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Posted 7 février 2012 by zast in Festival
 
 

WIP, un documentaire projeté lors du FICA de Vesoul


affiche_WIPUn documentaire réalisé par les élèves d’une classe de seconde du lycée Edouard Belin de Vesoul

 

monté par Catherine Poitevin

 

avec le soutien du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul

 

-1-Synopis

-2-A l’origine du projet

-3-Le projet cinéma raconté par Pascal Truchet, professeur de lettres

-4-Masterclass avec Jocelyne Saab au Lycée Edouard Belin

-5-Ce que pense Pascal Truchet de l’expérience

-6-Le tournage

-7-Ce que pense Catherine Poitevin, la monteuse du film

-8-Ce que pense Jocelyne Saab

-9- Biographies

 

  • SYNOPSIS

 

Un professeur de lettres audacieux, et amoureux du cinéma,  fait traverser par ses élèves de seconde du lycée Edouard Belin de Vesoul, une année scolaire durant, l’œuvre d’une cinéaste libanaise : Jocelyne Saab.

Les lycéens  mènent l’enquête sur la vie de la réalisatrice, s’interrogent sur son passé de reporter de guerre, réfléchissent à ses expositions, décryptent ses fictions, tentent de comprendre l’histoire de pays aux racines complexes, aux coutumes étrangères à leur culture.

Liban, Egypte, Iran, Indochine… ces noms jusqu’alors inconnus se couvrent dès lors de paysages, de voix, de révoltes, de souffrances et d’amour au moment même où ils découvrent sur leurs postes de télévision le printemps arabe.

Ils visionnent, formulent, rédigent, mais ce n’est plus assez pour la réalisatrice qui vient à leur rencontre : et s’ils entraient dans le processus de création… Et s’ils racontaient leur histoire, et s’ils devenaient à leur tour réalisateur, acteurs, techniciens ?

 

*

 

Ce work in progress révèle la place prise par le cinéma de Jocelyne Saab chez ces adolescents qui ont grandi sous le regard décidé du Docteur Hoa, ministre du gouvernement révolutionnaire provisoire du Vietnam du sud,  dans la terreur du jeu des enfants de la guerre, sous le charme de Dunia, l’héroïne égyptienne, et dans les méandres politiques de l’histoire complexe du Liban. Ils découvrent que dans les pays en guerre pour leur liberté, la création artistique est un acte de foi dans le génie humain, que toute fabrication devient un défi matériel et intellectuel.

Zak et Alannah tiennent la caméra, Daniel est au son, Jérôme à l’ordinateur, Amélie devient script, Léa photographe de plateau… Loulou, découvrant les atrocités de la guerre, se met progressivement en retrait alors que Quentin sort de son silence et évoque son grand-père, combattant en Indochine. Alannah, anglaise, se sent moins seule et développe une véritable passion pour le cinéma. Léa révèle la poésie en elle tandis que Dom, artiste sculpteur sur bois, se lance dans une imitation du prof au volant de sa Clio…

Les bouts de film tournés ont été mis en ordre, ils ont échappé à une logique rigoureuse parce qu’ils sont des traces plus affectives que rationnelles de cette rencontre.

Chacun affirme, devient, manifeste. Ils sont dans la découverte du bonheur de vivre ensemble. Ils apprennent d’eux-mêmes en apprenant des autres. Après tant d’analyses filmiques, ils filment. Après l’ardente patience de ceux qui ont regardé les autres exister, ils existent.

 

  • A L’ORIGINE DU PROJET

 

Pascal Truchet, professeur de lettres d’une classe de seconde du lycée Edouard Belin à Vesoul, demande à Martine Thérouanne, présidente du Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul et à Jean-Marc Thérouanne, délégué général, de le mettre en contact avec un ou une cinéaste d’Asie. De préférence une femme, « Nous pourrions étudier sa filmographie et peut-être même échanger deux ou trois mails ».

Le professeur bricole un petit Mail explicatif et l’envoie.

Il ne sait pas alors qu’ils se trouvent à l’autre bout du monde, à Delhi pour le 20ième anniversaire du NETPAC qui regroupe 70 délégués1. La réponse lui revient dans l’heure : « J’en ai parlé à Jocelyne Saab, une réalisatrice libano-française. Je lui ai montré ta lettre. Elle est très occupée mais l’idée lui a beaucoup plu. Voici son adresse mail, tu peux la contacter ».

