et prient à voix haute, toujours face au vent… Boukhara, ville mythique, mystérieuse et pleine de secrets. Omar Khayyâm a composé ses fameux Quatrains dans le majestueux palais de l’Émir. Avicenne, le grand médecin et philosophe est né et a exercé toute sa vie dans cette ville qui a survécu au communisme et dont le centre historique demeure encore intact. Dans l’Ouzbékistan d’aujourd’hui, aux équinoxes, sur les steppes entre Samarkand et Boukhara, toutes les tribus des quatre coins du pays se réunissent. Dans les vents, la pluie, les éclairs, quelques trois cents cavaliers se disputent la carcasse d’un bélier pour la jeter aux pieds de spectateurs exaltés. Tous les coups sont permis. C’est le règne du chacun pour soi. Toutes les passions sont exacerbées : la compétition, la jalousie et l’amour…

Synopsis
Il était une fois Mohabat. Elle aime Ali et Oulougbey, deux champions de Bouzkachi, mais ne sait pas lequel des deux choisir. Pressée de toutes parts, elle décide d’épouser le vainqueur du tournoi de Bouzkachi qui aura lieu à Boukhara. Ali traverse les steppes, Oulougbey s’élance de la haute montagne. Le premier jour Ali l’emporte, le deuxième, Oulougbey l’emporte. Qui gagnera le cœur de Mohabat le troisième jour ? Notre histoire est racontée à sa manière par Stasys, le grand peintre lituano-polonais. Il apparaît et disparaît tel un démiurge. Il parle le langage des animaux et dessine une fresque de dix mètres de long, Egalement, tout au long du film, le Poète, tel le chœur grec, décortique les enjeux que vivent les personnages et chante des poèmes du grand Hâfez, le poète mystique perse, donnant au film son souffle de folie. Bouzkachi, Le Chant des Steppes est un film à la lisière du documentaire parce que les personnages sont réels. Ils nous parlent de leur vie, tout en nous racontant une histoire sur le mode du conte. Les personnages Oulougbey Oulougbey est le chef de l’équipe de Boysoun. Il a vingt-cinq ans et a servi comme tankiste dans l’armée. Il est grand de taille, les yeux bridés. Durant le Bouzkachi, il porte toujours son casque de tankiste enfoncé jusqu’aux yeux, ce qui
lui donne un air à la fois redoutable et comique. Son cheval blanc s’appelle Kopkaptar, la colombe blanche. Oulougbey : « Je sais qu’un jour Kopkaptar m’emportera dans les airs lors d’un bouzkachi ! »

Ali
Ali conduit l’équipe adverse. Il vient de la steppe de Boukhara. Il est sec et nerveux. D’un coup d’œil, il vous perce l’âme. Son cheval noir répond au nom bizarre de « Metro”. Ali est éleveur de chevaux. Son autre passion : les oiseaux, les rapaces en particulier. Son faucon ne le quitte jamais. Ali : « Quand je joue au Bouzkachi, au début je crois que c’est moi qui dirige le cheval. Mais en réalité, c’est lui tient les rênes. »

Mohabat
Mohabat est une jeune fille de Boukhara. Elle travaille dans un atelier de tissage. Son cœur est tiraillé entre Ali et Oulougbey. Pressée par sa famille, elle
décide choisir comme époux le vainqueur du bouzkachi. Mohabat : « J’adore les couleurs que je tisse. Je rêve souvent que quand je serai enceinte, je porterai ces mêmes couleurs dans mon ventre. Le conteur Un conteur, à l’instar du chœur grec, “dit” l’action. Il apparaît aux moments charnières du récit pour nous en exposer les enjeux. Il porte une magnifique cape bleue. Il chante des poèmes du grand poète mystique de la région, Hafez, qui vécut au XIVème siècle. Le Poète : « Ô Hâfez, aime l’amour, car il vaut plus que tout l’or du monde ! »

