0
Posted 30 septembre 2014 by Fabien Brajon in Festival
 
 

Conférence de presse cannoise Deux jours, une nuit



A l’occasion de la sortie en DVD et blu-ray le 1er octobre de Deux jours, une nuit nous vous proposons notre compte-rendu de la conférence de presse cannoise du film des frères Dardenne interprété par Marion Cotillard.

20 mai 2014 : Jean-Pierre et Luc Dardenne viennent rencontrer la presse pour leur film en compétition Deux jours, une nuit, accompagnés de Marion Cotillard et de Fabrizio Rongione.

La solidarité est le mot-clé du film, pour Jean-Pierre Dardenne : « on a essayé de raconter à travers cette fin comment la solidarité que Sandra avait rencontré pendant ces 2 jours et une nuit, comment le soutien que son mari lui a apporté pendant 2 jours et une nuit, comment ça avait transformé cette  femme pour qu’elle puisse dire à la fin « on s’est bien battus, je suis heureuse ». « On raconte quelqu’un qui a changé grâce à la solidarité, comment la solidarité peut changer les gens ».

Luc Dardenne complète : « la solidarité a toujours été quelque chose qui doit se construire, ce n’est pas une donnée naturelle », il s’agit d' »une chose qui nécessite toujours aussi un acte moral, une décision ». Il conclut sur ce sujet : « je pense qu’on peut être encore solidaire aujourd’hui, en tout cas c’est ce que le film essaie de dire ».

Les frères ont rencontré leur actrice Marion Cotillard sur le plateau de De rouille et d’os, film de Jacques Audiard qu’ils ont co-produit. Ils ont écrit le scénario de leur dernier film en pensant à l’actrice oscarisée avec « le désir de faire entrer Marion dans notre monde et qu’elle y apporte le plus possible ».

DSC01833photos FB

Pour Marion Cotillard, admirative du travail des Dardenne, de leur « cinéma du réel », notamment Le Fils, « un grand huit émotionnel » les frères belges « font du cinéma pour les spectateurs, ont envie de leur faire vivre des choses ».




Elle déclare avoir une prédilection pour « des êtres qui se battent pour leur survie et  qui vont du coup découvrir des choses en eux qu’ils ne soupçonnaient pas » et ajoute être «  très touchée par les survivants, par des gens qui s’en sortent; cela m’apprend sur l’humain de visiter les coeurs et les âmes de ces gens là ».

Pour préparer un rôle « je m’abandonne à quelqu’un, j’aime le travail d’investigation à l’intérieur de la personne puis l’extérieur va arriver naturellement : une façon de parler, de respirer, tout le comportement physique ». Elle précise : « je cherche les clés qui vont m’aider à comprendre la personne ».

Enfin, au sujet de sa méthode de travail, l’actrice déclare « aller le plus loin dans ma rencontre avec quelqu’un, le personnage, pour pouvoir effacer tout le travail, être cette personne et m’abandonner à elle ».

Puis les deux acteurs dont Fabrizio Rongione pour qui « la répétition est un mot-clé dans leur cinéma » et les réalisateurs soulignent l’importance des répétitions. Les frères Dardenne ont ainsi, fidèle à leur habitude, planifié 3 semaines de répétition en amont, dans des décors réels, en costumes puis d’autres séances lors du tournage.

Pour Luc Dardenne les répétitions permettent de « trouver la bonne distance entre les corps » , « chercher le mouvement le plus simple pour notre caméra » .

Avec le plan-séquence, très utilisé par les frères, il faut « trouver la dynamique des corps, de la caméra, une espèce de danse et de rythme » pour Marion Cotillard.

Pour conclure Luc Dardenne résume la méthode de travail des Dardenne brothers : « On travaille toujours de la bonne façon, on parle beaucoup d’un personnage, d’une situation puis quand on a beaucoup parlé on essaie de faire une structure approximative du récit, de l’histoire. Cela se passe toujours dans le même coin, plus ou moins, autour d’une ville qui s’appelle Serain ou dans la ville même. Et puis quand on a la structure du scénario j’écris le scénario en téléphonant à mon frère très souvent; la première version existe, il la lit, me donne ses remarques, je retravaille et on fait plusieurs versions. On a deux lecteurs pour cette dernière version : Denis Freyd, le producteur français et Delphine Tomson, notre productrice exécutive qui travaille en Belgique dans notre maison de production. On tient compte des remarques, on retravaille, on fait les répétitions dans les décors que l’on cherche, on répète avec les acteurs, on fait les costumes. On est équivalents sur le plateau, on est tous les deux derrière le moniteur pour regarder le plan« .

Notre avis sur le film est à lire ICI


Fabien Brajon