Le professeur fait sa recherche, apprend que Jocelyne Saab a été reporter de guerre durant quinze ans, qu’elle a connu les bombes sur Beyrouth, qu’elle a vu sa maison brûler, qu’elle a condamné l’excision dans un film culte intitulé Dunia .

Il en était alors au stade Wikipedia. « Je me dis que cette femme a tout à m’apporter et que si je ressens cette richesse, les élèves feront de même »… Il compose un petit mail simple, direct, sans doute naïf. La réponse est immédiate.

« C’est avec plaisir que je participe à votre aventure. Je vais sûrement beaucoup apprendre de vous et de vos élèves. On y va… »

 

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  • LE PROJET SCOLAIRE RACONTE PAR PASCAL TRUCHET,  PROFESSEUR DE LETTRES

 

 

Enseigner, c’est inventer, prendre le risque de l’inconnu, partir à la découverte, ouvrir l’espace, tout faire pour mettre les corps et les esprits de 24 élèves de seconde en mouvement.

 

Rentrée scolaire 2010, classe de seconde 5: 16 garçons et 8 filles silencieux, désespérément silencieux…

 

J’explique mon projet, je m’enthousiasme, je dessine les enjeux, j’affirme mais ils accueillent tout avec une certaine indifférence. La jeunesse est sceptique.

 

Les premiers temps, nous faisons des recherches biographiques sur la cinéaste Jocelyne Saab et je leur apprends à questionner et à se questionner. Faire naître la curiosité et l’envie, voilà l’enjeu. Ils sont sages, polis, éduqués. Ils ont l’habitude de faire ce qu’on leur dit, ils ne sont pas du tout autonomes. Ils ne sont pas spontanés, ils ne prennent pas la parole, ils ne proposent pas, ils ne prennent aucune initiative, ils n’imaginent pas, je me désespère.

 

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LE QUESTIONNAIRE

 

Je propose aux élèves d’envoyer un questionnaire à Jocelyne mais je les préviens : elle est très occupée, on ne va pas la déranger trop souvent. Je n’ai à ce moment de notre aventure aucune idée de la tournure qu’allaient prendre les événements. Nous ne nous connaissons pas, rien n’est engagé, je crois encore être seul.

Je leur laisse la parole. Au début, ça se gratte la tête, ça se demande ce que ça pourrait se demander puis les premières interrogations pointent le bout de leur nez. Je joue à la secrétaire, projette sur le grand écran blanc les formes de leurs désirs, les questions fusent, prolifèrent, ça part dans tous les sens, leur curiosité est réelle. Je me dis qu’il faut qu’un élève s’adresse à elle, que ce serait leur premier contact, que ce serait plus excitant pour eux, que je dois les rendre acteurs le plus possible : Léa est la première à s’investir. Elle dresse la liste des questions, rédige une lettre. C’est parti.

Les semaines passent… rien… « Monsieur, elle nous a oubliés ? ». Oh que non ! Le premier miracle allait avoir lieu : Jocelyne s’excuse, elle a commencé à répondre mais les questions appellent de longues réponses, mais les questions l’ont replongée dans son enfance et c’est toute sa vie avec son cortège de douleurs, de souvenirs, d’Histoire qui viennent toquer à la porte. Elle envoie alors un début de réponse que je projette sur le tableau de la salle 109 et que nous lisons ensemble dans la stupéfaction : des dizaines de pages nous arrivent régulièrement, et c’est toute l’histoire du Liban qui nous est racontée d’une manière absolument moderne. Le texte est personnel, intime et très souvent lié aux grands événements de ce pays autrefois rongé par la guerre civile. Nous pensions découvrir une réalisatrice mais nous ne pensions pas partir à la découverte d’un pays aux racines complexes et à l’histoire mouvementée.

 

 

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QUI A DIT QUE LES COURS DE FRANÇAIS ETAIENT DECONNECTÉS DE LA REALITE ?