Stasys
Comme un démiurge, Stasys apparaît puis disparaît, parle aux hommes et aux animaux qui lui répondent. Il dessine sa fresque monumentale, racontant à sa manière, le conte qui se déroule devant nous. Il connaît toutes les langues même celle des animaux qui le comprennent. Stasys : « Cheval, quel est ton nom ? » Et le cheval répond…

Note d’intention
Je porte le rêve de ce film depuis des années. Une histoire de passion intemporelle entre l’homme et la femme, entre l’animal et l’homme, entre les
vivants et “notre mère nature” comme disent les chamanes de tous les continents. Le film raconte les liens qui unissent l’homme, le cheval et la nature. En Asie Centrale, dans cette région lointaine et oubliée, ces liens sont encore perceptibles. C’est une des rares régions sur notre planète à feu et à sang où cet équilibre fragile entre les “esprits de la nature” et l’homme reste tangible et concret. Le Bouzkachi est une lutte que l’homme se livre à lui-même dans une course pour s’unir à la nature. Il exige le dépassement de soi. Le cheval vit lui aussi ce combat “à la vie et à la mort” dans un abandon total, en acceptant tous les risques. Ce conte est un voyage musical. Burhan Oçal, Volkan Gümüslü & Sverrir Gudjonsson ont composé une musique « chamanique » et fougueuse. Elle est chantée en farsi et en d’autres langues par le contre-ténor islandais, Sverrir Gudjonsson. C’est elle qui porte l’action, nous emportant comme dans un opéra dans des dimensions différentes. C’est une féria musicale explorant le fantastique, l’onirique et le réel.
L’équipe artistique

Rifkat Ibragimov
Le chef-opérateur, Rifkat Ibragimov, avec qui j’ai étudié au VGIK à Moscou et réalisé plusieurs films, a mis en place un dispositif à plusieurs caméras. Des mini-caméras sont installées sur les têtes des chevaux et des cavaliers. Pour la première fois, nous entrons dans la “tête” des bouzkachistes, nous vivons la vitesse, la brutalité, la beauté de ce combat aussi bien du point de vue du cavalier que de celui du cheval. Une caméra qui vous fait voyager dans le rêve du cheval et dans celui du cavalier, dans leurs pensées et leurs désirs les plus secrets.
Burhan O al, Volkan Gümüslu, Sverrir Gudjonsson
Pour moi, la musique et le rythme sont le nerf du film. C’est par eux que l’énergie de la nature est entendue. Burhan Oçal, avec qui j’avais déjà travaillé sur un de mes films, est un fantastique musicien explorateur. Burhan Oçal,Volkan Gümüslü & Sverrir Gudjonsson ont composé une musique “chamanique” pour la voix du contre-ténor islandais Sverrir Gudjonsson. Une voix d’Islande, sans doute céleste, pour accompagner la saisissante beauté des steppes.

Ali Choriev
Ali est conteur professionnel. Il se produit dans les noces et les grandes fêtes en récitant et chantant des poèmes de la littérature orientale classique. Il a obtenu le Grand Prix de l’URSS de récitation de poésie durant les années Brejnev. Il tient le rôle du Poète et a été mon premier assistant.

Marie Arnaud
Marie Arnaud est à la fois réalisatrice et chef opérateur. Ses films ont été sélectionnés et primés dans plusieurs festivals internationaux. Confiant en sa grande sensibilité et en son talent pour débusquer l’inattendu et le merveilleux, je lui ai demandé de capter l’âme des cavaliers, des animaux et de la nature. Elle a en même temps réalisé le making off.