 

Dans le même temps, ils écrivent. Beaucoup. Tout le temps. L’Etat a réduit le volume horaire consacré aux cours de français (c’est bien ma veine !) mais je décide malgré tout de consacrer la moitié du temps au projet.

Les premiers films s’enchaînent, un élève est désigné « responsable des questions historiques épineuses », le prof d’histoire stagiaire est mis à contribution. Nous envoyons une photo de la classe à Jocelyne qui nous répond de Beyrouth où elle participe à un jury international. « Il y a du soleil et la mer a des couleurs magnifiques ». Nous sommes en classe, nous sommes à Beyrouth, nous sommes au Liban.

Nous visionnons alors « Il était une fois Beyrouth – Histoire d’une star », ils apprennent à rédiger une critique de film, à lire une image, à trouver des idées, à produire un discours cohérent. Antoine se charge du texte final : il trie, choisit, sélectionne, donne de son temps pour réunir. Extrait : « Un film sur Beyrouth… La déclaration d’amour de Jocelyne Saab ! C’est le sentiment qui nous reste après l’avoir vu. Et si on vous dit que Beyrouth fut l’une des villes les plus animées de toute l’Eurasie, qu’elle était surnommée la Suisse de l’Orient, est-ce que vous nous croyez ? Nous, on ne l’aurait pas cru… Mais ça, c’était avant… avant d’avoir vu ce film ! On en sort changé, changé d’avoir découvert un mode de vie, des religions et des croyances différentes. » Ils sont devenus une classe.

Puis vient le film culte de Jocelyne, Dunia, qui avant d’être un film contre l’excision nous apparaît d’abord être une déclaration d’amour à l’amour. Certains des élèves dansent le mercredi après-midi, comme Dunia. Nous parlons du corps, de la liberté, de la censure, d’une façon d’exister propre à chacun, du sens à donner à la vie et de notre rapport aux autres. L’une ose la poésie, un garçon a décrété qu’il était l’amoureux transit de Jocelyne, un troisième conçoit avec brio un exposé sur la géographie du Liban. Nous découvrons la complexité de l’Egypte alors même que le printemps arabe vient de commencer. Les rencontres cinématographiques nous bouleversent : le docteur Hoa, cette « Dame de Saïgon », ministre du gouvernement révolutionnaire provisoire du Vietnam du sud, demeurera un exemple pour ces jeunes, un exemple d’engagement, de foi en la vie. « Les Enfants de la guerre » qui ont appris à manier les armes et qui s’entretuent symboliquement sur les plages de Beyrouth. Terrifiant. L’un des élèves le dira plus tard, face caméra : « Elle est dure la réalité ». Et ce jeune homme muet comme une carpe en classe se met subitement à philosopher sur les réseaux sociaux : « par le langage, peut-on agir sur la réalité ? », demande-t-il.

Qui a dit que les cours de français étaient déconnectés de la réalité ?

 

 

 

 

  • MASTER CLASS AVEC JOCELYNE SAAB

 

Grâce à la direction du Festival International des Cinémas d’Asie de Vesoul, Jocelyne Saab est là, au lycée, grâce à Martine et Jean-Marc Thérouanne, enseignants avant tout. Ils se sont toujours battus toute leur vie pour créer des liens entre les jeunes et le monde.

Jocelyne Saab est minuscule mais sa voix porte, immense. Le premier jour, quelle déception terrible ! Les élèves posent des questions mais ils sont redevenus les petits enfants sages de septembre. La réalisatrice est passionnante, passionnée, précise, vivante, fougueuse. A la fin de ce jour, elle glisse au professeur : « tu sais, j’aimerais connaître les élèves ». De leur coté les élèves glissent au professeur « monsieur, on a été nuls ! ».

 

Toute la nuit, Pascal Truchet réfléchit. Il se pose mille questions pour que la rencontre puisse véritablement avoir lieu. Mardi 8 heures : Après en avoir discuté avec la classe, c’était décidé : un élève anime les débats, assis à la place du prof ; un autre danse (break-dance) au milieu de la salle ; chacun se présente en parlant de ses passions ; les élèves lisent les textes rédigés durant les premiers mois ; l’un d’entre eux, genou à terre, prince charmant, offre à Jocelyne Saab un panier rempli des spécialités de Franche-Comté… Il n’y eut dès lors plus la réalisatrice seule face à ces jeunes lycéens ; ils étaient ensemble dans le partage de leurs existences et leurs histoires se rencontraient vraiment. Les récits de Jocelyne sont si forts, d’une telle intensité que des pauses furent nécessaires pour prendre le temps de ressentir.

 

Il faisait beau le troisième jour et il ne ressembla pas aux autres. Parce que c’était le dernier et que désormais ils se connaissaient. Personne dans la salle. «Ils sont sûrement dehors ». Effectivement : « monsieur, il fait si beau… ». Les voilà tous dans un coin de la cour, elle et le monsieur loyal du jour sur un banc, les élèves assis par terre. Elle leur raconte l’arrivée de Jacques Weber à Beyrouth, c’était en en 1984, les jeunes libanais qui pointent leurs armes sur lui, le prenant pour l’ennemi, elle s’interposant ; la difficile recherche de l’actrice principale de Dunia, son reniement une fois le film réalisé, la pression des fondamentalistes, le voile politique, les multiples éléments qui précèdent un tournage, la difficulté de trouver un financement, mille choses sorties de l’ombre…

 

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  • CE QUE PENSE PASCAL TRUCHET, professeur de lettres

 

 

« GRACE AU CINEMA, J’AI REINVENTE MON METIER »




 

 

J’explique aux élèves la force de notre travail, la qualité de leurs écrits. Mais il va falloir encore beaucoup rédiger! Il nous reste tellement de films à voir, si peu de temps, à peine trois mois et le programme officiel qui cogne à la porte et qui crie qu’on ne doit pas l’oublier. Je ne l’oublie pas. J’y consacre la moitié du temps. J’essaie de les rassurer car certains sont inquiets. Les livres sont lus, la méthode du commentaire composé en cours d’apprentissage, les objets d’étude traités les uns après les autres. Je me sers du monde de Jocelyne pour faire le lien : nous étudions la poésie libanaise, ils l’apprennent par cœur, ils la récitent à Jocelyne face caméra et nous lui envoyons le petit film, fiers que nous sommes de lui prouver qu’on fait notre maximum.

La classe silencieuse de début d’année est loin. Les échanges fusent et nous commençons à bien nous connaître. Je leur demande d’écrire sur eux. Ils se livrent, ils apprennent la générosité. L’un d’eux n’est plus ce gamin boudeur. Il participe à toutes les discussions, il découvre sa propre pertinence après l’impertinence. Une jeune fille dont le grand frère est mort il y a tout juste un an s’accroche à notre aventure comme à une bouée. « Quand Jocelyne nous a parlé de la disparition d’un de ses proches dans son texte, je me suis retrouvée ». Un autre n’en finit plus de combattre sa dyslexie. Les amours se font et se défont dans la classe. L’un de ces lycéens, atteint d’une maladie neurologique, resté muet depuis le début de l’année, me propose un exposé sur son grand-père qui avait combattu en Indochine. C’est la stupéfaction. Il amène de vieilles photos, des cartes, il se libère totalement, il exprime une colère, une révolte : « la France a oublié ceux qui sont morts là-bas ». Le projet n’aurait servi qu’à cela qu’il aurait été absolument essentiel. Un autre élève, le passionné d’Histoire, se lance quant à lui dans un exposé sur le Liban au Moyen-Age, il délire totalement de joie, il montre des films, il est heureux : « monsieur, vous savez, quand je prépare un exposé, je ne vois pas le temps passer, c’est génial ». Une nouvelle venue qui est anglaise et timide se met à danser en EPS, et elle est douée.

 

Qu’on ne s’imagine pas un long fleuve tranquille. Parfois, ils sont fatigués. Souvent, je suis exaspéré parce que je perçois l’ampleur de ce qu’il reste à faire et le peu de temps disponible. Alors je m’énerve, j’exige, je bouscule. Qu’on comprenne bien la difficulté : ils sont au temps de l’insouciance délicieuse et nous découvrons ensemble la dure réalité, et l’absolue nécessité de l’amour. Ils veulent souvent céder à la paresse et je leur demande de fournir un travail permanent et acharné. Des tensions, il y en a eues. Beaucoup. Je suis leur professeur principal, je scrute à la loupe chacun de leurs résultats dans les autres disciplines. Jamais je n’ai eu une telle connaissance de mes élèves. J’ai réinventé mon métier.