Hafez
Hâfez est sans doute le plus grand poète farsi de tous les temps. Il est le poète de l’amour, de l’éblouissement et du ravissement.Il chante les passions de l’âme, les tourments du cœur et les impatiences du corps. Il est le libertin, le pécheur, l’ivrogne qui court d’une taverne à l’autre. Il aime la vie, ses excès ; les éphèbes et les jeunes filles. Il reconnaît dans la beauté de tout être et de toute chose, celle du divin qui le transporte. Il est le poète des fulgurances, des visions qui percent l’au-delà. Il est le chantre de la déraison, des contradictions, de la limpidité complexe. Il rejette le dogme et la loi et ne croit qu’en l’errance vers sa propre destinée. Musulman, mais à sa manière, il magnifie le Souffle de Jésus qui ressuscite les morts, exalte Joseph à la beauté confondante, chérit Noé, ivrogne magnifique. Il est celui qui se hisse au niveau de son Créateur et qui tout en lui criant son amour, le gifle parce qu’il ne comprend pas notre monde. Il peut voler tout près des étoiles, se fondre dans le sable du désert, devenir une goutte de l’océan, mais il se laisse toujours submerger par l’amour et emporter vers ses cimes.
Hâfez a été combattu, confiné, écarté, ignoré parce que ses poèmes sont des charges contre l’intégrisme et la tartufferie. Ils n’avaient peur ni d’affronter les princes ni les ulémas qui corsètent la société. Il leur reprochait de vouloir ensevelir la jeunesse dans un linceul, de la transformer en vieille bigote. Il les détestait pour leur hypocrisie, leur compréhension fétichiste du Coran, alors que pour lui le Coran était une porte ouverte vers des infinis étourdissants. La musique des poèmes de Hâfez est unique. Elle vous envahit, vous engloutit et vous libère encore plus intrigué que jamais. Hâfez est né et mort à Shirâz en Iran. Il a vécu de manière particulièrement sédentaire, à l’ombre de princes versatiles et veules. Il est mort en 1388 à l’âge de 68 ans, seul et dans le dénuement.
Stasys Eidrigevicius

Pour nourrir ce conte documentaire, j’ai demandé à Stasys, peintre et dessinateur polonais d’origine lithuanienne de très grand renom, de m’accompagner pour dessiner à la fois un carnet de voyage et une immense fresque peinte sur un très long rouleau. Ces œuvres nous permettent de voyager dans des univers picturaux très différents, du croquis à la miniature persane. Les dessins entrent dans le récit ; ils ouvrent et clôturent chaque séquence comme pour un livre de légendes.
Stasys a gagné sa réputation en illustrant des livres pour enfants et en imaginant un monde hallucinant, poignant et effrayant. En saisissant sur le vif les personnages et l’action, il peint sur un grand rouleau de 10 m de long qui se déroule au fur et à mesure du film, une fresque à plusieurs dimensions. Une exposition a la frontiere entre le cinema et les arts plastiques a la Galerie Blue Square
La fresque réalisée tout au long du film par Stasys sera disposée avec une sélection de pastels à la Galerie Blue Square, 14 rue Debelleyme 75003 Paris, du 25 février au 14 mars.
Cette exposition qui célèbre la collaboration d’un artiste et d’un cinéaste propose une passerelle rare entre le cinéma et les arts plastiques. En réunissant des œuvres qui semblent littéralement avoir été sorties du film de Jacques Debs, la Galerie Blue Square invite les visiteurs à prolonger leur expérience cinématographique et à plonger au cœur d’un univers unique de création. La Galerie Blue Square est une galerie d’art contemporain. Elle se consacre principalement à la promotion d’artistes dont les œuvres, au carrefour du figuratif et du conceptuel, s’inscrivent dans la filiation des avant-gardes russes des années 1920 et 1930, et notamment d’artistes tels que Malevitch, Rodtchenko ou Kandinsky.

 

http://www.galeriebluesquare.com/

 

CONTACT PRESSE :
The Art Marketing Company
Florence BOST
fbost@artmarketingcompany.com
06 37 36 16 45 / 01 75 58 43 81

 

Fiche artistique :

Le peintre : Stasys EIDRIGEVICIUS
Le poète : Ali CHORIEV
Mohabat : Dilbar GUNAYEVA
Oulougbey : Gulam KHAIRALLAH
Ali : Avaz MOUBINOV

 


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