Jocelyne Saab envoie à une élève une carte postale de Beyrouth qu’elle affichera sur la porte de son placard. Nous rêvons, ensemble, d’un voyage.

Le jour de l’anniversaire de Jocelyne, ils lui écrivent des textes dans lesquels ils disent ce qui a changé dans leur vie, ce qu’ils ont appris, ce qu’ils ont découvert.

 

Pascal Truchet

 

 

 

  • LE TOURNAGE

 

C’est la dernière semaine de l’année: les élèves ont lu, vu, entendu, analysé, réfléchi, ressenti, partagé, ils doivent désormais tenter de comprendre le processus de création, s’essayer à la technique, créer à leur tour, donner leur propre vision des choses !

Le premier jour est consacré à la projection du dernier long métrage de Jocelyne Saab, un film très esthétique sur le thème de la création : What’s going on ? ET Alors ? Film encore inédit en France et puis c’est le moment d’un brainstorming : « que voulez-vous dire ? Que voulez-vous montrer ? Qu’avez-vous envie de faire ? ». Elle n’impose rien, elle fait naître l’envie. Et elle montre comment on fait.

Ils décident de raconter leur histoire, de filmer « leur projet », de raconter leurs émotions, de délivrer leurs pensées. Qui prendre comme fil conducteur : le professeur ? Jocelyne et ses films ?

Chacun a un rôle bien défini à tenir : les scriptes ; les programmeurs informatiques ; les preneurs de son ; les chefs opérateurs ; les assistants caméra ; les photographes de plateau… Nous réquisitionnons les trois caméras amateurs du lycée.

Les jours suivants, ils apprennent. A faire, à refaire, à défaire. Nous sommes dans l’urgence permanente et nous avons notre dose d’adrénaline quotidienne. De petits groupes filment un peu partout dans le lycée. Ils bouillonnent d’idées. Tous les lieus sont investis : la classe, le couloir, la cour, la sculpture qui servira de décor, la Clio bordélique du prof, la campagne… Ils racontent Jocelyne, ils racontent ces cours qui ne ressemblaient pas aux autres, leurs difficultés et leurs émotions. C’est le rush, ça va dans tous les sens, c’est joyeux, c’est vivant, c’est spontané, c’est la jeunesse qui se réalise. C’est un travail certes imparfait, mais fédérateur et merveilleusement porteur de sens.

 

 

 

  • CE QUE PENSE CATHERINE POITEVIN, MONTEUSE PRO DU PROJET

 

 

« L’IDEE DU CINEMA A L’ECOLE, C’EST UNE GRANDE IDEE. »

 

 

Quelques semaines plus tard, un mail de Jocelyne Saab adressé au professeur de lettres Pascal Truchet tombe : « Vous allez avoir un vrai film, une grande monteuse ». Le professeur se charge alors de « décrypter », de noter les dialogues de toutes les scènes. Un des élèves, quant à lui, passe quantité d’heures à la maison pour mettre de l’ordre dans les images. Il s’applique, il galère, il désespère, il s’obstine. Il y passera un mois, un mois à donner de son temps et de son énergie pour produire une ébauche qui servira au montage.

 

Catherine Poitevin est désormais la monteuse du WIP, du « work In progress avec Jocelyne ». Elle a accepté immédiatement. Sans rien voir des rushes. « Le projet m’a séduite, parce que l’idée du cinéma à l’école, c’est une grande idée. » C’est une superbe professionnelle formée par Louis Malle. Kanaan Thyru est son assistant. De nationalité indienne, il monte dans une langue qui n’est pas la sienne et participe ainsi à la dimension internationale du projet.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Catherine Poitevin

  • CE QUE PENSE LA REALISATRICE JOCELYNE SAAB

 

 

«  Je réalise combien est profond le travail que PASCAL TRUCHET a fait faire aux élèves et c’est cela qui m’émeut. Ce qui m’émeut, c’est de savoir que ces lycéens vont aborder la vie l’esprit ouvert, tendu vers les problèmes de ce monde… le cœur généreux. »

 

 

 

 

 

 

Une production Jocelyne Saab France
avec Collection d’Artiste – Liban
et le soutien du Festival des Cinémas d’Asie de Vesoul

 

 

 

 

 

 

  • BIO Jocelyne Saab

 

Jocelyne Saab est née à Beyrouth dans les années 50. Reporter de guerre au Moyen-Orient, elle couvre la guerre d’Octobre pour le magazine 52 de la troisième chaîne française. Dirige en 1975 son premier long métrage documentaire, Le Liban dans la Tourmente. A réalisé plus de trente films dans les pays en guerre, et reçu plusieurs prix internationaux. En 1985, son premier long métrage l’Adolescente sucre d’amour, une vie suspendue est présenté à Cannes à la quinzaine des réalisateurs. DUNIA tourné en Egypte est sélectionné au festival de Sundance et devient film culte. « Jocelyne Saab utilise tantôt l’imaginaire, tantôt le réel pour inlassablement dénoncer les injustices des sociétés dans lesquelles elle vit. Quand elle tourne, jamais rien n’est laid ou racoleur, elle fait partager ses émotions. Même insoutenables. Elle travaille beaucoup au Liban, un pays en tourmente depuis des décennies. Ce pays a subi une effroyable guerre civile, et n’a pas encore retrouvé de véritable paix. Toute fabrication devient alors un défi matériel et intellectuel. »

 

  • BIO Catherine Poitevin

Après une initiation auprès de Louis Malle, Catherine Poitevin monte de nombreux films documentaires et des films de fiction de Jean-Louis Comolli, René Allio, Robert Guédiguian, Férid Boughédir, Saad Chraïbi. Monteuse de Mur de Simone Bitton, qui reçut le Grand Prix du FID 2004.

Elle a coréalisé avec Simone Bitton Daney/Sanbar, conversation Nord/Sud. Elle a monté le dernier long métrage de Jocelyne Saab « What’s going on ? ».  Lorsque Jocelyne Saab lui confie les rushes des élèves du Lycée Belin, avant même de les avoir vues, elle accepte de mener à terme le projet du professeur de lettres audacieux Pascal Truchet…

 

  • BIO Pascal Truchet

 

Pascal Truchet fait ses études de lettres modernes à Lyon, sa ville natale. Il y fait des lectures publiques autour de l’œuvre de Claude Simon, Pablo Neruda, Federico Garcia Lorca et Walt Whitman. Il travaille, sous la direction de Claude Burgelin, sur l’œuvre de Louis-René des Forêts et l’écriture fragmentaire. Après avoir fait de nombreux voyages, il publie un ouvrage fragmentaire intitulé « De Terres et d’Ecumes ». Il enseigne dans un premier temps en ZEP à Saint-Dizier puis il choisit le lycée Edouard Belin de Vesoul dans lequel il travaille depuis huit ans. Il réalise avec ses élèves dix ouvrages qu’il autoédite et demande à quinze membres du personnel et à quinze élèves de raconter une année au lycée. Les ouvrages (deux volumes) s’intitulent « Echos Graphies du Mammouth ».

 

 

 

CONTACTS

 

festival.vesoul@wanadoo.fr

pascaltruchet@yahoo.fr

 

Tél P. Truchet : 06 79 93 10 24

 

PROJECTIONS AU 18IEME FICA

 

15/17/18/20/21 février à 12h

Durée du documentaire : 24 minutes

 

1 Le Network for the Promotion of Asian Cinema est une organisation culturelle internationale consacrée à la promotion des cinémas d’Asie. Il a été créé à la suite d’une conférence sur le cinéma asiatique organisé à New Delhi en 1990 par la revue Cinemaya, de l’Asian Film Quarterly, à l’initiative et avec le soutien de l’UNESCO. Le NETPAC est basé à Singapour et a des représentants dans 17 pays d’Asie ainsi que 8 pays hors d’Asie. Il regroupe en son sein des critiques, des cinéastes, des organisateurs de festivals, des conservateurs de patrimoine cinématographique et des distributeurs. Il est considéré comme une autorité de référence pour l’ensemble des cinémas d’Asie.


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